VOIES TRANSATLANTIQUES
çais de Brest à Dakar et un câble de Dakar à Pernambuco. En outre, les relations avec l'Europe sont assurées par le raccordement des câbles aboutissant aux Antilles avec ceux des Guyanes et du Brésil.
De grandes compagnies de navigation, dont les steamers sont moins gros et moins rapides et dont les dates de départ sont moins fréquentes que pour l'Amérique du Nord, desservent les grands ports d'Amérique du Sud. En général, ils font escale à Lisbonne et à Dakar, pour se rapprocher de la zone de moindre largeur de l'Atlantique sud. Les principaux services sont encore ceux d'Angleterre, d'Allemagne et de France.
11 est important d'observer que la plupart des grandes lignes de navigation que les marines du nord ont établies avec l'Amérique centrale et les Antilles ont pris des points de départ depuis quelque temps sur les côtes de l'Europe méditerranéenne. Il y a deux raisons principales de cette transformation des itinéraires. D'une part, certains voyageurs riches commencent à recliercher l'avantage d'une traversée de l'Atlantique dans la zone peu agitée des alizés. C'est ainsi qu'entre les ports de la Méditerranée et la Nouvelle-Orléans ou Galveston, on peut, moyennant quelques jours de mer de plus et quelques heures de parcours en wagon sur les deux continents, s'assurer une traversée plus confortable. Enfin la mode s'est établie des navigations d'agrément entre le nouveau et l'ancien monde : les Allemands ont consacré à cette œuvre de science doublée d'une alTaire de commerce quelques excellents navires. Ce sont, en effet, les armateurs allemands qui tirent le plus grand bénéfice de ce développement des croisières d'agrément. Deux compagnies maritimes, les deux plus importantes, la Hambourgeoise Américaine et le Nord-Deutscher Lloyd, transportent les voyageurs de la Méditerranée à New-York : les points de départ sont Gênes, Palerme, Naples, et c'est de Naples que l'on va à New-York. Les navires du Nord-Deutscher Lloyd mènent de Gènes à Naples, puis à Gibraltar et à New-York. On constate que ces lignes de navigation font à la fois du cabotage en Méditerranée, où elles se substituent avantageusement aux marines locales, et gagnent la faveur des passagers au long cours par les grandes dimensions et la vitesse des navires. Quant aux croisières proprement dites, l'une, celle de la Compagnie Hambourgeoise Américaine, a lieu en hiver : le navire, somptueusement installé, quitte New- York avec de nombreux passagers riches d'Amérique qui sont curieux de souvenirs historiques et d'archéologie.
Rapports de l'Europe avec les pays du Pacifique sud par l'Atlantique. — L'Europe est en relations même avec les pays
de rAniéri([uc du Sud baignés par le Pacifique grâce à une prolongation d'itinéraires des navires qui ont déjà traversé l'Atlantique sud et qui gagnent le Pacifique, par le détroit de Magellan. C'est le chemin le plus court et le plus avantageux jusqu'au jour où le percement du canal de Panama ouvrira une route, plus brève pour mener dans les pays du nord, concurrente et égale pour mener au Chili. En attendant, les services maritimes du Sud-Amérique Pacifique sont une annexe des services de l'Atlantique sud. Quand le chemin de fer transandin, entre Buénos-Ayres et Valparaiso, sera achevé, le trafic des voyageurs doublant le sud de l'Amérique tombera sans doute en rapide décroissance. Dès maintenant, cerlaines compagnies de navigation, comme la Compagnie de la Royal Mail anglaise, ont passé des conventions avec la Compagnie de chemins de fer de Colon à Panama, de telle sorte que les voyageurs trouvent de l'autre côté de l'isthme un paquebot qui les mène aux ports de l'Amérique du Sud par une mer moins orageuse que celle du cap Horn. Dès aujourd'hui, la plupart des grandes compagnies européennes qui touchent Buénos-Ayres, comme la Royal Mail de Southampton et les Messageries Maritimes de Bordeaux, ont accepté la combinaison de billets qui assurent aux voyageurs le passage de Buénos-Ayres à Valparaiso par la Cordillière des Andes à l'aide d'un transbordement, jusqu'à l'achèvement des tunnels dans les montagnes.
Les compagnies de navigation qui vont jusqu'au Pacifique en traversant l'Atlantique et en doublant le cap Horii, sont la Pacific Steam Navigation Company de Liverpool qui dessert chaque quinzaine la Pallice-La Rochelle, Bordeaux en France, la Corogne,Vigo en Espagne, ou Lisbonne, Saint-Vincent, Pernambuco, les ports du Brésil et de l'Argentine et ceux du Pacifique jusqu'à Valparaiso. La principale concurrence lui vient de la Kosmos allemande de Hambourg qui dessert Anvers, Londres ou Gênes. Cadix, avant de faire Ja traversée de l'Atlantique et du Pacifique.
Relations de l'Europe avec l'Afrique occidentale. — A mesure que le courant commercial qui unissait les riches pays civilisés de l'Europe aux pays de production intense des Antilles et de l'Amérique centrale s'est ralenti à cause de la concurrence de l'Amérique boréale tempérée, un nouveau courant de commerce s'est dessiné plus accentué entre l'Europe et l'Afrique occidentale, oïl la France, l'Angleterre ont fondé des empires coloniaux de grande importance, où l'État du Congo s'est rapidement développé, où l'Allemagne a acquis aussi quelques colonies. La plupart des services de navigation qui fréquentent l'Afrique occidentale sont assurés par
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dos navires de marche assez lente et propres surtout à transporter les marchandises telles que l'huile de palme, les arachides, etc., etc.
