‹ Les principaux edifices de la ville de Rouen en 1525, dessinés à cette époque sur les plans d'un livre manuscrit conservé aux Archives de la ville, appelé Le livre des fontaines;Chapitre 24 sur 37 · N° I. SAINT-AMAND · texte numérisé non relu

N° I. SAINT-AMAND

'abbaye de Saint-Amand est toit ancienne; sou origine est peu connue , et les historiens ne sont pas d'accord sur la véritable époque de sa fondation.

On sait que, sous letitre du prieuré de S. -Léonard, ce monastère dépendait de S.-Ouen, au vme siècle. Plusieurs fois dévasté dans les invasions des Normands, il était depuis long-temps en étal de ruine , lorsqu'on 1030, Gosselin, le vicomte d'Arqués, etËmeline, sa femme, qui venaient de fonder l'abbaye de Sainte-Catherine-du-Mont, entreprirent sa restauration : ils lui firent de grands dons , et y établirent des religieuses de l'ordre de Saint-Benoît (1). L'église, entièrement rebâtie, fut consacrée par l'archevêque Jean , successeur de Mauril le. Un incendie, en 1126, les guerres du règne de Charles VI , et divers autres événements, appauvrirent cette abbaye et en relâchèrent la discipline, tellement qu'en 1432, la communauté était réduite à quatorze religieuses, à dix, en 1491 ; et, en 1562, Saint-Amand ayant été de nouveau complètement dévastée par les Protestants , le peu de religieuses qui y restait fut obligé de se retirer chez leurs parents, faute de ressources. En 1569, la tour de l'église s'écroula et ruina une partie du chœur et de la nef. En 1630 , Anne de Souvré , une des plus illustres abbesses de ce monastère, répara tous ces désastres , fit rebâtir à neuf la plus grande partie des bâtiments, enrichit l'église de vases sacrés et d'ornements ,

( I) Les religieux de Saint-Ouen cédèrent leurs droits ;i Gosselin, contre une indemnité' de 10 livres.

rétablit l'ordre et l'observance dans la maison , et y ramena la richesse et la paix. Enfin, Elisabeth Barentin , abbesse en 1694, reédifia de nouveau, avec une sorte de magnificence, la presque totalité du monastère de Saint-Amand. Ici , la tourmente révolutionnaire de 93 n'a pas, comme en beaucoup d'autres endroits, tout détruit, et les curieux retrouvent encore aujourd'hui, avec plaisir, quelques débris de ces diverses constructions.

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