M. Cousin, Du Vrai, du Beau et du Bien
Comme l'observent MM. Ortolan* et Guizot', la prci mière époque du droit pénal fut la guerre entre l'offensé et Toffenseur, la vengeance particulière. La deuxième époque fut raccommodement, l'accord, l 'arrangement pacifique entre les parties sans intervention sociale; plus tard, dit Du Boys', par Textension du régime des castes et sous Tinfluence des fausses religions, les vengeances particulières recommencèrent à être exercées par Toffensé et par sa famille. Au XVI'' siècle, dit M. Ortolan, les peines sont horribles et se convertissent en instruments de vengeance et de terreur. Elles sont exagérées et cruelles. La mort se prodigue. La privation de la vie n'est pas le plus grand supplice : alors est inventée -la mort exaspérée, le feu, Técartèlement, la roue, la strangulation, le knout, le sac, l'enterrement tout vif , etc.
Mais la société y a-t-elle gagné? A-t-elle été plus heureuse, a-t-elle joui de plus de calme, a-t-elle compté moins de criminels dans son sein, quand les peines ont été plus terribles, quand la mort a été prodiguée ? Le contraire est arrivé. « Je vais ouvrir ^ vos yeux les annales du monde, dit un célèbre écrivain. Si ces sanglantes législations, dont je vais par-
A. Introduction historique au droit pénal, ^' Histoire de la civilisation en France»