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CHAPITRE XVII L'ITALIE : RÉGIONS NATURELLES

Avec la Sicile et la Sardaigns, l'Italie couvre un peu plus de 300 000 ion*.

Li' Italie alpesti'o.. - Ses vallées, presque toutes courteis et rapides, sont semées de beaux lacs (lac Maieur, lac de Gardei au cJimat méditerranéen. La houille blanche de ses torrents est utili sée pour l'industrie métallurgique et textile. Trente est la capitale du Tirol italien.

/vrt plaiitf- du 1*6. — Plaine d'alluvion au climat continental, elle doit à lirrigation ses riche» moissons (blé. riz) ; le mûrier des ooteaux subalpins a développé l'Industrie de la soie, dont Milam est la capitale. Turin, Bologne, i/e/j/se concentrent également l'activité de cette grande région très peuplée (densité : 140), qui est la partie vitale de l'Italie.

Ij'Italie péninsulaire. — La péninsule a pour dorsale l'Apennin (2.914 m), elle est épaissie à l'W par des terres d'origine volcanique (Vésuve). — Le littoral de Ligurie est le débouché méditerranéen de l'Allemagne occidentale : Gênes. — Dans l'Italie centrale, les petites plaines de la Toscane et du Latium groupent en de nombreuses cités une population surtout agricole : Fiorence, Livourne, Rome. — Dans l'Italie du Sud la fertile plaine de Campanie est très peuplée (densité : 200) : /Vap/es. La région littorale de l'Adriatique n'a d'ampleur que dans les Poiiilles.

fja Sicile. — Presque entièrement montagneuse (Etna), la SlclJe fournit du blé, de la vigne et du soufre; sa population est très dense (142 au km* : Palerme, Catane.

Lia Sardaigne. — C'est une ile pauvre et peu peuplée.

i. — Vhc d'ensemble sur l'Italie. — La péninsule italienne est la plus petite des trois péninsules méridionales de l'Europe (270.000 km- environ). Avec les deux îles de Sicile et de Sardaigne, l'Italie dépasse 300.000 km^ {u7i peu plus de la moitié de la France).

L'Italie est très développée en latitude : le N se trouve sur le parallèle de Nevers et le S sur celui d'Alger; des Alpes à la Sicile on compte 1.100 km, plus que du N au S de la France.

Par sa direction NW-SE, l'Italie ressemble à une longue jetée qui commence en Occident et finit en Orient.

L'Italie est formée de trois parties principales {flg. p. 3H4) : la plaine subalpine, la péninsule apennine, prolongée par la Sicile, puis la Sardaigne (continuée par h Corse).

Héffions alluvial 63

Régions •ubapennines

La grande plaine subalpine, drainée par le Pô et prolongée vers l'E par les pays-bas vénitiens, est un ancien golfe de la Mer Adriatique, dont le fond s'est lentement soulevé, et qui a été comblé par le dépôt des alluvions arrachées aux flancs des montagnes voisines.

U Apennin, qui forme la dorsale de la péninsule et se prolonge par delà la Sicile, dans l'Atlas, représente les ruines d'une chaîne dont le plissement remonte à une époque géologique assez lointaine, mais a été rajeuni à l'époque tertiaire. La zone centrale de cet

ancien massit tyrrhénien, formée de roches cristallines, a presque disparu : elle s'est effondrée par masses énormes, creusant des dépressions circulaires qu'ont remplies les matières rejetées par les volcans, les sédiments tertiaires et les alluvions des fleuves [bassin de Toscane, Campagne Romaine, Campanie), ou que la mer a recouvertes [grandes fosses de la Mer Tyrrhénienne). 11 n'en est resté que des fragments : massifs français des Maures et de VEsterel au N, Corse et Sardaigne au cenlrc, Montagnes de la Calabre et Moiits Péloritains au S. L'Apennin

Fig. 109. — Structure de l'Italie.

actuel est le bord externe de lancien massif. Formé de roches sédimentaires (surtout calcaires), fortement plmées el coupées de failles, il s'abaisse doucement vers les faibles profondeurs de la Mer Adriatique, qu'il longe de très près sauf dans la presquile d'Otrante. 11 s'abaisse brusquement au contraire sur les bassins d'effondrement qui bordent la Mer Tyrrhénienne {fig. p. 335). Dans la concavité de l'arc apennin, où se sont produites de grandes dislocations de l'écorce terrestre, le volcanisme est très intense : les volcans éteints, les fumerolles, les sources thermales, etc., sont nombreux, et trois des cinq volcans actifs de l'Europe fument encore au bord de la fosse tyrrhénienne: Vésuve, Stromboli, Etna.

Fig. 110. — Coupe de l'Italie, selon le 42^ parallèle.

Les grandes régions de l'Italie (fig. p. 336) sont donc très nettement marquées par la nature. Si la Sardaigne est plus proche cependant des côtes africaines que des côtes italiennes, et forme avec la Corse un monde à part, en revanche l'Italie continentale et l'Italie péninsulaire sont étroitement unies : les nombreux cols de l'Apennin septentrional et la bordure littorale de l'Adriatique établissent entre elles des relations faciles. Quant au détroit de Messine, ce n'est pas une séparation entre l'Italie péninsulaire et la Sicile.

2. — L'Italie alpestre. — Le puissant massif alpestre décrit à l'W et au N de la plaine italienne un immense arc de cercle qui s'étend du Col de Cadibone Siu Col de Tarvis. C'est leur versant abrupt que les Alpes tournent vers ritalie, de sorte qu'à part la vallée de VAdige,

les vallées sont moins longues et que les massifs son', moins étendus en Italie qu'en Suisse, en France ou en Autriche (fig. p. 246).

