NOUVELLE-ZÉLANDE
Géographie physique.
Situé à plus de 2.000 kilomètres au sud-est de l'Australie, l'archipel de Nouvelle-Zélande n'est qu'une annexe du continent austral, et son étude ne nécessite pas de longs développenoents. Il est composé des deux grandes îles du Nord et du Sud, séparées l'une de l'autre par le détroit de Cook, et de la petite ile Stewart; il s'étend, en arc de cercle, du 54" au 46" 30' de latitude méridionale, et couvre une superficie de 268.500 kilomètres carrés, intermédiaire entre celle de la Grande-Bretagne et celle de l'Italie, égale à la moitié exactement de celle de la France.
Relief. — Malgré les grandes profondeurs qui la séparent de l'Australie (5 à 6.000 m.), la Nouvelle-Zélande dépend, géologiquement, du continent voisin. On suppose qu'elle est le reste dune grande chaîne de montagnes, concentrique à la Cordillère australienne, et dont les autres points subsistants seraient en Nouvelle-Calédonie et en Nouvelle-Guinée.
Les îles sont, en effet, très montagneuses : un soulèvement granitique et schisteux, oii l'activité volcanique a été intense, et se manifeste encore, les parcourt du sud au nord. Les points culminants sont les monts Cook (5.769 m.), Aspiring (5.112 m.), Franklin (2.590 m.) dans l'île du Sud, Ruapehu (2.895 m.) et Egmont (2.520 m.) dans celle du Nord.
De grands glaciers couvrent les lianes des premiers. Mais, tandis que les pentes abruptes de la Cordillère australienne sont dirigées vers l'est, celles de la Nouvelle-Zélande tombent dans la mer à l'ouest, envoyant de hauts plateaux étages et des plaines vers la côte orientale.
Littoral. — Ces îles montagneuses sont extrêmement découpées : un isthme de moins d'un kilomètre de largeur rattache une grande péninsule à l'île du Nord et la côte sud-occidentale de l'île du Sud est découpée de fjords rappelant ceux de la Norvège ou les firths de l'Ecosse occidentale. D'excellents ports s'y sont blottis.
Climat. — La Nouvelle-Zélande est presque aux antipodes des lies Britanniques, et l'on a souvent comparé leurs deux climats. La comparaison est exacte en ce qui concerne les pluies, abondantes, fréquentes, apportées par les vents du nord-ouest, qui, dans l'hémisphère austral, correspondent aux courants du sud-ouest de l'Eu-
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rope : la côte occidentale de l'île du Sud reçoit jusqu'à 2 mètres d'eau par an, pendant que la partie orientale, abritée par les montagnes, n'en reçoit que 0 m. 80. Mais les températures ne se ressemblent nullement. L'île du Nord rappellerait plutôt l'Italie, et, dans celle du Sud, le thermomètre a des variations ( — 6" à -H 59'j inconnues sur les bords de la Manche.
Hydrographie. — Beaucoup d'eau, des glaciers dans les montagnes, de grands lacs logés dans des cratères de volcans comme le Taupo dans l'île septentrionale, ou dans des fissures d'origine glaciaire, semblables en cela aux lacs alpestres, dans l'île méridionale, donc de nombreux cours d'eau. Mais, d'autre part, le relief, abrupt, coupant les îles par le milieu, s'oppose à l'existence de tleuves longs et navigables. Il n'y a guère que des torrents sans importance.
Géographie politique.
Populations. — C'est en 1840 que les Anglais ont pris possession de la Nouvelle-Zélande. Quelques jours après cette cérémonie, un navire de Nantes y arrivait — trop tard — avec les mêmes intentions. Les îles étaient alors habitées par les Maori, population polynésienne, parente des Canaques de la Nouvelle-Calédonie et des indigènes de Taïti : de haute taille, vigoureux, de traits réguliers, de teint olivâtre, ils se livraient à la chasse, à la pèche, un peu à la culture, mais surtout à la guerre, et ne dédaignaient pas de manger leurs ennemis. La colonisation européenne, bien que doucement conduite, leur a été funeste, et, de 120.000 environ, ils sont tombés à 47.000 individus. Mais, loin de s'enfuir devant la civilisation, ils l'ont admise, et un certain nombre d'entre eux tiennent, dans les villes, une place semblable à celle des Européens.
Les colons, au nombre de 841.000 en 1906, sont presque tous anglais et augmentent rapidement par l'excédent des naissances sur les décès (accroissement annuel 1.60 pour 100).
Il n'y a pas de grandes villes : la capitale, Wellington, a, avec ses faubourgs, 64.000 habitants, Auckland, la grande ville, en compte 82.000, Dunedin n'a que 56.000 habitants, et Christchurch, grande cité de l'île du Sud, contient 68.000 âmes.
Gouvernement. — La Nouvelle-Zélande est un « self governing State ». Un gouverneur général y représente la Couronne, et un Parlement, les habitants. Le Conseil législatif se compose de 46 membres, nommés pour sept ans par le Gouvernement, et la Chambre des Représentants, de 80 membres élus au suffrage uni-
versel : 76 représentent les blancs et sont élus par les hommes et les femmes, 4 sont délégués par les Maori des deux sexes.
En Nouvelle-Zélande, comme en Australie, de curieuses expériences sociales sont faites depuis quelque temps.
Géographie économique.
