‹ Les principales puissances du mondeChapitre 10 sur 100 · kil. car. 26.590.000 hab · texte numérisé non relu

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navigable, et des bêtes de somme, que la mouche tsétsé faitpe'rir, une voie ferrée est en construction vers l'intérieur. Elle atteint actuellement 360 kilomètres de développement, d'autres sont projetées pour drainer la Ibrétet permettre l'extension des cultures.

Le commerce s'élève à près de 50 millions de francs, en majeure partie avec la métropole qui, en échange des produits énumérés ci-dessus, importe des cotonnades et des alcools (1).

Côte d'Or. — Bien que plus étendue et plus peuplée, la colonie de la Côte d'Or, qui longe le golfe de Guinée entre la Cote d'Ivoire Irançaise et le Togoland allemand, n'a pas une importance beaucoup plus grande que celle de Sierra Leone, à laquelle elle ressemble singulièrement par ses traits pliysiques, par sa population et par ses productions. Même forme de relief, incliné du nord au sud, du plateau nigérien à la mer; côte plus mauvaise, bordée de lagunes, et frangée par la « barre », ligne de hauts fonds où déferlent des lames terribles; même climat, un peu plus humide toutefois et malsain ; mêmes cours d'eau inutilisables ; cependant la Volta reçoit quebjues petits vapeurs à fond plat.

Les productions sont à peu près semblables; les cultures ont un peu plus d'étendue que dans Sierra Leone. L'or du pays des Achanti donne lieu à une exploitation assez active (6.400.000 fr.).

Les communications sont assurées par quelques routes de portage et par un chemin de fer, de 270 kilomètres, dont les deux terminus actuels sont Coumassie, l'ancienne capitale des Achantis, dans l'intérieur, et Sekondi, sur la côte, où des travaux ont été faits pour un port (2).

Région du Bas-Niger. — A côté de ces possessions d'importance médiocre, le Royaume-Uni possède, au fond du golfe de Guinée, entre le Dahomey français et le Cameroun allemand, un territoire qui s'avance jusqu'au lac Tchad, et englobe tout le cours inférieur du Niger et de la Bénoué. Partagées entre la colonie de Lagos et les protectorats de la Nigeria, ces possessions forment un bloc d'environ 1 million de kilomètres carrés, peuplé de près de ■24 millions d'habitants.

1} Commerce de Sierra-Leone (en millions de francs).

Importations. Eiportations.

Moyenne 1899-1905 l.j.l 10. 1

(2) Commerce de la Côte d'Or (en millions de francs).

Importations. Exportations.

Moyenne 1899-1905 52.8 21.7

Les frontières, qui ont été souvent remaniées, ont été tracées par dos diplomates, surtout soucieux de partager également le pays; elles suivent en général des méridiens et des parallèles, et n'ont ([ue de très vagues rapports avec la géographie. Aussi est-il difficile de décrire le pays.

Cependant, on peut dire que la ^^igeria comprend tout le bassin inférieur du Niger et s'étend au nord jusqu'à la limite du désert, les (( terres légères » que lord Salisbury avait laissées à la France. A l'est, elle atteint le lac Tchad, et la limite du bassin du Chari €t du Congo.

Le relief, à l'ouest du Niger, est à peu près analogue à celui des autres colonies de Guinée, c'est le versant méridional du plateau, qui s'éloigne de plus en plus de la côte, et que le Niger descend aux rapides de Boussa. A l'est du fleuve, et au nord de la Bénoué, sont les plateaux relativement élevés et salubres du Haoussa, les steppes du Sokoto; au sud de la Bénoué, les massifs élevés de l'Adamaoua sont coupés par la frontière du Cameroun allemand. Du côté du lac Tchad, le relief est insensible, les affluents de la Bénoué et ceux du Logone s'entremêlent dans de grands marécages.

Le littoral est bas, bordé des lagunes et de la barre guinéennes; le delta du Niger est une région amphibie, comparable avec celui du Gange par l'entrelacs de bras, faux bras et marais.