I moins de 200"

Fig. IH. — Les régions italiennes.

Aussi bien, la frontière italienne court assez capricieusement à l'intérieur du massif alpestre, et le territoire dévolu à l'Italie ne correspond nullement à l'une des divisions naturelles des Alpes.

Entre la France et l'Italie, la frontière suit sensiblement la ligne de partage des eaux, qui d'ailleurs ne coïncide pas avecla ligne de faîte. Les vallées courtes et rapides des affluents du Pô

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(Stura, Doive Ripaire, Doive Baltée ou vallée d'Aosle), sont italiennes; mais, en relations faciles avec les vallées du versant français, elles sont parfois habitées par des populations de langue française (anciens Vaudois).

A partir du Mont Blanc, la frontière suit jusqu'au voisinage du Saint-Gothard la crête des Alpes du Valais. La vallée de la Toce, débouché de la route du Simplon, est en terre italienne. En revanche, la Suisse détient le cours supérieur du Tessin et lance une longue pointe jusqu'au lac Majeur et au lac de Lugano.

A l'E, la vallée de VAdda supérieure, ou Valteline, appartient à l'Italie, qui s'avance jusqu'à la route du Stelvio, mais laisse à la Suisse les cols de la Bernina et de la Maloggia.

Depuis le Traité de Saint-Germain (4919), l'Italie a atteint ses limites naturelles du côté de l'Autriche et de l'Etat des Serbes, Croates et Slovènes. La nouvelle frontière suit les crêtes du Massif de 1 Œtztal et des Hohe Tauern jusqu'au Pic des Trois Seigneurs, Tpu'is rejoint l'ancienne frontière des Alpes Carniques, qui se prolonge maintenant par les Alpes Juliennes et le Monte Nevoso jusqu'au fond du Golfe de Fiume. Toute la haute vallée de VAdige, ou Tirol italien, a ainsi changé de mains; le col du Brenner est désormais tenu par l'Italie, ainsi que le seuil de Tarvis.

Le versant italien des Alpes est marqué par une rangée de beaux lacs (lac Majeur, lac de Lugano, lac de Côme [fig. p. 338], lac d'Iseo, lac de Garde), dont la partie supérieure est enchâssée dans la montagne tandis que la pointe inférieure est déjà en plaine. C'est dans ces lacs que s'épurent et se régularisent les torrents descendus des Alpes (Tessin, Adda, Mincio).

Bien que l'altitude soit considérable, le climat est en général très doux : les vents du N sont arrêtés par les puissants massifs helvétiques, et les influences méditerranéennes peuvent se faire sentir par-dessus l'écran peu élevé de l'Apennin. L'étroite lisière méridionale des Alpes forme une frange de climat méditerranéen^ au-dessus des plaines lombardes au climat rigoureux : les stations d'hiver sont nombreuses au bord des lacs; Volivier, le citvonider, la vigne, le châtaignier, le mûrier (sériciculture), réussissent très bien, tandis qu'ils ne croissent plus au S de cette lisière.

La zone alpestre ofTre donc à l'homme des ressources végétales abondantes. Elle a d'autre part une grande importance industrielle : c'est là qu'est captée la force motrice des torrents^ la houille blanche, que les fils électri-

ques transportent dans les usines de la plaine. Déjà, du reste, l'industrie pénètre dans la montagne : les usines métallurgiques, les filatures de laine, de coton et de soie s'installent au voisinage des lacs et jusque dans la Valteline.

Aussi \a population est-elle plus nombreuse que l'altitude ne le ferait croire : dans la région des lacs, où elle atteint sa plus forte densité, elle est souvent de plus de

Cliché Léry.

Fig. H2. — Un coin du lac de Côme.

50 hab. au km- {/îg. p. :2o6;. La capitale du Tirol, Trente, qui fut si longtemps une menace germanique contre l'Italie, compte plus de 30.000 hab.

3. — La plaine du Pô. — L'extrémité de l'ancien golfo Adriatique, devenu la plaine subalpine, s'étend sur uno longueur de 500 km et sur une largeur moyenne de 100 km portée jusqu'à 200 à l'embouchure du Pô, rétrécie à 60 dans lés plaines du Frioul.

a. Milieu physiuue. — C'est une plaine très basse et d'une platitude presque absolue, avec une léfçère inclinaison de IW à TE.

Ce n'est guère que sur ses bords, au voisinage des Alpes et de l'Apennin, quelle dépasse l'altitude de 100 m. De la plaine proprement dite, formée par une couche d'alluvions qui a parfois 200 m d'épaisseur, on passe à des collines de gravier, cour certes de landes et riches en sources qui alimentent les petits affluents du Pô, puis à une série de hauteurs provenant de Vaccumulation des moraines des anciens glaciers. A l'intérieur, la monotonie de la plaine n'est guère rompue que par les coteaux du Montf errât (700 m).

La majeure partie de la plaine est drainée par le Pô, dont le lit s'est établi à la limite des alluvions d'origine alpestre et des alluvions d'origine apennine, plus prés par conséquent de l'Apennin que des Alpes.

Issu des Alpes, où il prend sa source à plus de 2.000 m d'altitude, le Pô arrive bientôt en plaine : après avoir contourné les coteaux du Montferrat, il n'a presque plus de pente et décrit de nombreux méandres, qui donnent à son cours une longueur totale de 672 km (moins que la Seine).

Son régime est déterminé par celui de ses affluents. Les rivières, alpestres ont des crues de printemps, au moment de la fonte des neiges, et leur débit est soutenu en été par le tribut des glaciers; c'est en hiver que leur niveau est le plus bas. De pente très rapide dans leur cours supérieur, elles entraînent une grande quantité de matériaux, que certaines déposent dans les lacs, mais que les affluents piémontais apportent au fleuve.

