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BON AVENTURA IN CATHEDRA, ANTONIUS IN SUGGESTI . OEGIDIUS IN MONTE , FRANCISCIS IN OMNIBUS ; QtlIA IN OMNIBUS VERE FRANCISCANUS , CLARISSAS QUAS DIREXIT , FECIT CLARISS1M AS , W.TISMMl SAPIENS, VI. Il: NON SU'lll,
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endant l'occupation de Rouen par les Anglais , le duc deBethfort, régent j)our le roi d'Angleterre, avait acheté de divers particuliers, en 1429, 1431 et 1432, plusieurs maisons et jardins situés au lieu dit Chantereine, prés les murs de la ville, au quartier Saint- Qilaire, et y avait établi un manoir qu'il nomma Joyeux-Repos.
Peu de temps avant sa mort, il fonda en ce lieu un monastère de l'ordre des Cêlestins, leur donna tout ce qu'il y possédait , et leur fit bâtir une chapelle.
En 1445 , après le décès du duc , sa femme , son frère , et ses autres héritiers, confirmèrent cette donation et renoncèrent à tous leurs droits, et le roi d'Angleterre, Henri V, ajouta à sa propre renonciation aux droits qu'il pouvait aussi avoir, le don d'une somme de 200 livres pour achever les bâtiments commencés. En 1445, les Cêlestins prirent possession , et le manoir du Joyeux-Repos reçut le titre de monastère du Val de la Sainte-Vierge.
Après l'expulsion des Anglais, le roi de France, Charles VII, qui, à titre de confiscation sans doute , avait revendiqué les propriétés du duc de Bethfort , en continua , néanmoins , la cession aux Cêlestins par lettres patentes de 1449, autorisa la continuation des constructions, et fit don d'une somme de 400 livres de rente à prendre sur les domaines royaux de Rouen, Caen et Bayeux, mais à condition qu'il serait regardé comme le premier et le seul fondateur du mo-
nastère (1). C'est vers cette époque que fut commencée l'église dont Le Lieur nous a conservé le dessin. Ce monument assez remarquable ne fut achevé qu'en 1 450, aux frais de Jean de Hangest, chevalier, sieur de Genlis , capitaine de Rouen , etc.; il y fit faire son tombeau , riche mausolée placé dans le chœur auprès du maître-autel.
L'église fut d'abord bénite en 1450. puis solennellement consacrée en 1502 par Georges d'Amboise, légat du pape , archevêque de Rouen, qui fut aussi un des généreux bienfaiteurs du monastère.
Pendant le siège de la ville de Rouen par les hérétiques , le couvent et l'église des Célestins furent pillés, etgrande fut la perte, puisque nous trouvons (Archives départ.) l'inventaire volumineux et fort curieux des objets qui furent enlevés ou détruits, dressé en 1562, et un arrôtde la cour du Parlement, môme année , qui accorde et fait délivrer aux Religieux la somme de vingt mille livres, pour les indemniser (2).
Outre le beau mausolée du sieur de Genlis, dont nous venons de parler , l'église des Célestins en renfermait plusieurs autres non moins remarquables ; tels étaient celui de Robert-le-Roux , sieur de Tilli , conseiller au parlement de Rouen , et ceux du président Groulard et de sa femme (3). Le couvent des Célestins ayant été supprimé à la suite de la révolution de 93 , les bâtiments ont été vendus et démolis. On n'en reconnaît plus la place.
( I ) Cette rente ou ees rentes furent, sans doute, assez mal payées après la mort du roi, malgré les confirmations de ses successeurs; car nous avons sous les yeux ( Archives départementales J toutes les pièces d'une longue procédure, par laquelle les religieux demandent à être mis en possession des halles de Caen et d'Avranchcs, |>our paiement des nombreuses années d'arrérages qui leur sont dues... Ce qui leur fut refusé.
(2) Eu cette occasion, plusieurs particuliers de la ville furent poursuivis judiciairement, pour avoir aidé et même pris part au pillage. (Archives départementales. J
(3) Aujourd'hui placés provisoirement dans la salle des Pas-Perdus du Palais de Justice.
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l est facile do reconnaître , dans le dessin ci-joint, malgré quelques inexactitudes de détails, que l'église de Saint-Vivien a conservé, dans son ensemble, l'aspect qu'elle avait en 1525. Cette église, assez vaste, formée de trois grandes nefs et de deux chapelles adjacentes, ne fut primitivement qu'une petite chapelle isolée dans les marais. En 1209, elle se trouva comprise dans un des faubourgs de la ville , et ce ne fut que vers 1250 qu'elle fut enclose dans la nouvelle enceinte de la ville, formée par le roi saint Louis.
