‹ Les principales puissances d'aujourd'huiChapitre 80 sur 154 · LA TCHÉCOSLOVAQUIE · texte numérisé non relu

LA TCHÉCOSLOVAQUIE

dirigées avant guerre par des ingénieurs français. La présence du minerai de fer en Styrie alimente une industrie rnétallurgiqiie dont les principaux centres sont la vallée de la Mur de Leoben à Gratz, ainsi qu'au pied des Alpes Wiener- Neustadt près de Vienne, et Sleyr près de Linz. Mais c'est au dehors, en Tchécoslovaquie notamment, que l'industrie autrichienne dott aller chercher son combustible.

Ajoutons que le développement du tourisme procure aux habitants des vallées alpestres d'appréciables ressources : InJisbnick, Ischl. Salzbourg, Gastein, etc., sont d'importants centres de vil-

Plus encore que le blé et le charbon, ce qui manque à l'Autriche, cesoniles débouchés maritimes. Pour atteindre la mer du Nord à Hambourg ou l'Adriatique à Trieste, les Autrichiens doivent désormais traverser un ou deux pays étrangers : Tchécoslovaquie et Allemagne, Yougoslavie et Italie. Quant au Danube, dont la magnifique voie navigable est desservie de Ratisbonne à Sulina par la Compagnie danubienne de navigation à vapeur, il aboutit malheureusement à la Mer Noire, et il ne facilitera réellement le commerce extérieur de l'Autriche que lorsqu'auront été exécutés les canaux qui le relieront au Rhin, à l'Elbe, à rOder et à la Vistule.

Puisque l'union avec l'Allemagne lui est interdite, l'Autriche ne pourra donc vivre et prospérer que s'il lui est permis sur le terrain économique de renouer avec les peuples voisins, jadis soumis à la domination de ses quelques millions d'Allemands, les liens qui sont définitivement rompus au point de vue politique et national. La position géographique de Vienne recouvrerait alors une partie de ses avantagés.

IL — La Tchécoslovaquie

5. — Milien physiqne. — La Tchécoslovaquie, telle que l'ont constituée les Traités de Versailles, de Saint-Gbrmain et de Trianon, s'étend sur environ 140.000 km-, et compte

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environ 13 millions d'hab. Elle comprend la totalilé do l'ancien massif bohémien, la plaine de Moravie et une petite partie de la /hiiUe-SUésie, enfin les Carpates cecidentales et leur rebord intérieur. Extrêmement étiré d'W en E, le nouvel Etat n'a de frontières naturelles qu'au NW et au N (montagnes bohémiennes et Garpatesj, avec l'Allemagne et la Pologne; du côté méridional, avec l'Autriche, la Hongrie et la Roumanie, ses frontières, exception faite d'un court tronçon du Danube qui laisse Tîle de la Grande Schult à la Tchécoslovaquie, ont été tracées sans aucun autre souci que celui des limites ethnographiques et des combinaisons politiques.

a. La Bohême {fig. p. 279). — La Bohême n'est plus que le socle usé d un massif très ancien, formé surtout de granit et de schistes cristallins, et dont les inégalités actuelles sont dues non pas à des plissements mais à la différence de dureté des roches, qui ont opposé une résistance inégale aux agents de dénudation. Dans les parties basses de ces roches anciennes, déjà riches en filons métallifères, se sont accumulés les dépôts de houille et de lignite qui ont été plus tard recouverts par les sédiments.

Sur trois de ses faces, le losange bohémien est dominé par des hauteurs plus élevées, qui s'abaissent vers lui en pentes généralement douces au S\V {Foret de Bohême' , mais qui tombent à pic au N [Monts Métallifères) et au NE (Sudètes). La Forêt de Bohème (Bœhmer Wald) est formée, surtout dans sa partie méridionale, d'une série de larges croupes boisées k peu près. parallèles, que dominent de place en place des sommets arrondis et chauves (plus de 1.400 m.). Au Fichlel Gebirge. situé tout entier en territoire allemand, la Forêt de bohème se relie aux Monts Métallifères (Erz Gebirge), dont la crête forme la limite entre la B;)liéme et la Saxe ; les Monts Métallifères, qui atteignent 1.244 m, s'abaissent brusquement vers la Bohême tandis qu'ils descendent en un long glacis vers les plaines de Saxe. Après une dépression partiellement comblée par les grès ruiniformes de la pittoresque Suisse bohémienne et saxonne, dans laquelle VElbe s'est ['rayé un passage étroit, commencent les Monts Sudètes ; ce terme savant, inconnu dans le pays, désigne lensemble de hauteurs qui bordent la Bohême, de la trouée de lElbe à la source de VOder; ce n'est pas une chaîne continue, mais tout une série de massifs boisés, réparés les uns desantrts par des vallées vu des dépressions ; aussi, bien qu'ils titleignent une altitude assez considérai ' 03 m

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dans les Monts des Géants (Riesen Gebirge) — onl-ils pu être traversés par de nombreuses routes et plusieurs voies ferrées, qui relient la Lusace et la Silésie à la Bohême. Au SE du massif bohème, les collines de Moravie sont un simple dos de pays dont l'altitude moyenne ne dépasse guère &00 m.