Les rivières apennines, alimentées par des orages de printemps et d'automne, sont des torrents dévastateurs semblables à la Durance, tantôt à sec, tantôt gonflés d'eaux boueuses.

La fonte des neiges et des glaciers alpestres, ainsi que les pluies de l'Apennin, font du Pô un fleuve puissant; il roule une i7iasse d'eau considérable et une énorme quantité de limon, qui se dépose en partie dans son vaste délia.

Pour se protéger contre les crues subites, déterminées par les caprices des affluents apennins, les riverains ont enserré le fleuve entre des digues et des levées, dont on est obligé d'augmenter sans cesse la hauteur. Beaucoup plus efficace a été le creusement des canaux dirrigation de la plaine lombarde, qui enlèvent aux affluents alpestres une partie de leurs eaux et ne les restituent au fleuve qu'après les avoir purifiées de leurs troubles pour le plus grand profit de l'agriculture.

La plaine se termine sur la Mer Adriatique, peu profonde, par unecdfe trèsbasse et lagunaire, dont les apports des rivières modifient incessamment les contours (telle la côte languedocienne). Les matériaux charriés par les fleuves alpestres sont entraînés

vers le SW par un courant côtier; ils s'accumulent à l'entrée des baies en une langue de sable, ou lido, et transforment l'ancien golfe en une lagune, qui se comble peu à peu et devient un marais. Les lagunes de Venise {fig. p. 340) et de Commacchio n'on^ échappé à ce sort que grâce aux travaux d'endiguement des fleuves, dont le cours a été en outre détourné vers la haute mer. Les fleuves poussent leur delta sans cesse plus loin dans la mer; de nojiveaux lidi se forment, et à la lagune morte fait suit'.;, entre elle et la mer, une nouvelle lagune. Le fond de l'Adriatique se comble donc ; Ravenne, Aquilée, anciens ports maritimes, sont aujourd'hui à l'intérieur des terres, et l'on pe it

Fig. 113. — Les lagunes de Venise.

prévoir le jour où, dans quelques milliers d'années, les golfes de Venise et de Trieste seront devenus des lacs d'eau saumàtre.

Enserrée dans son cadre de montagnes, fermée aux influences océaniques qui pourraient venir de l'W, aux influences méditerranéennes qui viendraiejit du S, voisine enfin de ce grand centre de refroidissement qu'est le massif alpestre, la plain subalpine a un climat continental^ très difl'érent de celui •! : reste de l'Italie.

Elle a des hivers courts, mais froids, des étés longs et très chauds : Milan a une température moyenne de 0<>d en janvier (Paris : 2® 2)

et de 24"^7 en juillet (Naples : 24*^3). L'humidité est suffisante : Milan reçoit par an 1 m de pluie et Bologne 0'°66. Les pluies sont à peu près également réparties entre les saisons, et l'été, notamment, n'a pas la sécheresse des étés méditerranéens.

Aussi la flore proprement méditerranéenne est-elle exclue de la plaine subalpine ; mais la grande chaleur et l'humidité de l'été permettent à des plantes presque tropicales, comme le ru, de donner d'abondantes récoltes dans un sol formé d'un limon si fertile que l'avoine peut y pousser sans fumier dix ans de suite et atteindre 2 m de haut.

b. Développement humain, — La plaine subalpine est donc une grande région agricole. Grâce à Virrigation par des canaux qui forment, au N du Pô, un second fleuve parallèle au premier, le blé, le maïs, le riz, donnent des produits abondants. Dans le Bolonais, la culture du chanvre est très développée. Aux abords immédiats du Pô, dans des sortes de polders, et dans les plaines basses du FîHouf, s'étendent des pâturages où l'on élève ici les chevaux, là les vaches (fromage parmesan). Sur le rebord méridional de la plaine et sur les coteaux du Montferrat, les vignes y cultivées en terrasses, font pendant aux cultures arborescentes du versant alpestre.

La plaine du Pô est aussi une région d'industrie très active. Sans doute, elle n'a ni houille ni métaux; mais elle reçoit ces matériaux par Gênes et elle dispose de la force motrice des torrents alpestres : elle produit la soie et le chanvre. L'industrie textile a pris dans la plaine, et surtout au pied des Alpes, près des mùreraies, un très grand développement. Les filatures et les tissages de soie, très nombreux dans la Brianza, au S du lac de Gôme, se concentrent à Corne, Bergame, Milan. L'industrie de la laine, celle du coton, celle du chanvre, celle du jute se sont associées à la soie. Les principaux centres sont : pour la laine Biella eiSchio, pour le coton Biella, Monza, pour le jute Mantoue, pour le chanvre Modène, N avare. De nombreuses industries diverses se joignent à l'industrie textile (industries chimiques, construction de machines agricoles, fabrication de faïence, etc.).

Enfin, la plaine subalpine est devenue, surtout depuis le percement des grands tunnels alpestres, le vestibule

3i2 LES PRINCIPALES PUISSANCES DU MONDE

de VEurope centrale et occidentale. Les voies ferrées transsuropéennes venues du NW par le Mont Cents, du N parle c9mp/on, le 6'o//iarc? et le /?re?i?2e?% du NE par le seuil de Tarms, y convergent, débouchent h Turin, \ Novare, à Milan, à Vérone, à Venise, et sont reliées par des voies ferrées transversales : Turin- Trieste , Turin-Bologne Brindisi. La plaine subalpine est véritablenaent la parMc vitale du royaume d'Italie.

Sa population est naturellement très dense. Sur rKotns du tiers de la superficie de l'Italie vivent les 2/5 de la population du royaume : 14 millions d'hab. La densité moyenne est de 140, et sur beaucoup de points elle dépasse 200.