Au premier rang de ces entreprises est une compagnie allenMiido, hien que l'Allemagne ait singuliôrcmeiit moins acquis de colonies et moins dépensé pour les ac(iuérir que la France et l'Angleterre : mais justement celte compagnie allemande vit beaucoup des colonies françaises et anglaises. C'est la Compagnie Woermann, de Hambourg, qui, chaque mois, envoie de Hambourg à Anvers, puis à Madère, aux Canaries, à Dakar et dans toutes les escales d'Afrique occidentale, des navires de 2.000 à 4.000 tonnes fort bien installés. Les colonies allemandes forment un appoint insignifiant du commerce de cette grande compagnie navale. La Grande-Bretagne, puissance navale et coloniale si importante dans ces parages, envoie chaque quinzaine les navires de la British and African Steam Navigation Company : ces navires ont Liverpool pour point de départ et desservent toute l'Afrique occidentale, La France est représentée dans ces parages par la Compagnie des Chargeurs Béunis, partant du Havre, puis de Bordeaux pour Dakar et toute la série des escales déjà nommées. Tous les deux mois, la Compagnie Fraissinet, de Marseille, envoie ses navires vers Oran, Las Palmas, Dakar, etc. En outre, nos trois compagnies des Messageries Maritimes, des Transports Maritimes à vapeur et des Chargeurs Réunis touchent Dakar pour gagner les ports de l'Amérique du Sud atlantique. Les progrès du commerce sont très considérables dans ces parages. La construction de chemins de fer qui amènent les produits de l'intérieur a déjà produit de très heureux effets : l'introduction de la culture du coton dans les colonies anglaises et françaises va stimuler grandement le trafic. C'est une revanche partielle du recul que subit le négoce européen dans les parages de l'Amérique tropicale. On observera que, dans ces pays où l'effort colonial a été surtout français et anglais, le commerce a pris une tournure internationale qui trompe dans une certaine mesure l'espoir des fondateurs de colonies nationales. La formation d'une sorte d'État colonial belge, sous couleur d'État international, dans la plus grande partie du Congo, a amené la fondation d'une Compagnie belge maritime du Congo qui, tous les deux mois, au départ d'Anvers, envoie d'excellents navires vers Boma Matadi et par Ténérifl'e, Sierra- Leone, etc.
Relations de l'Europe avec les pays riverains de la Méditerranée. — Les pays riverains de la Méditerranée sont parmi ceux qui ont suscité les plus anciennes et les plus fructueuses relations avec les grands États commerçants d'Europe. Tout d'abord
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senfragent sur place, et à l'intérieur de cette mer, des rapports particulièrement intéressants de métropole à colonie, coniffie ceux qui unissent la France k l'Algérie et au protectorat tunisien. Dans le bassin occidental, c'est en elïet le pavillon français qui domine et même, peut-on dire, l'intérêt français, car le grand trafic qui se développe entre la France et l'Afrique est bien une sorte de trafic intérieur entre Français d'Europe et Français d'Afrique. On sait la fréquence et la rapidité des relations qui existent entre Marseille et les autres ports français comme Cette et Port-Vendres d'une part, et de l'autre Tunis elles ports tunisiens, Philippeville,Bône, Alger, Oran, etc., etc. La fréquence même de ces relations empêche qu'on y puisse employer de très grands et de très rapides navires qui ne couvriraient point leurs frais : néanmoins on va de Marseille à Alger en 25 heures environ par service rapide. Les compagnies qui assurent ce service sont surtout la Compagnie Générale Transatlantique, propriétaire des navires les plus rapides, la Compagnie de Navigation mixte ou Touache, et la Compagnie des Transports maritimes à vapeur. Sur cette face de son littoral, la France a une activité maritime vraiment grande : mais il est certain que l'accroissement des relations entre notre pays et l'Algérie a amené une décroissance de nos échanges avec les pays du Levant, Asie Mineure et Syrie, qui fournissent en partie les mêmes produits.
Des lignes de navigation bien organisées maintiennent nos rapports avec les pays du Levant, Egypte, Syrie, Asie Mineure, Grèce et Turquie. Les services postaux rapides, par grands et confortables navires, sont assurés par notre Compagnie des Messageries Maritimes, dont les paquebots restent fort recherchés par les étrangers à cause de leur installation luxueuse et de leur marche régulière. Cette compagnie dessert les ports de la Grèce et la mer Noire, puis l'Asie Mineure avec Smyrne comme point d'attache, enfin les Échelles de Syrie. Malgré l'organisation de rapides services transcontinentaux menant à Constantinople, et de services d'abréviation conduisant à l'extrême pointe du sud de l'Italie, notre grande compagnie de navigation a gardé une nombreuse clientèle, comme d'autres compagnies françaises, telle que la Compagnie Fraissinet, de Marseille.
L'Italie doit à son heureuse position et à l'expérience de ses marins en matière de navigation méditerranéenne l'organisation de services également recherchés. Les navires de la Navigazione générale Italiana partent de Gênes chaque semaine pour lePirée, Salonique, Constantinople ou Smyrne par Livourne, Naples, Palerme, Messine et Catane. L'Autriche-Hongrie, poussée vers l'est par l'Allemagne, a fait de