‹ LES PRINCIPES DE 1789 EN AMERIQUEChapitre 15 sur 40 · Chaussart · texte numérisé non relu

Chaussart

des assistants; un petit nombre le regarde avec une certaine pitié mêlée d'indignation. Que résulte-t-il de ces deuii sentiments? Rien moins que la terreur salutaire que la loi prétend inspirer... 11 en est du spectacle d*un supplice, comme du spectacle d'un drame, et de même que Tavare retorurne à son coffre-fort, rhomme violent et injuste revient à ses injustices.

• Semblable aux fluides, qui, par leur nature, se mettent toujours au niveau de ce qui les entoure, rame s'endurcit parle'spectacle répété de la cruauté, lies supplices, en devenant fréquents, épouvantent moins, parce que Ton s'habitue à leurs horreurs, et les passions, toujours actives, sont au bout de cent ans moins retenues par les roueS et les gibets qu'auparavant par la seule prison.

p On ne peut nier que Tatrocité des peines ne soit directement opposée au bien public et à l'objet même que Ton se propose, — empêcher les crimes. Plus terrible sera Je châtiment, plus le coupable osera poijr Péviter, et la rigueur des lois multipliera les crimes, en châtiant très-sévèrement les criminels. Les pays et les siècles où furent mis en usage Jes châtiments les plus barbares furent toujours déshonorés par les plus monstrueuses atrocités. Ce n'est point parla rigueur des supplices qu'on prévient plus sûrement les crjrnes, mais par la certitude d^ la pu*nition'. »*

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