Cette population, mi-rurale, mi-industrielle, vit danr des villages nombreux et riches, ou dans des villes t7'ès prospères. Celles-ci ont pour la plupart évité le voisinage du Pô, rendu dangereux par les inondations, et se soni fondées à mi-chemin entre la vallée du fleuve et la montagne, surtout au N. Seules parmi les grandes villes, Turin (450.000 hab.) ^KFerrare (100.000 hab.) sont sur le fleuve. Entre les Alpes et le Pô s'alignent Novare (60.000 hab.), Milan (660.000 hab.), Bergame (60.000 hab.), Brescia (90.000 hab. ),rero7ie(8o. 000 hab.), Prtrfoi^e(10o.000 hab). Entre le Pô et l'Apennin se trouvent Alexandrie (80.000 hab.), Parme (55.000 hab.), Reggio (75.000 hab.), Modène (75.0000 hab), Bologne (180.000 hab), Ravenne' (75.000 hab.).

Turin [Torino] s'est bâti à l'issue de la haute plaine du Pô, à laquelle on a donné le nom significatif de Piémont fpieds des monts), et au débouché de la route du Mont Cenis. L'ancienne capitale des ducs de Savoie-Piémont est devenue un centre industriel actif. C'est une ville de caractère plus alpestre encore qu'italien.

Milan {Milano) s'élève au centre de la Lombardie, au point de convergence des routes des Alpes, du Simplon au Stelvio, ainsi que des routes qui conduisent vers les diflérentes parties de la péninsule. Huit voies ferrées (dont celles du Simplon et du Golhard). trois canaux, dix grandes roulos s'y croisent et font de cette ville qui était déjà l'une des métropoles de la soie. une des principales places de comnierce de l'Europe. C'est une

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grande ville moderne qui rappelle les cités les plus prospères de l'Allemagne.

Bologne doit son importance à sa situation dans la riche plaine de lEmilie, au point de croisement de la route qui, venue du Piémont, longe la côte adriatique, et de celle qui relie la partie orientale de la plaine subalpine à Florence et à Rome à travers l'Apennin.

Au fond de l'Adriatique Venise (190.000 hab.) etTrieste (250.000 hab., et plus de 300.000 avec les faubourgs) se disputent le commerce des régions de l'Europe centrale auxquelles mènent les passages des Alpes orientales.

Venise [Venizia], qui commanda autrefois le commerce de la Méditerranée, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Bâtie sur les îles d'une lagune de l'A driatique, sillonnée de canaux qui tiennent la place de nos rues, où circulent les silencieuses gondoles et depuis quelque temps les vapeurs ainsi que les canots automobiles, elle n'a évité l'ensablement qu'au prix de grands travaux, et lutte péniblement contre la concurrence de Trieste et de Gênes. Mais elle a conservé, avec les souvenirs de son glorieux passé, ses célèbres industries d'art (glaces, cristaux, dentelles). C'est un des principaux ports militaires de l'Italie.

Uestée autrichienne alors que Venise devenait italienne en 1866, Trieste profita de son union économique avec les pays du Danube pour distancer sa rivale. Bien placée au fond d'une excellente baie qui entaille le N de la massive péninsule d'istrie, mais insuffisamment abritée contre le bora (vent du N très violent) et séparée des plaines danubiennes par les plateaux du Karst, Trieste vit s'ouvrir devant elle un magnifique avenir lorsque le percement du tunnel des Tauern vint faciliter ses relations avec la Bavière et l'Autriche. Il se peut que Trieste n'ait pas particulièrement à se louer de se trouver désormais dans les mêmes conditions douanières que Venise, et que d'autre part Fiumg attire à elle la plus grande partie du commerce jougoslave.

Outre Trieste, l'annexion de l'Istrie a donné à l'Italie l'excellent port militaire de Pola (60.000 hab.). Sur la côte dalmate. Fiume (50.000 hab.), jadisaménagé à grand frais par le gouvernement hongrois, a été reconnu indépendant par le Tr\ité dk Rvpallo (19ii0 , qui a cédéZai^a (loO.OOO hab.) h l'Italie.

4.— L'Italie péniusnlaire. — Sur une distance de 1.600 km, l'Apennin développe son arc montagneux et dessine la dorsale de l'Italie péninsulaire. C'est une longue chaîne qui, dans le S surtout, a été morcelée par les dislocations du sol, et qui s'épais- .sit fréquemment, du côté de l'W, par plusieurs systèmes de chaînes parallèles, enfermant entre elles de hautes vallées longitudinales, les conques. Par suite du déboisement excessif et du régime des pluies brusques et abondantes, l'Apennin comprend surtout des chaînes nues, dont les roches, généralement calcaires, étincellent sous le soleil, et dont les flancs sont couverts d'éboulis. Son altitude médiocre (2.914 m au Gran Sasso, le point culminant) exclut les neiges, persistantes et les glaciers : aussi n'alimente-t-il que des fleuves sauvages, très irréguliers, coupés de cascadea, et qui arrachent à la montagne les débris dont ils construiront les plaines basses. Des cols nombreux et souvent bas facilitent le passage d'un versant à l'autre ; dans le S de larges trouées s'ouvrent entre l'E et l'W.

Sur le versant tyrrhénien, les éruptions volcaniques anciennes ou récentes ont augmenté « le domaine de la terre aux dépens de la mer. Les nappes de tuf qui s'étendent au N et au S du Tibre, qui couvrent une partie de la Gampanie, ont épaissi le corps de la Péninsule; elles ont revêtu, pour ainsi dire, de chair le squelette des chaînes et sous-chaines apennines » (Vidal-Lablachiî). Et le Vésuve continue ce travail sous nos yeux.

