‹ Les principaux edifices de la ville de Rouen en 1525, dessinés à cette époque sur les plans d'un livre manuscrit conservé aux Archives de la ville, appelé Le livre des fontaines;Chapitre 25 sur 37 · N° 2. LES CARMES · texte numérisé non relu

N° 2. LES CARMES

Ces religieux furent établis pour la première fois à Rouen, en 12G0, au-delà de la rivière de Seine , en une chapelle dite Saint-Yves.

En 1336 , Pierre Roger, archevêque , leur donna, dans la rue alors dite Grand-Pont (aujourd'hui rue des Carmes), la chapelle Sainte- Appoline, près de la porte du même nom, et ils achetèrent quelques maisons voisines, où ils firent d'abord leur demeure; mais ces acquisitions, dont ils payaient la rente, absorbaient tout leur revenu , et ils tombèrent dans une grande pauvreté , dont peut-être ils ne se seraient pas relevés , si le duc de Bethfort, très pieux seigneur qui fonda peu après le couvent des Célestins (voir ci-dessus, pag. 31 ), ne fût venu à leur secours; il paya leurs dettes et leur fournit, en échange de prières et du titre de fondateur, les moyens d'assurer la durée de leur monastère, qui devint florissant jusqu'à sa destruction en 93 , sous la protection de plusieurs des archevêques de Rouen et de quelques grands personnages. C'est dans le couvent des Carmes que, depuis 1513, la confrérie de la Conception où l'Académie des Palinods tenait ses séances, et que l'on couronnait avec solennité, sur un théâtre élevé à cet effet, qu'on nommait Puy, les poésies en l'honneur de la Vierge qui étaient jugées mériter cet honneur (1).

QamUtà.

'église de Saint-Lô était, dès le ixe siècle, connue comme une des paroisses de la ville, sous le nom de Saint-Sauveur : on a prétendu, sans preuves authentiques, qu'elle avait primitivement occupé la place d'un ancien temple d'idoles, et qu'ainsi son origine remonterait aux premiers temps mômes du christianisme à Rouen.

Lors de l'invasion des Normands, le corps de S.-Lô, évêque de Coulances, y fut apporté pour le soustraire aux profanations , et depuis ce temps l'église prit le nom de ce saint, et lui a été consacrée. Lorsque Rollon fut maître de la Neustrie , et qu'il y eut embrassé la foi chrétienne , il donna cette église à l'évêque de Coutances pour y établir son siège, y exercer sa juridiction, et y former son clergé. En conséquence, ïhéodoric , évéque de Coutances , en prit possession avec sept chanoines. En 924, il s'intitula, lui et ses successeurs, évêque de Coutances et de Saint-Lô de Rouen , et l'église fut regardée comme cathédrale. En 1056, les évêques de Coutances retournèrent résider dans leur premier diocèse; S.-Lô cessa d'être cathédrale, et devint seulement une collégiale, mais toujours sous la juridiction de l'évêché de Coutances. Cet état de choses dura fort long-temps, et donna lieu, plus tard, à divers conflits et à de longues procédures de la part des archevêques de Rouen , qui virent avec déplaisir leur autorité partagée on anéantie par les évêques de Coutances. En 1144, les chanoines embrassèrent la règle de Saint-Augustin , et la communauté prit le titre de prieuré.

L'église, de tout temps, avait servi d'église paroissiale et d'église

conventuelle, et les deux églises n'en luisaient qu'une ; mais, lorsque le nombre des paroissiens fut devenu plus considérable , ils demandèrent et obtinrent, en 1344 , la séparation de leur église de celle du monastère ; ils eurent, dès lors, l'administration de leur fabrique et un curé fixe et non amovible; chaque partie de l'édifice, partagé par un mur, fut, aux frais de chacun des possesseurs, réparée et augmentée à diverses époques. Ainsi , la tour primitive, qu'on appelait la tour de Goutances, étant tombée de vétusté en 1316 , les paroissiens en tirent élever une autre en 1362 , où ils placèrent deux cloches ; en 1445, on fit les voûtes, un portail et une chapelle (1). En 1479, on ajouta une aile vers le cimetière , et une sec onde, en 1482, du côté du cloître; de sorte qu'en 1525, ce monument présentait l'aspect assez remarquable que nous retrace le dessin ci-joint (2). Les chaires du chœur avaient été données en 1389, par Jean le Maréchal, bourgeois de Rouen (3) , et la petite fontaine que l'on aperçoit en avant de la tour, commença à couler en 1463 (3). Nous trouvons dans les Archives départementales, qu'en 1447, on inhuma dans cette église, devant l'autel de la chapelle Saint-Michel , un sieur Jehan Iléliart , maître des ouvrages de la ville de Rouen, de Notre-Dame de Rouen et d'Évreux, dont nous croyons qu'aucun historien n'a fait mention.

L'église et le couvent deSuint-Lô furent supprimés en 1792. L'église paroissiale où l'on avait établi une fabrique de salpêtre, s'écroula tout-à-coup en 1798, et les bâtiments claustraux , devenus maison d'arrêt pendant plusieurs années, sont affectés aujourd'hui à une École dirigée par les Frères de la doctrine chrétienne.

(1) Archives départementales.

(2) 11 existe encore un reste de portail de ce temps. ( 3) Archives départementales.

(4) Archiv. départ. Nous y trouvons, pour cette Fontaine, un état de frais de 2,800 livre

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No I». EGLISE SAINT-JEAN.

B n'était, dans l'origine, qu'une chapelle située clans le marais, et, à cause de cela, nommée Saint-Jean-des- Prés, et quelquefois Saint-Jean-sur-Renelle , du nom du ruisseau qui coule près de là. Elle existait avant l'an 1 100. Nous n'avons point de renseignements sur sa structure et ses diverses reconstructions. Farin nous apprend seulement que la tour , bâtie en 1617, ne fut point achevée; cette nouvelle tour prit sans doute la place d'une plus ancienne, que nous voyons figurée dans le dessin du Livre des Fontaines (1525). L'édifice qui existait encore en 93 , lors de la suppression de la paroisse, était élégant, orné de belles verrières (1), d'un maître autel fort riche, exécuté en 1730, et les portes du grand portail étaient, à l'intérieur, remarquables par des ferrures qui en couvraient toute la superficie. On avait soin de leur conserver le poli le plus brillant , et un mécanisme ingénieux faisait jouer, en poussant un seul bouton, plusieurs serrures et verrous à la fois. L'église Saint-Jean est convertie maintenant en bazar, où se réunissent des commerçants de rouennerie.

( 1 ) Ces verrières ont été cédées, avec celles de plusieurs autres églises, en 1802, à un anglais nommé Hamp, qui en remplit dix-sept grandes caisses et les transporta en Angleterre. On en cite deux, entre autres, fort curieuses par les sujets qu'elles représentent Voyez la Description des maisons de Rouen , par M. de la Quérière, 3 vol. in-8°, Rouen. IVriaux, 1821-1841

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