Cette église n'a point de transept; le chœur est pris sur la nef du milieu, et est accompagné des deux chapelles qui terminent les bascôtés, et des deux autres chapelles adjacentes, dont nous venons de parler.
En 1530, pour rendre le chœur et la nef plus aérés et plus éclairés, <»n surexhaussa le mur en charpente et lambris, avec voûte en tiers-point, également en bois.
Le chœur était fermé par un jubé en pierre , qui menaçait ruine en 1761 ; il fut démoli, ainsi que les deux chapelles ou autels qui l'accompagnaient, et remplacé par une arcade en bois sculpté, surmontée d'un crucifix.
Les orgues, primitivement placées sur un des murs latéraux de la nef, furent transportées, en 1649, au-dessus de la porte d'entrée, et considérablement augmentées en 1661.
En 1560, les Calvinistes dévastèrent cette église, brisèrent les images, et emportèrent les objets précieux. Ce désastre, sans doute, fut assez promptement réparé , puisque nous trouvons , dans les registres de la fabrique ( Archives départementales) , un inventaire du mobilier de l'église, dressé en 1744, qui contient plus de deux cents articles , dont plusieurs sont notables.
église Saint-Ouen, aujourd'hui église paroissiale, était jadis l'église conventuelle de l'abbaye de Saint- Ouen , la plus ancienne et la plus illustre de toutes les abbayes et communautés religieuses de La ville de Rouen.
S'il régne quelques doutes sur la véritable époque de sa fondation , il est certain qu'elle existait au vic siècle. Située d'abord hors des murs de Rouen, elle n'y fut enclavée que lors de l'agrandissement de la ville, vers l'an 1200.
Trois églises successives, et, toutes, d'une grande magnificence, selon les historiens , ont précédé l'église actuelle.
La première fut détruite pendant l'invasion des Normands en 841 ; la deuxième, bâtie par l'abbé Nicolas, et terminée par un de ses successeurs, en 1126, fut entièrement incendiée, dix ans seulement après son achèvement; la troisième, due aux libéralités de l'impératrice Mathilde et de son fils Henri II , succomba encore, en 1248, dans un nouvel incendie qui détruisit une partie de la ville de Rouen.
En 1318, l'abbé Jean Roussel, dit Marc-d' Argent , posa la première pierre du monument qui est parvenu jusqu'à nous, c'est-àdire de l'église actuelle : il y travailla vingt-un ans, fit le chœur et la
partie inférieure du transept, et dépensa la somme de 63,930 liv. tournois, environ 2,600,000 fr. de notre monnaie.
Le reste du transept, la tour et la moitié de la nef., furent construits par les successeurs de Marc-d' Argent, dans l'espace de cent cinquante ans; puis, Antoine Boycr, abbé en 1499, fit exécuter toute la partie inférieure du reste de la nef et du portail (i). Peu après, sous l'abbatiat du cardinal Cibo, qui 4onna quelques sotnmes pour les travaux de l'église, on acheva la nef et on fit la rose du grand portail , où l'on plaça ses armes; mais ce portail, qui devait, selon les plans donnés par l'historien de Saint-Ouen , être accompagné de deux tours, n'a point été terminé.
L'église de l'abbaye de Saint-Ouen renfermait plusieurs monuments dignes de remarque, une horloge curieuse, un jubé magnifique, de somptueux mausolées et un riche trésor , etc.; diverses causes , à diverses époques, ont tout anéanti.
En 1794, -cette église fut convertie en manufacture d'armes, et, pendant quelque temps, on put lire sur la porte :
C'est ici que se forge , au bruit de cent marteaux , Le fer qui doit, tyrans , vous creuser des tombeaux !..
Le peu d'étendue de nos notices nous force à renvoyer, pour le surplus des détails historiques, relatifs à Saint-Ouen, aux divers ouvrages publiés, soit spéciaux , soit sur l'histoire de Rouen, tels que l'Histoire de l'abbaye de Saint-Ouen^ par le R. P. Pommeraie, Rouen, 1662, 1 vol. in- fol.; la Description de l'église Saint-Ouen,, par
( I ) Voyez les preuves plus loin.
V. Gilbert, Rouen, Frère, 2 vol. in-4°; l'Histoire de Rouen, par Farin, 3 vol. in-12, Rouen, 1710 , etc.