La nature et l'orientation du littoral, ainsi que les nuances du climat, en général méditerranéen, mais plus vu moins chaud et plus ou moins sec, introduisent beaucoup de variété dans l'Italie péninsulaire; il est nécessaire de distinguer la Ligurie, l'Italie centrale, l'Italie du Sud, le littoral Adriatique.

a. La Ligurie. — L'Apennin ligure, étroit et percé de nombreux cols bas, tombe directement dans la mer en formant une côte rocheuse, ou corniche, abritée du mistral : la Rivière du Ponant (c'est-à-dire du Couchant) et la Rivière du Levant.

Suite de notre « Côte d'Azur », la Ligurie jouit, comme elle, d'un climat très doux; les stations d' hiver { Vintimille, Bordighera, San-Remo) y sont nombreuses ; comme sur la Côte d'Azur, les cultures en terrasses, fleurs et fruits, s'étagent sur les pentes.

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Cette étroite lisière littorale a une importance commerciale exceptionnelle. Grâce à l'enfoncement du golfe de Gênes, au peu d'épaisseur de l'Apennin et à la faible altitude des cols, elle est le débouché de la Lombardie et du Piéinont et par suite, dans une certaine mesure, de la 'Puisse, de V Allemagne rhénane, même de la Belgique et 'les Pays-Bas vers la Méditerranée. De là vient la fortune de Gênes (300.000 hab.), à l'issue de la route du col de Giovi, qui conduit vers la plaine d'Alexandrie.

L'ancienne république marchande, tombée en décadence après les découvertes de Colomb et de Gama, a espéré voir s'ouvrir devant elle une nouvelle carrière quand furent percés les grands tunnels des Alpes centrales et occidentales, mais ces espoirs ont été déçus : depuis 1900 le port de Gènes, trop étroit, est resté à peu près stationnaire ; il ne joue guère qu'un rôle national. Avec ses faubourgs de Savone et de Sampier d'Arena, Gênes est d'ailleurs devenue, grâce à la houille importée d'Angleterre ou d'Amérique, un grand centre industriel.

C'est également sur le littoral ligure, au fond d'une admirable rade, que s'est établi le principal port militaire de l'Italie, La Spezia (70.000 hab.).

Grâce à ces ressources diverses, la Ligurie a une population nombreuse, dont la densité dépasse 200

h. L'Italie centrale. — La partie de rAp(nnin qui forme l'ossatm'e de T Italie centrale comprend les chaînes parallèles de l'Apennin toscan et de l'Apennin romain, qui ne dépassent guère 2.000 m et entre lesquelles s'ouvrent de nombreux cols, puis le massif des Abruzzes, aux crêtes hardies voisines de 3.000 m, aux pentes raides et chauves s' abaissant vers des conques fraîches.

A l'intérieur de l'arc apennin deux grands cirques d'effondrement, Toscane et Latium, ont été partiellement comblés par les matières ignées qui ont fusé de l'intérieur du sol et par les alluvions des rivières. Les plaines basses (plaine de l'Arno, maremmes toscanes, marais pontins) résultent de l'accumulation de la a chair de montagne », déposée par les fleuves dans leur cours inférieur.

Aux points où les montagnes se rapprochent de la mer pllps forment des caps rocheux entre lesquels s'incurvenl.

au contact des plaines basses, des lignes de dunes et de marais. Le littoral vaseux et malsain de la Toscane et celui du Latium sont la partie la plus déshéritée des côtes italiennes.

Dans les vallées longitudinales de l'Apennin coulent des rivières, qui passent par un coude brusque d'une conque à l'autre, en formant des cascades si la différence de niveau est trop forte. Ces fragments de rivières, ajoutés bout à bout, ont fini par constituer des fleuves, dont la longueur est hors de proportion avec les dimensions de la péninsule. La largeur de l'Italie apennine ne dépasse guère 200 km, alors que l'Arno a 250 km de long, et le Tibre 400. Alimentés presque exclusivement par les pluies soudaines et abondantes de la saison froide, ces fleuves ont un régime très irrégulier et roulent une quantité énorme de matériaux .

Dans le climat de l'itaiie centrale se marque le passage du climat quasi continental de l'Italie du N au climat méditerranéen de l'Italie du S ; les différences d'altitude et d'exposition entraînent une grande variété dans le régime de la température et dans celui des pluies.

Sauf dans la montagne, les hivers sont doux et la gelée est tout à fait exceptionnelle : en janvier Florence a. une température moyenne de 5°, et Rome, plus méridionale, de 6^7. La chaleur est très forte pendant le long été : 25^1 à Florence en juillet, 24<>8 à Rome.

Les pluies courtes, brusques et abondantes (80 cm sur la côte, 1"',08 à Florence, 2 m dans la montagne) tombent surtout àl" automne et au printemps, et l'été n'en est pas dépourvu. Dans les plaines basses, à la fois chaudes et humides, et où les eaux croupissent à la surface du sol, sévit la malaria, propagée par les moustiques.

La grande chaleur et l'insuffisante humidité des éte's excluent de l'Italie centrale les prairies et les forets ; les montagnes seules, moins chaudes et plus humides, ont des pâturages à moutons et à chèvres et des maquis, imprudemment dévastés. Dans les conques fertiles et sur les pentes des collines sont les champs cultivés: céréales dans les hautes plaines, culture en terrasses de V olivier, de la vigne, sur les flancs des hauteurs littorales. Quant aux plaines côtières {maremmes toscanes. Campagne romaine, marais pontins), qui ont nourri dans l'antiquité une population nombreuse, elles ont été transformées en déserts par l'abandon des travaux de drainage depuis les

l'it.vlie 317

iovasions barbares. On y voit d'anciens villages ruinés, complètement vides d'hommes. Les plantations d'eucalyptus et la reprise des travaux de dessèchement contribueront à assainir ces pays, dont la fertilité naturelle est prodigieuse, et les rendront à la vie.