Dans la partie seplenlrionale de la Bohême s'est produit un

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Fi g. 91 — La Bohême.

effondrement , accompagné dephénomènes volcaniques eUhmiques\ qui a creusé au pied des 3Ionls Mélallileres le profond sillon où coule TEger, et ouvert le bassin de l'Elbe supérieure. Dans le fossé de VErjer, lactivité souterraine, aujourd'hui très atténuée, se manifeste encore par le jaillissement de sources thermales' et minérales [Mariaaske Lazne [Marienbad], Kar.lovy Vary [Karlsbad], Teplice, etc.). Dans le bassin oriental, où confluent l'Elbe, venu des Monls des Géants, et la Vltava (Moldau), la rivière bohémienne par excellence, se sont déposés les marnes et les grès des mers crétacées, que recouvre souvent un épais manteau de limon très fdriUa.

Le relief de la Bchéme détermina son climat. Les parties les.

Cliché A. Szuberl iCracoviei. communi<jue i iiin Français.

Fig. 96. — Dans les Tairas : le Pic de Gerlach.

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plus chainles sont non pas les plateaux du S, ni les montagnes du pouiiour, mais les plaines du N. Cest ce qui permet, dans ces plaines fertiles, la culture intensive des arbres à fruits, de la betterave à nacre, du houblon, du 6/é, et même, par endroits, celle de la vigne. Les pluies, abondantes sur les hauteurs bordiéres, surtout sur celles de TW, qui déterminent la condensation et la précipitation des vapeurs océaniques, sont raines à l'intérieur {^0 à 60 cm seulement par an). JMais, par une heureuse fortune, elles tombent surtout en été, au moment où elles sont le plus nécessaires au développement de la végétation, de sorte que la Bohême n'a nulle part l'aspect steppique d'un grand nombre de bassins fermés.

b. La plaine de JUioravie. — La Plaine de Moravie est un couloir qn'encadrent le Massif bohème et les Carpates; drainée par un affluent du Danube, la Morava, dont le cours inférieur sépare l'Autriche de l'Etat tchécoslovaque, elle relie le bassin de Vienne à la Porte de Moravie, seuil largement ouvert entre l'extrémité des Sudetes et les Beskides; la Moravie est ainsi en relations faciles avec la- haute vallée de YOder, c'est-à-dire avec la Silésie, et avec la haute vallée de la Vistule, c'est à-dire avec idi Galicie: par là déferlèrent vers le Danube les vagues de peuples venues des steppes russo-asiatiques. Le climat, continental comme celui de la Uohême, offre des conditions assez favorables à la culture des céréales [blé, seigle, orge, avoine).

c. Les Carpates occidentales {fig. p. 289). — Les Carpates (voir p. 311), dont la partie orientale appartient tout entière à la Roumanie, couvrent dans leur partie occidentale une partie du territoire tchécoslovaque, qu'elles séparent de la Pologne. La. zone sédunentaire des Carpates occidentales, qui commence sur le Danube à Bratislava par les Petites Carpates, se dresse au-dessus de la dépression de Moravie et culmine dans les Monts Beskides parl.72D m. A l'intérieur de la vallée longitudinale où coule le Vah (Waag), se trouvent les Carpates cristallines divisées en nombreux massifs elliptiques dont le principal est celui des Tatras, long de 90 km et entouré de vallées'fertiles; il renferme le point culminant du massif, le Pic de Gerlach (2 653 m; fig. p. 280). Au delà de la vallée de la Hron (Gran), les Monts Métallifères slovaques, beaucoup moins élevés, doivent leur nom à l'existence.Idans leurs flancs, des minerais les plus variés: argent, or, cuivre, fer, nickel, cobalt.

Les Carpates occidentales, qui n'onl pas de glaciers etoù apparaissent rarement des crêtes rocheuses déchiquetées, présentent surtout des hauteurs arrondies, couvertes dp forêts; les vallées

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