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I Tchécoslovaques SSxâ Blancs Ruthènes Ivvvm Lettons
|!''!'l Polonais EiiiîJ Grands Russiens Limites d'Etats
^frttti Ruthènes ^^ Lituaniens
Fig. 1C3. — Les races ev f>ninr,7,e.
d'hab. qui peuplent le territoire de la nouvelle Pologne, les recensements d'avant-guerre dénombrent ^8 millions de Polonau, groupés en masse compacte dans les plaines qu'arrosent la Wartha etlaVistule (fig. p. 301;, mélangés à des éléments allemands sur les croupes baltiques, à des
LA POLOGNE SO.i
éléments lituaniens, blancs-rulhènes et ruthènes dans la région qui s'étend de Vilna à Lwow {fig. p. SOI).
Si dans la Haute-Silésieles villes sont allemandes et les campagnes polonaises, en Lituanie les Polonais prédominent au contraire dans les villes, qu'entourent des campagnes non-polonaises. Ici comme là il semble que la poussée colonisatrice et l'emprise politique se soient produites d'W en E.
Le chiffre de 18 millions est d'ailleurs considéré par les Polonais comme intérieur de 2 ou 3 millions à la réalité. Il est de toute façon destiné à s'accroître rapidement, par suite de la très forte natalité de la population polonaise (36 sur 1.000, contre 30 sur 1.000 dans l'Allemagne d'avant-guerre, et 19 en France).
Hors de Pologne vivent environ 3 millions de Polonais, dont près de 2 millions sont établis aux Etats-Unis.
Les Allemands sont environ l.oOO.OOO en Posnanie et en Prusse occidentale. Pour ne pas les abandonner à la Pologne il eût fallu sacrifier un plus grand nombre de Polonais, et couper toutes communications entre la Pologne et la mer. Mais il est à craindre que jamais ces Allemands ne se résignent à rester Polonais, ni l'Allemagne avoir supprimer par le (f Couloir polonais » l'union réalisée par Frédéric II entre la Prusse orientale et le Brandebourg.
Les Juifs polonais, dont beaucoup ont émigré en Amérique dans les années qui ont précédé la guerre, sont un peu plus de 2 millions dans la Pologne nouvelle ; très nombreux dans les grands centres industriels (Lodz, etc.), ils « ont entre les mains la plus grande partie de l'industrie, du commerce, du trafic de l'argent » (André Lichtenbkrger) ; ils constituent pour la Pologne un élément que l'immigration des Juifs russes menace de rendre de moins en moins assimilable, et dont les aspirations et les instincts paraissent difficilement conciliables avec ceux de la nation polonaise : la question juive est un des problèmes les plus délicats auxquels ait à faire face la République de Pologne.
A l'E la Pologne, par la Paix de Riga conclue avec la Russie des Soviets, a porté sa frontière bien au delà des limites ethnographiques du peuple polonais; outre quel-
ques centaines de mille de Lituaniens, elle s'est ainsi annexé ;9rès de 6 ynillions de Russes (Blancs-Ruthènes et Ruthènes), qui peuplent la Podlésie, la V^olynie et la Galicie orientale. En elles-mêmes, ces populations rurales, dont le stade de civilisation est encore peu avancé, n'opposeront sans doute pas grande résistance à l'empire polonais, mais il est douteux que la « grande » Russie renonce pour toujours à des territoires habités par des frères de race et disputés depuis des siècles entre les rameaux russe et polonais de la race slave.
Les religions correspondent à peu près exactement aux races. Les Polonais et les Lituaniens sont presque tous catholiques, les Allemands protestants, les Blancs Ruthènes et les Ruthènes orthodoxes.
Dans ses limites actuelles, la Pologne n'a donc ni unité ethnique, ni unité religieuse. Le fait que les éléments allogènes se trouvent presque tous à la périphérie du nouvel État ne diminue pas les inconvénients de leur présence forcée dans l'Etat polonais, car ils n'en constitueront qu'une tentation plus vive pour l'Allemagne et pour la Russie d'exercer des reprises qu'elles considéreront comme légitimes : c'est sous le prétexte d'arracher les « dissidents » aux persécutions polonaises que Catherine II et Frédéric II ont entrepris jadis de dépecer la Pologne.