L'opposition entre les régions hautes, cultivables seulement pendant l'été, et les régions basses, où l'hiver est la saison active, entraîne un mouvement incessant des populations, des migrations intérieures dont le cours est réglé par celui des saisons : au début de l'automne, les montagnards viennent louer leurs bras aux cultivateurs de la plaine, et, après la moisson, les braccianti retournent chez eux pour y passer l'été et procéder à la récolte des plantes semées à l'automne ; de même, les troupeaux transhumants quittent au début de la saison chaude les pâturages de la plaine pour ceux de la montagne, d'où ils redescendront avant l'hiver.

Vinduslrîe souffre, dans l'Italie centrale, du manque de charbon ; ce sont les houilles anglaises qui alimentent de combustible les usines métallurgiques et mécaniques, ainsi que les manufactures de soie et de jute de la Toscane. Mais de plus en plus est utilisée la houille blanche de l'Apennin. L'extraction et le travail des marbres de Carrare, dnmiiierai de fer de Vile d'Elbe, du minorai de cuivre de la Toscane, du borax des soffioni, occupent un nombre assez considérable d'ouvriers. On ne saurait toutefois comparer cette activité à celle de la zone subalpine.

La population, à laquelle s'offrent des ressources médiocres, est très inégalement répartie. Les plaines littorales, infectées par la malaria, sont presque dése?'tes;\Q Latium et la montagne ont une population inférieure à 75 et souvent môme à 50 hab. au km'; en Toscane, en revanche, la densité dépasse souvent 100 ou 150.

Bien que cette population soit en grande majorité agricole, la vie urbaine est très développée dans l'Italie cen: traie. Peu de villages, surtout des bourgs ou des villes situées sur les hauteurs plus salubres, dans lesquelles le paysan rentre chaque soir après avoir cultivé son champ, situé parfois à une grande distance.

Ce développement anormal de la vie urbaine a eu pour causes le manque d'eau potable, l'impossibilité de résider à demeure dans les plaines à malaria, la nécessité de se grouper pour se défendre contre les attaques des pillards, si fréquentes autrefois, enfm le désir des grands propriétaires ruraux de rassembler sous leur main les travailleurs employés dans leurs domaines.

Outre ces petites villes {borghi), dont la population varie entre 2.000 et 20.000 hab., l'Italie centrale compte plusieurs grands centres urbains. Rares dans les Abruzzes, dans VOmbrie où Pérouse (Perugiaf) seule compte 70.000 hab., dans le Latium, où Rome (600.000 hâb.) est absolument isolée, ils sont nombreux dans la Toscane : Florence (Firenze)U\).OOOhaih., —UYOUTne{Lwor7io) 105 OOOhab., — Lucques (Lucca) 80.000 hab., — Pise (65.000 hab.),— PîS/oia (70.000 hab.).

Florence s'est fondée dans une des hautes plaines de l'Arno, au débouché des cols de l'Apennin, qui livrent passage aux routes et aux chemins de fer venus de la plaine du Pô inférieur, des pays-bas vénitiens et de l'Europe centrale. Elle occupe ainsi une position presque aussi centrale que Rome. La ville des Médicis, qui a conservé ses monuments du xv^ et du xvi« siècle, est, comme autrefois, une ville d'art et l'un des principaux foyers intellectuels de l'Italie. Son industrie, en revanche, a perdu beaucoup de son ancienne importance (chapeaux de paille tressée). C'est un* centre de culture des fruits et des légumes.

Florence était autrefois en relations avec la mer par le port de PisCf ancienne république marchande qui rivalisa à. la lois avec Gênes et avec Florence. Aujourd'hui Pise, ensablée par l'Arno, est à 10 km de la mer; le port de la Toscane est Livourne, qui s'est placé à l'écart des alluvions du fleuve. Livourne est le troisième port de l'Italie (après Gênes et Naples), et tend à devenir un foyer industriel.

La capitale de l'Italie, Rome, s'élève au milieu d'une des régions les plus déshéritées et les moins peuplées de la péninsule. Ici, point de banlieue; aux portes delà ville commence le désert. Mais il n'en a pas toujours été ainsi : la Campagne Romaine fut jadis une plaine fertile et florissante. D'autre part. Rome occupe une position centrale dans le Latium, et le Latium lui-même une situation centrale en Italie. La ville se fonda sur les pentes des sept collines découpées par les eaux dans le tuf de la Campagne romaine, au point où le Tibre assagi pouvait être franchi

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parut! pont et jusqu'où remontaient les barques de la mer. Elle put facilement dominer le Latium, par le Latium l'Italie, et par l'Italie le monde méditerranéen. Au veste, ce sont beaucoup plus les souvenirs historiques attachés au nom de Rome (capitale politique du monde antique, métropole religieuse du monde chrétien) que son importance ou sa position, qui ont fait choisir cette ville comme capitale intangible de l'Italie enfin unifiée. Dans l'Italie, moins fortement centralisée que la France ou l'Angleterre, Rome n'est pas capitale au même degré que Paris ou que Londres. Rome est dépassée en population par Naples, la plus grande ville de l'Italie, et presque égalée par Milan, la plus riche; elle est loin de jouer le rôle commercial de Gènes; enfin, comme centre d'activité intellectuelle, elle est égalée par Florence et par Turin. Mais la majesté de ses ruines antiques, la grandeur de ses monuments chrétiens, le caractère pittoresque de ses quartiers populaires, la splendeur de ses jardins en font une ville incomparable, malgré la fâcheuse modernisation qu'on lui a fait subir depuis qu'elle est capitale.

c. L'Italie du Sud. — Au S des Abruzzes, l'Apennin change de direction : il s'écarte de la côte adriatique et court tout droit vers le S. En même temps il diminue de largeur et se morcelle : de larges trouées, comme celle de Bénévent, facilitent le passage delà côte tyrrhénienne à la côte adriatique. Dans le S, la nature du sol change : aux roches calcaires de l'Apennin napolitain font suite les roches anciennes de la Calabre, souvent bouleversées par les tremblements de terre ; les granits et les gneiss atteignent une altitude de près de 2.000 m dans les massifs de la Sila et de VÂspromonte.