La Nouvelle-Zélande rappelle peu les caractères du grand continent dont elle est voisine ; située dans la zone tempérée, peu massive de formes, elle n'a pas de désert, et si beaucoup de montagnes enlèvent de l'espace à la culture, elle est cependant, en général, plus hospitalière à l'homme. Les ressources minérales ne lui manquent pas, ses côtes sont propres à la navigation, et rien n'empêche en somme que ce pays n'arrive à jouer un rôle économique inq^ortant, surtout quand sa population sera plus dense. Les progrès réalisés jusqu'à ce jour semblent être garants de l'avenir.
Agriculture. — Très arrosée, la Nouvelle-Zélande peut, plus que l'Australie, être un pays de production végétale intense. Des forêts couvrent les pentes des montagnes et donnent lieu à une exploitation importante de bois de toutes sortes.
Deux tiers de la superficie des deux îles sont propres soit à la culture, soit à l'élevage, mais il s'en faut que tout cet espace soit mis en œuvre, et beaucoup de terres restent encore entre les mains de l'État, attendant des acquéreurs. Les céréales sont la culture la plus répandue; l'avoine, le blé, l'orge suffisent à la consommation intérieure et ahmentent un commerce d'exportation vers l'Australie, actif surtout pour la première, dont manque le pays voisin. Le phormium tenax, ou chanvre de Nouvelle-Zélande, est un des produits les plus importants de l'agriculture.
Élevage. — Mais, comme sa voisine, la Nouvelle-Zélande s'est surtout adonnée à l'élevage du bétail, et en tire le plus clair de ses revenus. Le climat est plus favorable au gros bétail qu'en Australie; on y compte aussi de très nombreux troupeaux de moutons (1). L'exportation des laines, de la viande congelée ou simplement refroidie, est active, ainsi que celle du beurre, des fromages et des œufs, des peaux, cuirs, etc.
(1) Cheptel de la >'ouvelIe-Zrlando en 1904 :
Chevaux r.!4.000
Bêtes à cornes , 1.757.1)00
Moutons 18.281.000
Porcs 25.3.000
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Industrie. — Les produits minéraux sont abondants : l'or et l'argent sont exploités dans de nombreux placers, la houille suffit à la consommation, on en exporte même un peu. Les autres métaux, saulTantimoine et le manganèse, sont peu exploités. Mais les prospections n'ont pas encore donné tous leurs résultats (1).
Quant aux industries maubifacturières, elles ont fait de très grands progrès, et, comme sa voisine, la Nouvelle-Zélande vise à se passer de toute importation étrangère. En 1905, année du dernier recensement, il y avait près de 5.500 usines, représentant un capital de 500 millions de francs et occupant 50,000 ouvriers. Ceux-ci ont, en général, un salaire fort élevé, la moyenne pour les hommes étant de 2.258 fr. 75 par an; en revanche le salaire des ouvrières n'est, en moyenne, que de 805 fr. 75. Parmi ces usines, les plus importantes sont celles où l'on prépare les viandes congelées, les tanneries, fabriques de beurre et de fromages, soit les industries dérivées de l'élevage, puis quelques draperies, moulins à phormium, et fabriques de chaussures (2).
La présence de la houille donnera certainement un essor plus grand à toutes les industries, protégées du reste par un tarif extrêmement élevé contre toutes les concurrences.
Voies de communication. — Le relief, l'absence de fleuves navigables s'opposent à la facilité des communications. Des chemins de fer ont été construits, mais le réseau en est encore peu développé, les voies transversales manquent d'une mer à l'autre (5).
La véritable voie de communication, en Nouvelle-Zélande comme en Angleterre, est la mer; les côtes, richement découpées, encouragent au cabotage, et les ports de Auckland, Dunedin et Wellington sont excellents. Aussi la marine marchande est-elle développée, et le mouvement des ports actif (4).
(1) Mines (1904) :
Houille 1.558.00'» tonnes.
0,. (valeur) 50.200.000 francs.
Argent (valeur) 2.800.000 -
(2) Lire à ce sujet la très intéressante élude de M. André Siegfried sur La démocratie en Nouvelle-Zélande, Paris, A. Colin, 1905.
(5) Chemins de fer en 1905 :
Longueur cvploitèe : 4.000 kil. Bénéfice net par kilom. : 4.849 fr. (4) Mouvement général des ports (1907) :
Enlrées Sorties. Total.
Gionav. 1 .254.000 ts. 615 nav. 1 .225.000 tx. 1.260 nav. 2.479 000 f^. Auckland. . . Enlrées. 261 navires. 540.000 tonneaux. Wellington . . - 161 - 597.000 -
Commerce. — Le commerce est actif, eu égard surfout à la faible population du pays. 11 a presque alleint le milliard de francs en 1907, à la suite d'un accroissement formidable depuis dix ans. Les importations sont surtout alimentées par les objets l'abriqués de luxe ; quant aux exportations, la laine vient en première ligne, suivie de près par la viande congelée, puis l'or, les beurres et fromages et les })roduits agricoles.
La très grande majorité de ces produits proviennent ou sont à dfstiiiation du Royaume-Uni ou de ses possessions. Les Étals-Unis profitent de leur proximité relative pour prendre la seconde place (1).
Conclusion. — La Nouvelle-Zélande est, un complément des établissements australiens avec lesquels elle forme l'Australasie. La similitude de productions et de population amènera sans doute à assez bref délai l'accession de ce nouvel État au Commonweallh.
'1) Commerce (en millions de francs)
Moyenne 1899-1905.
principaux clients :
Royaume-Uni . . .
Australie
Etats-Unis
Allemagne
France
Principales importations.
Étoffes et vêtements .... 75.7
Fer, acier, machines .... 64.6
Sucre 12.7
Boissons 8.9
Huiles 7.0
Importations.
Exportations.