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III. — La Hongrie

8. — Milieu Physique. — Le Tr\ité db Trianon a détruit l'antique royaume de Hongrie, dont l'étendue n'avait pas sensiblement varié depuis le Moyen Age, et qui avait joué dans l'histoire de l'Europe un rôle souvent glorieux. Amputé des pays que peuplent à l'W les Allemands, au N les Slovaques et les Ruthènes, à l'E les Roumains, au S les Yougoslaves, la nouvelle Hongrie ne couvre plus que 9i.000km^,Qi ne compte plus que? millionset demicChab. État purement continentaU la Hongrie n'a p/ws de frontières naturelles : elle se trouve éloignée au NE des Carpates, au S de la Save et du Danube ; « ces frontières capricieuses et d'apparence arbitraire sont le résultat inévitable des règles suivant lesquelles s'est fait le réajustement territorial de toute l'Europe centrale, selon le principe des nationalités corrigé par l'utilité stratégique et économique » (Eisenm.\nn).

Tout le territoire du nouvel Etat se trouve compris dans la grande plaine pannonienne ou hongroise ; cette vaste zone d'effondrement se creuse entre les Alpes, les Carpates et les

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chaînes dinariques [fig. p. 280), comme la plaine du Pô se creuse à l'inlérieur de l'arc alpestre. Une série de hauteurs en partio, volcaniques [Monts Bakony, Monts de Visegiad), à travers

lesquelles le Danube a dû se frayer un passage, divise la grande plaine en une Haute-Hongrie, d'altitude moyenne variant entre lOO et 200 m, et une Basse-Hongrie, souvent inférieure à 100 m. Du bras de mer, plus tard transformé en lac, qui occupait les bassins hongrois, il ne reste plus que quelques traces {lac Bala-

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ton, etc.). Sur ses sédiments très récents ses' accumulé un /œx.s souvent limoneux, mais parfois aussi sablonneux; les fleuves {Danube, Tisza, etc.) ont creusé la plaque de lœss et étendu sur les bords de leurs vallées des alluvions de plus en plus fines à mesure que la pente diminuait {graviers dans la Haute-Hongrie, limon dans la Basse Hongrie). Le sol ne manque donc pas (Je variété : le lœss et les argiles fertiles y voisinent avec les sables

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Fig. 98. — Les méandres de la Tisza et de sea affluents, dans la plaine hongroise.

stériles; mais les premiers prédominent, de sorte que le sol hongrois est dans l'ensemble un des plus riches de l'Europe.

La Haute Hongrie n'est que le vestibule de la véritable plainr hongroise désignée dans le pays sous le nom dAlfald {Pays-Bas] . et dont la Tisza {fig. p. 290) est l'artère. Dans sa partie centrale, entre le Danube et la ïisza, l'Alfœld est parliellement couvert de sables que les vents dominants du NW ou du SE ont accumulés en petites dunes, au milieu desquelles se creusent de nombreux étangs salés : c'est la région des pusztas. Au NK. la plaine de Debreczen présente le même aspect. Entre ces deux régions de steppes sablonneuses, l'Alfoeld olTre un limon fertile.

Toute cette région, isolée par les montagnes du pourtour, a un

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imat continental. Sans doute les hivers n'y sont pas très froids, mais les étés y sonl très chauds 'Biida-Pest : moyenne de janvier,

- 1*^9; moyenne de juillet, 2lo4; écart 23<*3), de sorte qu'on

lit cultiver les plantes qui exigent beaucoup de chaleur : le maïs, le poivre rouge ou paprika, le tabac, la vigne.

La chute ajuiiielle des pluies est assez faible, surtout dans la Basse-Hongrie (50 à 60 cm) ; elles se produisent notamment à la fin de Télé et en automne.

Les étés, très chauds et trop souvent secs, donnent à une bonne partie de la plaine hongroise le caractère d'une steppe : la végétation arborescente est presque complètement exclue ; à perte de vue s'étend la grande plaine herbeuse des pusztas, audessus de laquelle l'air surchauffé produit des effets de mirage.

». — Population. — Grâce à sa situation et à l'existence de la route danubienne, la plaine de Hongrie est une zone de passage entre l'Europe centrale et l'Europe orientale. Les races ont donc convergé vers la plaine hongroise, longtemps théâtre de la lutte entre la civilisation occidentale et les peuplades orientales (fîg. p. 27H).

Mais la nouvelle Hongrie ne conserve plus que quelques petites colonies allemandes (dans les Monts Bakony), quelques îlots tchécoslovaques (dans rAlfœd) et yougoslaves (aux environs de Pecs). La presque totalité de la population est constituée par les Magyars, d'origine touranienne* qui dans la plaine hongroise ont passé de la vie nomade à la vie sédentaire.

Ce sont maintenant les Magyars qui se trouvent réduits, en dehors de leur propre pays, à l'état de minorités ethniques. Les 7 millions de Magyars de la Hongrie voient 2 millions de leurs frères englobés les uns (en petit nombre) dans l'Etat yougoslave, les autres dans l'Etat tchécoslovaque et surtout dans la (' plus grande » Roumanie. Sauf au SW, le long delà Drave, les 'limites de l'Etat hongrois ne. correspondent nulle part aux limites de la nationalité magyare.

Les catholiques sont doLU?» la nouvelle Hongrie en grande majorité : 68 p. 100 (y compris les uniates), contre 25 p. 100 de protestants et 7 p. 100 de juifs.

La densité de la population est assez forte pour un pays essentiellement agricole : environ 80 au km-.

Cette densité varie suivant les régions, non seulement pour des raisons d'ordre géographique (fertilité du sol, par exemple), mais encore pour des motifs d'ordre historique : les Turcs ayant occupé une bonne partie de la Hongrie, le vide s'est fait devant eux et les habitants, qui se sont réfugiés dans les régions du pourtour, ont augmenté la densité de la Haute-Hongrie, etc. ; depuis la chute définitive de la domination turque, un mouvement inverse se produit; mais malgré tout, la Basse-Hongrie, notamment entre Danube et Tisza, est encore moins peuplée que la Haute- Hongrie. De même les nécessités de la défense contre les Turcs ont jadis empêché la population des régions menacées de se disperser en hameaux et en fermes; les agglomérations, même rurales, sont importantes.

La plaine hongroise est par suite caractérisée par un type spécial de villes, les villes rurales, qui groupent de 10 à plus de 100.000 hab. adonnés à l'agriculture : telles Szeged (120.000 hab.), admirablement située au confluent du Maros et de la Tisza, au point où cette dernière est traversée par la route de Buda-Pest à Bucarest, Debreczen (9:2.000 hab.), Kecskemet (68.000 hab.), Hodmezô- Vasarhély (62.000 hab.).

La ville-village n'est qu'une énorme agglomératioi» de bâtiments agricoles construits en briques et couverts en paille ou en roseaux, car la pierre et le bois font également défaut dans la steppe. Autour de la ville se trouvent tout d'abord les jardins et les vignes, puis plus loin les champs et enfin les pâtures. Pendant la belle saison, la majeure partie de la population habite en dehors de la ville dans les fermes d été, ou tanyas, afin de procéder aux travaux des champs ; elle rentre à la ville pour l'hiver. Dans cette existence demi-nomade se manifestent encore les habitudes vagabondes des anciens pasteurs de la steppe.

La seule véritable « ville » hongroise, c'est la capitale Buda-Pest (900.000 hab.. et plus d'un million avec les faubourgs)."

Buda-Pest occupe le centre naturel des divers bassina hongroi

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