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CHAPITRE XVIII

L'ITALIE POPULATION, DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Population. — Le Royaume d'Italie a 38 millions d'hab,. très inégalement distribués. La densité (124) est particulièrement élevée pour un pays aussi montagneux.

Àgriciiltuè'e. — Près de la moitié du territoire est en culture (céréales, vigne, chanvre, mûrier) On élève le gros bétail au N, le mouton au S. La pêche est prospère.

Industrie. — Faute de houille, l'Italie concentre ses industries textiles \SOie, coton) au pied des Alpes et sur le littoral toscan.

Voies de conitnufiication et ports. - Seule, la plaine du Pô a des voies navigables ; le réseau ferré y est beaucoup plus serré que dans la péninsule. La flotte marchande se développe, principa lement à Gênes, Naples, Livourne et Palerme.

Cotnmerce. — En 1913, il dépassait 5 milliards; les importations (matières premières, objets manufacturés) l'emportaient sur les exportations (produits alimentaires, soie).

Etitigration, coJotkies . — Trop nombreux pour un sol insuffisamment nourricier, les Italiens émigrent plus qu'aucun autre peuple européen (700 000 par an avant la guerre). Cette émigration profite à des pays étrangers ' États-Unis, Amérique du Sud, Tunisie beaucoup plus qu'aux petites colonies italiennes {Libye, Erythrée).

LiU pttissatioe italietttie. — Le canal de Suez a rendu à l'Ita. lie son importance commerciale, mais cette prospérité ne repose pas sur des bases très solides.

1. — ropuiation. — Sur un terrain d'environ 300.000 km-, qui n'est pas beaucoup plus étendu que la moitié de la France, l'Italie r^ compte guère moins d'habitants que notre pays : plus de 38 millions.

La densité moyenne est ainsi de 124 hab. au km <;hifTre très élevé si Ton songe que la péninsule et les îles sont trèé montagneuses et que, dans maintes régions. In sécheresse rend impossible la grande culture des céréales.

D'ailleurs la densité est très variable saivant les zones {fig. D. 357). Elle dépasse 150 dans \h plaine subalpine, sur la c.'>

lif/ure. en Toscane, en Campante, sur la côte des Fouilles et 'dans les plaines littorales de la Sicile, toutes régions fertiles, dont quelques-unes sont devenues des centres d'activité industrielle. Elle est, au contraire, inférieure à 50 dans la région proprement alpestre, dans V Apennin romain, dans les Marenîmes toscanes, la Campagne Romaine et les Marais Pontins, sur les côtes à malaria

Fig. 116. — Densité de la population en Italie.

du golfe de Tarente, dans les montagnes de la Calabre et dans la majeure partie de la Sardaigne.

Bien que les 2/3 de la population italienne vivent de l'agriculture ou de la pêche, les conditions sociales et climatiques ont amené un développement anormal de la vie urbaine. Non seulement l'Italie compte bon nombre de grandes villes dont 14 atteignent ou dépassent 100.000 hab.. mais encore la plupart des travailleurs agricoles de l'Italie centrale et surtout de l'Italie

3o8 LES PRINCIPALES PUISSANCES DU MONDE

méridionale vivent dans des bourgs ou de petites villes: le plat pays, où sévit la malaria et que désola longtemps lé brigandage, est presque désert,

La population italienne, malgré une très fo7He nalalitéy ne s*accroît pas avec la même rapidité que celle de plusieurs autres pays de l'Europe : de 1850 à 1900, le nombre des habitants de l'Italie ne s'est augmenté que de 36 p. 100, alors que l'augmentation correspondante était de 49 p. 100 en Autriche-Hongrie, de 52 p. 100 dans le Royaume-Uni, de 59 p. 100 en Allemagne, et de 81 p. 100 en Russie (en France : 14 p. 100). C'est que la mortalité est également très forte parmi cette population pauvre, ignorante et insoucieuse des règles de l'hygiène, atteinte de maladies spéciales (la pellagre, etc). C'est aussi que V émigration enlève chaque année à l'Italie plusieurs centaines de milliers de ses nationaux.

L'Italie est une des rares nations de l'Europe, dont Vunité linguistique et religieuse soit presque complète. Avantla guerre les non-Italiens (Vaudoisdu Piémont, etc.), de môme que les non-catholiques, étaient quantité tout à fait négligeable. Les traités de Saint-Germain et de Rapallo ont annexé à l'Italie quelques centaines de mille d'Allemands (Tirol) et de Yougoslaves (Istrie, Dalmatie), qui ne constituent néanmoins qu'une bien petite fraction de la population italienne.

En revanche, des groupes importants de populations de langue italienne ou d'origine italienne vivent dans des pays que l'Ilalie unifiée a dû laisser en dehors de ses limites; 400.000 en Corse et à mce, 200.000 dans les vallées de la Suisse méridionale, prde 200.000 à Malle.

Il existe entre les Italiens de sensibles différences. No!^ seulement les habitants des diverses régions font usag de dialectes assez éloignés de la langue écrite (piVmow/ats, lombard, frioulan, toscan, romain ^napolitain, sicilien); ils se distinguent encore par leur caractère et leurs aptitudes, souvent même par le type physique.

Le Piémontais est ua rude travailleur, âpre au gain. Le Lombard, non moins actif, est plus affiné. Le Napolitain, dont le type brun et la petite taille s'opposent au type blond et à la haute stature du Lombard, est léger, indiscipliné, désordonné; violent et passionné, il est aussi prompt au découragement qu'à l'entreprise. Le Sicilien, sombre et taciturne, est enclin à la vendetta; mais il se distingue heureusement du Napolitain par son énergie et son esprit d'économie. Dans l'ensemble, le peuple italien, très sobre, peut-être parce qu'il est de longue date accoutumé à la misère, se contente d'un maigre salaire, — ce qui fait de lui un concurrent redoutable sur le marché du travail.

Le Royaume d'Italie est administrativement divisé en 61 provinces, un peu moins grandes que nos départements. "Ces provinces se groupent en régions (compû?'- Champs timenti) correspondant aux anciennes divisions historiques.

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