Le climat, de moussons, humide sur la côte, où Lagos a plus de six mois de pluies, est plus sec et plus sain à mesure qu'on s'approche du désert dans le nord. Les explorateurs assurent que le Haoussa et le Sokoto sont habitables pour les Européens.

Toute l'hydrographie se résume dans le Niger et la Bénoué. Le premier n'a que son cours inférieur dans la Nigeria, mais ces 800 kilomètres environ sont plus utiles que les 3.600 du haut cours. En effet, après les rapides de Boussa qui ne sont pas infranchissables, mais difficiles à passer, le Niger est en plaine. Il coule lentement, ses eaux sont profondes, et les deux crues annuelles, qu'il doit à un double passage dans la région tropicale, lui assurent une régularité de débit que n'ont pas les autres cours d'eau de la même zone. Malheureusement, son delta est difficile, aucun des bras innombrables qu'il projette n'a une profondeur suffisante pour assurer en toute saison la communication avec la mer.

La Bénoué est navigable pendant la saison des pluies sur la plus grande partie de son cours et peut, on Ta appris récemment, assurer une voie relativement facile de pénétration vers le Tchad. Mais, pendant la saison sèche, les bancs de sable arrêtent les

navires. Les autres cours d'eau n'ont pas d'importance : ceux du nord, Sokoto ou Yeou, ne sont que des oueds le plus souvent à sec.

Les populations sont assez denses, et diverses. La masse est formée de nègres, dont certains ont atteint quehjue degré de civilisation, et sont aptes au travail : tels les Haoïissa, les Bcni et les Ibo, renuirquahles agriculteurs. Au-dessus de cette masse noire, des peuples d'origines variées et de peau moins sombre se sont superposés, comme les Peulhs, les Maures et les Arabes. La religion musubnane fait de grands progrès dans le nord, mais la majeure partie de la population est idolâtre et plus ou moins cannibale.

Sauf sur les rives des fleuves, le pays est peu connu, nominalement dominé par l'Angleterre et absolument pas colonisé. Aussi les productions sont-elles des plus primitives. Ce sont encore, comme dans les colonies dont nous venons de nous occuper, les produits des forêts, bois précieux, caoutchouc, beurre, ivoire, huile et amande de palmiers, puis les arachides et d'autres fruits des cultures indigènes. On essaie de cultiver le coton, mais si le Lagos en produit déjà, les expériences sont à peine commencées pour la Nigeria, Le climat semble cependant bien humide, au sud, pour que la qualité de la fibre soit bonne.

La grande voie de communication est fournie par le Niger et la Bénoué; le premier permet de remonter jusqu'au pied du plateau. En dehors de ces fleuves, il n'y a que des routes de portage, c'est-à-dire un des moyens les plus coûteux et les plus inhumains de transport. Une voie ferrée de pénétration est en construction dans le Lagos, elle va de Lagos à Ibadan, par Abeokouta, avec une longueur d'environ '200 kilomètres. Elle sera prolongée plus tard jusqu'au Niger.

Le commerce est encore faible; en échange des produits du sol, le pays reçoit des cotonnades, alcools, objets de bazar encore ap[)réciés par ces peuples primitifs. Mais un transit assez actif a lieu, et aura surtout lieu plus tard avec les possessions françaises. Déjcà beaucoup de produits à destination ou en provenance du Dahomey empruntent la voie de Lagos, plus sûre que celle de Kotonou, dont le port est dangereux. Le Bas-N'ger doit, d'autre part, servir à transporter les produits du Soudan français, et la Bénoué forme, paraît-il, la voie la plus courte pour atteindre nos établissements du TchatI et du Chari. Les derniers traités ont assuré la libre navigation de ces fleuves, et la France a obtenu à bail deux enclaves, l'une à Forcados, sur une brandie navigable du delta, l'autre, sur le Niger, non loin des chutes de Boussa. La

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