La densité du nouvel Etat polonais est de 72 hab. au km'^. Mais la population est très inégalement répartie : tandis que la Pologne centrale et la Galicie groupent 100 hab. au km-, la Prusse occidentale en a 67 seulement, et la Ruthénie Blanche à peine 40 ; en revanche les districts industriels de la Haute-Silésie, celui de Gieszyn (Teschen) par exemple, atteignent 200 hab. au km-.
La population polonaise e^ien grande majorité rurale. Mais là aussi il importe de distinguer entre les pays blancsruthènes et ruthènes, où la population urbaine ne représente guère que 10 p. 100 du total, et les pays proprement polonais (Grande Pologne, Prusse occidentale principah' ment) , où le pourcentage de la population urbaine approche de 25.
La civilisation tcrbaine a été favorisée en Pologne par le développement de Tindustne. Les villes sont surtout nombreuses dans les régions peuplées de Polonais.
Sur les quelques km de littoral baltique que le Traité de Versailles a strictement mesurés à la Pologne, le petit port de pêche de Puck (Putzig) ne peut prétendre à aucun avenir commercial. Le débouché maritime de la Vistule, iGdansk (Dantzig ; 170.000 hab. en majorité allemands), a été érigé en « ville libre » par le Traité de Versailles, sous réserve que la conduite de ses relations extérieures sera assurée par la Pologne, et que son territoire sera englobé dans les limites douanières de la Pologne. Malgré ces garanties diplomatiques, les Polonais songent à faire de Tczew (Dirschau), en amont de Gdansk sur la rive polonaise de la Vistule, un port maritime dégagé de toutes interventions gênantes.
En Prusse occidentale, les Allemands avaient fait du cours de la Vistule une solide ligne de défense militaire, qui s'appuyait sur les villes maintenant polonaises de Grudziadz (Graudenz, 40.000 hab.), Bydgoszcz (Bromberg sur la Brahe, 60.000 hab.) et Torun (Thorn, 50.000 hab.). La Posnanie ne comptait guère qu'une grande ville, sa capitale Poznan (Pozen, 160.000 hab.).
La Grande Pologne et ses « marches » orientales ont quelques grandes agglomérations urbaines dont la plupart sont des centres industriels : Bialystok (85.000 hab), Lublin (65.000 hab.), Brzesc Litewski (Brest Litovsk, 60.000 hab.), — Grodno (65.000 hab ) et peut-être Wilno (200.000 hab.) en Lituanie, — surtout Varsovie (près de 900.000 hab. avec ses faubourgs) et Lodz (plus de 400.000 hab.).
Ces deux grandes villes sont très différentes l'une de l'autre. Varsovie, la vieille capitale polonaise, est une ville historique, située dans une position commerciale excellente, au centre de la dépression de la Vistule ; ville intellectuelle grâce à son Université, elle est devenue, surtout dans ses faubourgs, une ville d'usines. Lodz, au contraire, est née d'hier; c'était encore un village avant 1870: elle doit sa croissance tout américaine à l'industrie cotonnière.
o06 LES PRINCIPALES PUISSANCES DU MONDE
Dans la Haute-Silésie, les centres induslrieis sont très rapprochés les uns des autres : Gory Tarnowskie (Tarnowitz), Bytom (Beulhen), Huta Krolewska (Konigshûtte). Katowice, GHwice, Rybnik, etc., prussiens depuis Frédéric II, Cieszyn (Teschen), autrichien en 1914.
La Galicie a vu se fonder plusieurs grandes villes et beaucoup de villes moyennes aux. points où les routes qui suivent les terrasses limoneuses coupent ks vallées des rivières. Ces villes forment un alignement parallèle à Varc des Carpales. Ce sont : Cracovie (175.000 hab.), sur la Vistule naissante; Przemysl sur le San (55.000 hab.), poste stratégique important qui garde plusieurs défilés des Carpates; Léopol (Lwow, Lemberg ; 22.000 hab.), centre intellectuel et capitale politique de la Galicie orientale.
