DEUXIÈME PARTIE CONGO BELGE
Le Congo Belge, récemment annexé (1909), occupe la majeure partie du bassin du Congo, c'est-à-dire le centre de l'Afrique équatoriale. Traversé par l'Equateur, il s'étend, sans limites vraiment naturelles, du 5° de latitude septentrionale au 14" de latitude méridionale, et de l'Atlantique, 10% au plateau des grands Lacs et à la ligne de partage des eaux avec le Nil, 28" de longitude orientale de Paris. Congo Français à l'ouest ou au nord, dont le sépare le cours du Congo, de l'Oubangui et du Mhomou, Soudan Egyptien et Afrique Orientale Allemande à l'est, le Tanganyika formant le fossé, Afrique Centrale Anglaise et Sud-Ouest Africain Allemand au sud, sans limite naturelle, Angola Portugais à l'ouest, sont les pays limitrophes.
La superficie est de 2.382.000 kilomètres carrés environ, soit l^rès de quatre fois et demie la France.
Géographie physique.
Composition et relief du sol. — Le bassin du Congo est un véritable bassin. Non qu'il soit, suivant la définition antique du mot, entouré d'une ligne de montagnes continue; mais c'est une cuvette, déprimée au centre, relevée sur ses bords, « un chapeau de feutre, disait Livingstone, dont la calotte serait enfoncée, et les bords bossues ».
Le sol est, tout entier, d'origine très ancienne, roches cristallines, sur lesquelles se sont accumulés des dépôts lacustres, et surtout la latérite, grès ferrugineux qui couvre de vastes espaces dans le sud. Les érosions postérieures ont raboté cette surface et l'ont partagée en terrasses superposées du nord au sud et de l'est à l'ouest. Le rehef véritable se trouve à la périphérie. A l'ouest, le long de la côte de l'Atlantique, le plateau se relève en un soulèvement auquel on donne, près du Ileuve Congo, le nom de monts de. Cristal (1.700 m. au maximum). Au nord, la séparation entre le bassin du Congo et ceux du Tchad et du iNil n'est marquée par aucune dénivellation appréciable, surtout dans le pays des lUvières. A l'est, le plateau des grands Lacs est bordé par le soulèvement
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considérable du Roouciizori (0.000 m. environ). Du côlé du Sud, le relief est peu connu, cependant les monts Mitouuiba et Kaoniba s'intercalent entre les bassins du Congo et du Zambèze.
A l'intérieur, des lignes de falaises orientées du sud-ouest au nord-est séparent les difl'érentes terrasses, comme les degrés d'un escalier. La partie la plus déprimée est au pied des monts de Cristal, au Stanley-Pool.
Le Congo Belge n'arrive à la côte de l'Atlantique que ]tar l'estuaire même du fleuve.
Climat. — Traversé par l'Equateur, le Congo est soumis au régime équatorial et, à son extrémité méridionale, au climat tropical. Les températures varient peu. Les moyennes des mois les plus chauds et les plus froids oscillent entre '21" et 28° ; en cci-tains points même, les variations du thermomètre ne sont pas plus appréciables que, chez nous, celles du baromètre. Les pluies, comme dans toutes les régions équatoriales, sont abondantes et fréquentes : sous ré((uateur, et jusqu'aux 5" nord et sud, elles tombent toute l'année et tous les jours, plus au sud se produit la répartition en deux saisons, caractéristique de la zone tropicale. La moyenne, sur le plateau, est de 1 à 2 mètres. D'une façon générale, le climat est très insalubre pour les Européens.
Cours d'eau. — Un seul fleuve, mais gigantesque. Le Congo est le deuxième fleuve du monde non par sa longueur, qui n'est que de 4.500 à 5.000 kilomètres, suivant la branche que l'on choisit comme source, mais par la superficie de son bassin (plus de o millions de kil. car.) et par son débit (70 à 80.000 m. c. en moyenne).
11 prend sa source par deux branches : l'une, la plus communément considérée comme maîtresse, est le Tchambési, qui descend du plateau d'entre Tanganyika et Nyassa, puis, changeant souvent de nom, traverse les lacs Bangouélo, Moéro et Landji. L'autre, le Louboudi ou Kamolondo, descend des monts Kaomba, à la limite du domaine zambézien. Réunies sous le nom de Loualaba, les eaux se dirigent vers le nord, descendent le premier étage du plateau aux chutes de Hindé et, après Nyangoué, entrent dans la grande forêt. Un second degré est franchi, sous l'équateur, aux Stanley-Falls, puis le Congo, toujours dans la foi'èt, décrit une grande courbe comparable à celle de notre Loire. C'est un fleuve majestueux, enserrant des îles boisées dans les divers bras de son lit, large de 50 kilomètres quelquefois. 11 est alors remarquablement navigable, repasse l'équateur à Equateurville, puis, au pied des Monts de Cristal, s'épanouit en un lac, plus grand que celui de
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