PRINCIPES DE È'OROANISA.TION SOCIALE
Tout ce qui existe se range en deux catégories, l'une formée des êtres inorganiques,l'autre formée des êtres organisés.* Chacun de ces derniers représente un organisme dont les diverses parties sont les organes. Les actes des, organes sont les fonctions, l'ensemble des fonctions est la vie.
Une analyse patiente et chaque jour plus exacte des êtres organisés a fait découvrir qu'ils résultent d'une multitude d'organismes
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OU cellules ayant une vie propre, si bien que la plante et Tanimal peuvent être considérés comme • une collection de plantes et d'animaux. Mais de même que, chez les êtres inorganiques, les combinaisons moléculaires donnent naissance à des propriétés qui n'apparaissent pas dans les molécules, de même, chez les êtres organisés, on rencontre dans les organismes et les vies composés ce qui ne se voit pas dans les organes et les fonctions simples. En somme, la vie est d'autant plus puissante qu'elle se complique davantage et devient secondaire^ tertiaire ou quaternaire; attendu, qu'eslle, renferme virtuellement les forces de tous les êtres qui, sans se désorganiser, Gpncoure»t à la forme». Mais,, pour ,qu'il en. soit ainsi^ leia organes doivent, étro juxtaposés .plutôtf q^e ooœbinéa; ilsî doÎF-eat gar<toïî une certaine somme d'iaitiativi^i C'est en» effet ce qui se remarquô, chez lés- animaux des classes supérieui^es^ Les globuLasidutsang^ y possèdent une extrême mobilité,, ils oat.uûe^ indépendajice relative, il»»poiît6nt partout .IjàiCtivité aajqis ^'incorporer à aucun tissu* Xa^oeb» Iule nerveuse, bien que ôxée^ agit dfune façon.
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analogue ; puis viennent les organes du sjs* tème digestif, du système respiratoire, musculaire, reproducteur : ils opèrent isolément, ou de concert, et chacun semble se mouvoir pour ^ son propre compte, lorsque tous, en réalité, se meuvent pour le compte de la vie commune.
Il suffit, pour cela, que les mouvements déter* minés par leur structure aboutissent, comme les mouvements d'un mécanisme, à une résultante unique.
, La disposition qui porto les organes à opérer au profit de la collection, en même temps que pour Qux-mêmes, ne suppose pas nécessairement la continuité organique. Des instincts dominateurs peuvent agir sur des organismes séparés, comme les courroies de transmission agissent sur des leviers placés à distance, et en faire les rouages d'un mécanisme supérieur.
Alors se produisent des fonctions et facultés dont ranimai isolé est incapable. C'est ainsi que rinstinct sexuel, en accouplant les oiseaux et les mammifères, fait surgir chez eux les facultés familiales qui s'affirment dans la construction du nid et l'éducation des jeunes ; c'est ainsi que Tinstinct social, transformant ItA
abeilles et les fourmis en organes d'une république, développe dans de simples insectes une puissance industrielle dont les mammifères isolés sont dépourvus. L'animal qui a poussé le plus loin Torganisation sociale et les facultés qui en sont la conséquence est certainement l'homme. Après avoir groupé des êtres d*âges et de sexes différents dans la famille, il groupe les familles dans le municipe, les municipes dans la province et les province3 dans la nation, provoquant à chaque étage de cette vaste organisation la venue de fonctions nouvelles.
On voit ainsi que depuis la cellule, considérée, à cette heure, comme Torganisme élémentaire, jusqu'à la nation, considérée comme le * terme de Torganisation, les forces vitales vont toujours grandissant, sans qu'il soit possible de trouver une contradiction dans les faits généraux qui les concernent. Avec les espèces, les genres, les embranchements et les règnes, naissent des facultés nouvelles : le rayonné ajoute quelque chose à la vie du végétal, le vertébré ajoute quelque chose à la vie du mol lusquci rhomme ajoute quelque chose à la vie
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de la bête, la famille, la commune et la nation ajoutent quelque chose à la vie de Thomme ; mais partout dominent le même principe vital et les mêmes lois biologiques. Ces lois servent ainsi de base et d'introduction à la science sociale; car les fonctions de l'homme se continuent dans les fonctions de la société et en marquent l'enchainement : telles sont les vérités que nous voulons élucider.
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