Sur le versant interne de l'Apennin, les plaines occupent un espace bien plus faible que dans l'Italie centrale. Les montagnes plongent presque immédiatement dans la mer. Aussi la côte, découpée en grands golfes demi-circulaires, est-elle ti'ès escarpée: les tours de guet racontent l'histoire des anciennes pirateries sarrasines pu normandes ; les maisons, qui sont souvent de type arabe, s'entassent le long de l'étroite marine et grimpent à l'assaut des montagnes, au milieu des vergers et des jardins en terrasses, où la terre est artificiellement apportée dans des paniers posés sur la tète des femmes.

La seule plaine qui ait quelque étendue est la fertile Campanie. Dans sa partie S, le sol est volcanique : les Champs Phlégréens sont semés d'anciens cratères dont la dernière éruption remonte au xvi« siècle. A l'extrême S se dresse le Vésuve, haut d'environ 1.300 m. Les îles du golfe de Naples, Ischia, Capri, sont elles-mêmes d'origine volcani(iue.

Principales puissances du monde. 20

L'Ilalie du Sud a un climat à la îoisplus chaudeùplas sec que lltalie centrale. A partir du 41® parallèle commence la zone où la saison sèche dure de quatre à cinq mois et où les pluies tombent presque exclusivement pendant l'hiver, par violentes bourrasques (bufcre). Les étés ne sont guère plus ardents que dans ritalie centrale, mais ils sont plus longs : les températures d'hiver sont plus élevées. Naples a une température moyenne de8°2 en janvier et de 24°3 en juillet. C'est également dans l'Italie méridionale que se fait surtout sentir l'influence de sirocco, le terrible « vent de plomb », d'origine africaine, qui accable bêtes et gens.

La végétaùion a par suite, dans l'Italie du Sud, un caractère nettement méditerranéen et semi-africain. On n'y trouve pas seulement Volivier, la vigne, le fromcnù de l'Italie centrale; les agrumes [orangers, citronniers, limoniers) y donnent d'excellents et abondants produits. Et même, dans l'extrême S, le cotonnier, le palmier, peuvent prospérer.

Les ressources essentielles de l'Italie méridionale sont des ressources agricoles; l'industrie Qsi presque nulle. Le blé dans les plaines fertiles, les orangers, les oliviers, la vigne dans les jardins en terrasses du littoral, Vélevage avec transhumance sur les pâturages des montagnes : voilà ce aont vit l'Italien du Sud. Et il en vit mal, car, en dehors des plaines de la Campanie, le sol est médiocrement fertile, la grande propriété est la 7xgle, et les procédés de culture sont généralement très arriérés.

L'avenir de l'Italie du Sud est dans la construction de grands barrages-réservoirs, qui. seront des accumulateurs d'énergie.

Malgré la déplorable situation économique actuelle, la population est nombreuse, trop nombreuse même dans les pauvres provinces montagneuses, Basilicate (50 hab. au km-) et Calabre (100 hab. au km-), qui fournissent l'émigration un contingent important. Dans la riche Campanie, la densité de la population atteint 200 hab. au km^

Plus encore que dans l'Italie centrale, les habitants soi, fortement groupés dans les borg/ii aux allures de forteresses. Sur la côte sont de petits ports. Salerne (50.000 hab.), Amalfi, Reggio de Calabre (45.000 hab.), qui domi-

nèrent la Méditerranée au temps des Croisades, et dont les hardis marins vont pêcher le thon, Vanchois, la sardine, les éponges dans la mer T3-rrhénienne et jusque sur les côtes de l'île de Crète, de la Tunisie et de l'Algérie. Enfin, 'i Campanie a la plus grande ville de ITtalie : Naples.

''resque au pied du Vésuve, dans un golfe merveillensement

•oupé [fig. p. 351), s'étend Naples [Napoli\ 700000 hab.,

entourée elle-même d'une foule de petites villes Pouzzole^,

Portici, Résina. Torre del Greco, Tqrve Annunziata, Boscoreale,

Castellamare. etc.), dont le total forme

.^éff/ons /jaa/es

Chemins a^e fer

Fig. 414. — Naples et ses environs.

Les noms des villes détruites par l'éruption de 79 sont soulignés.

presque continue d'«n million dhab., population extrêmement serrée [fig. p. 352') où, comme dans toute l'Italie du Sud et la Sicile, les éléments les plus divers, grecs, sarrasins, normands, espagnols, ont altéré la pureté du type italien.

Naples doit sa fortune à l'extrême richesse du sol de la Campanie et à sa situation au fond d'un golfe très sûr. à l'issue de la trouée de Bénévent, à peu près à égale distance de la Sardaigne et de la Sicile. Elle est devenue le second port de l'Italie, après (lénes ; mais ni son importance industrielle ni son importance intellectuelle ne sont en rapport avec son importance commerciale.

d. Le littoral Adriatique. — Sur son liersanlj^xterm l'Apennin central, jusqu'aux Abruzzes inclusivemen s'abaiss3 lentement vers la côte redûigne de l'Adriatiqu

Fiff. iJ;

Ln carrefour de îsapws.