4. — Développement économiqne. — La Pologne, qui dispose d'une population laborieuse et prolifique, peut maintenant profiter pour elle-même de la main-d'œum'e qui contribuait précédemment à la richesse de ses maîtres russes, allemands et autrichiens. Son sol et son sous-sol également nc/i<?s lui fournissent les éléments d'une activité économique très variée, à laquelle l'absence d'obstacles montagneux offre des facilités de communication remarquable.
La Pologne est surtout un pays agricole.
Sur 100 habitants de la Pologne historique, on peut estimer que 65 vivent de lagriculture. Les terres cultivées occupent 45 p. 100 du territoire, les prairies et pâturages 15 p. 100, les furétSs2^ p. 100, les terres en friche 15 p. 100 (de Komer).
Mais le territoire auquel s'appliquent ces chiffres comprend, outre la Pologne actuelle, toute ia Haute-Silésie prussienne, le territoire de Cieszyn, toute la Lituanie, toute la Russie blancho et une bonne partie de l'Ukraine. Il y aurait donc lieu de rectifier le pourctinlagf, en augmentant sensiblement la proportion du sol arable aux dépens des terres en friche et surtout des forêts (région du Pripet).
La Pologne actuelle offre environ 20 millions dlia de
terres arables ; la Posnanie, la Russie occidentale, la Grande Pologne et la Galicie ont uq sol particulièrement favorable aux cultures. Presque toutes les céréales des pays tempérés y prospèrent; la production annuelle de froment peut être estimé à 2:2 millions de qx (France : 86 millions avant la guerre), celle du seigle à 06 millions de qx (Allemagne d'avant-guerre : liO millions de qx), celle de Y avoine à 32 millions de qx (Allemagne : 80; France : 50), celle de Vorge à 17 millions de qx (Allemagne : 30 millions) ; le maïs lui-même (2 millions de qx) réussit en Galicie orientale.
Avec les céréales, la betterave à sucre est la principale richesse agricole de la Pologne ; on la cultive surtout en Posnanie, en Prusse occidentale , dans les provinces de Plock et de Lublin ; la récolte annuelle atteint plus de 50 millions de qx (Allemagne d'avant-guerre : 140 millions de qx, dont il faudrait maintenant déduire les 35 millions de qx de l'ancienne Pologne prussienne).
hdi pomme de terre (300 millions de qx), le houblon, le tabac, le lin et le chanvre complètent la production agricole de la Pologne.
Cette production ne pourra que se développer rapidement, lorsque l'outillage agricole aura été perfectionné, et surtout lorsque la réforme agraire portera ses fruits. En 1918 « une grande partie de la propriété foncière demeurait concentrée entre les mains de la grande aristocratie polonaise ; la question agraire s'est posée avec une acuité d'autant plus grande qu'elle avait été tranchée brutalement en Russie et en Ukraine, pays limitrophes delà Pologne » (André Lichtenberger).
Sans être aussi prospère que l'agriculture, l'élevage tient néanmoins une place importante. On compte en Pologne 8 millions de bêtes à cornes, 4 millions de chevaux, 3 millions de moutons et 6 millions de porcs.
Les forêts (jOïMS, sapins, hêtres, etc.) couvrent surtout de vastes espaces dans la Ruthénie blanche et sur les pentes des Carpates; une industrialisation plus effective de l'exploitation forestière permettrait à la Pologne d'exporter une certaine quantité de bois.
L'industrie polonaise, rlpjh florissante, paraît destinée à un très grand avenir. Elle dispose d'une main-d'œuvre abondante et active, de sources d'énergie considérables et de quelques matières premières essentielles
La Pologne possède des gisements de charbon considérables, dans la partie S\V de son territoire ; le bassin
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