Dans cette partie du littoral, étroite, peu découpée, exposée aux coups de bora, faisant face à une côte balkanique sans arrière-pays, la vie maritime esl peu développée. Le seul port notable est Ancône (70.000 hab.), l'ancienne capitale des Marches pontificales, escale de la navigation entre Venise et Brindisi.

Plus au S, l'Apennin s'écarte de la mer. C'est la région des Pouilles, ou de l'Apulie, ouverte à la ?ois sur la Mer Adriatique et sur la .Mer Ionienne, où se creuse le golfe de Tarenle.

Orientée vers les pays helléniques, cette partie de la, péninsule fut la première à entrer en contact avec la civilisation grecque. C'est l'ancienne Grande-Grèce, et des éléments grécoalbanais figurent encore dans sa population.

Pays du froment, du vin, de Vhuile, les Fouilles ont une popiUation nombreuse (plus delOOhab. au km-), concentrée surtout dans les nombreuses villes qui se suivent à des intervalles de deux ou trois lieues le long du littoral. Les principales sont Bari (110.000 hab.), Foggia (80.000 hab.). Andria (50.000 hab.), Tarente (-70.000 hab.), centres d'exportation des produits agricoles, et ports de pêche très actifs. Bien qu'il n'ait que 25.000 hab., Brindisi est plus important: situé à l'extrémilédela Péninsule. C.U point où convergent les voies ferrées venues de Ja plaine subalpine le long de la côte adriatique par Bologne '^t Ancône, ou le long du versant interne de l'Apennin par .enes, Florence, Rome, Naples et la trouée de Bénévent, Brindisi est le point de départ de la route maritime pour les voyageurs venus de l'Europe du Nord-Ouest à destination de l'Orient et de l'Extrême-Orient.

5. — La Sicile. — Le détroit de Messine, large de 3 à 4 km seulement, sépare de l'Italie péninsulaire la plus grande des îles méditerranéennes, la Sicile, dont la superficie équivaut à peu près à celle de 5 à 6 départements français. Elle est très étroitement liée à l'Italie du Sud, avec laquelle elle formait le royaume des Deux- Siciles.

La Sicile est couverte presque entièrement de montagnes. Une seule plaine assez étendue, la plaine de Catane, est dominée par l'énorme masse volcanique de l'Etna, dont le pourtour a 145 km et dont le sommet s'élève à 3.274 m.

La Sicile, montagneuse, a un littoral élevé et très découpé, qu» présente aux navires un grand nombre d'abris et a favorisé le développement de la vie maritime.

Son climat, plus chaud et plus sec encore que celui de l'Italie méridionale, est presque africain : Palerme a une température moyenne de 11° en janvier et de 25°4 en juillet. Aussi la végétation n'est-elle pas interrompue pendant l'hiver; le palmier, le

figuier de Barbarie, le cotonnier, le bananier, la canne à sucre y croissent spontanément, ou ont pu s'y acclimater.

Sur ce sol, volcanique ou fertilisé par les poussières volcaniques, et sous ce climat, V agriculture donne des produits abondants et variés. La Sicile, autrefois grenier de l'Italie, récolte encore beaucoup de blé: Les cultures de jardin occupent les plaines littorales : plaine de Gatane et Conque d'Or de Palerme. Les pentes sont consacrées à la culture de la vigne oxy. aux cultures arbustives, dont la principale est celle de Voranger.

Le cultivateur peut faire des récoltes de fruits toute l'année .en avril, ce sont les fraises, les cerises, les nèfles, — en mai, les amandes, les figues, lesabricots, les pêches, — en juin et juillet. les fruits de nos pays, — d'août à octobre, les raisins et les melons, — en n vem')ie et en décembre, les mandarines, — de anvier à aviil, les oranges.

Le sous-sol offre également des ressources : la Sicile es; le seul pays d'Europe qui produise le soufre en abondance.

Aussi la population est-elle nornbveuse (142 hab. au km-). Mais, en dépit de la fertilité du sol, beaucoup de Sicilens sont réduits à la misère par les mauvaises conditions sociales (abus de la grande propriété) et par la concurrence de plus en plus grande que rencontrent les produits siciliens.

Sur le littoral se trouvent les principales villes : Palerme (350.000 hab.) au milieu de la belle et fertile, mais étroite Conque dOr, — Catane (220.000 hab.), au pied de l'Etna, dans la plus riche plaine de la Sicile ; — Messine., qui compte loO.OOO hab. malgré le tremblement déterre de 1908. Deux autres villes, situées toutes deux dans la Sicile occidentale, ont 60.000 âmes : Trapani Qi Marsala.

0. — La Sardaigae. — La Sardaigne, pays de maquis assez semblable à notre Corse, n'a pas la richesse agricole de la Sicile ; on n'y compte pas plus de 34 hab. au km- {Cagliari : 60.000 âmes), et k population, atteinte par la malaria, est dans un état peu avancé. Cependant, grdce

aux eirorts du gouvernement italien, dé grands travaui d'assainissement ont été entrepris, les voies de communication se multiplient, l'agriculture se perfectionne, Télevage des bêtes à cornes se développe, ainsi que la fabrication des produits de ferme. Les richesses minérales sont assez grandes.

Voir p. 370.

OUVRAGES A CONSULTER

QUESTIONS A ÉTUDIER

Le Pô, étude de fleuve.

Les côtes de l'Italie.

Les grandes villes italiennes : expliquer leur localisation et leur Importance.

Venise et Gênes : leur passé, leur présent, leur avenir.

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