‹ LES PRINCIPES DE 1789 EN AMERIQUEChapitre 25 sur 40 · Bastiat, Harmonies économiques · texte numérisé non relu

Bastiat, Harmonies économiques

L'auteur des Harmonies économiques fait remarquer avec raison que la théorie de la valeur et de l'échange se trouve, par un heureux hasard, beaucoup mieux développée dans la jolie fable de Florian, r Aveugle et le Paralytique, que dans le plus volumineux traité d'économie politique. L'aveugle dit, en effet, au Paralytique :

« Aidons-nou8 mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère.

A nous deux ,

Nous possédons le bien à chacun nécessaire :

J'ai des jambes ei vous des yeux , Moi, je vais vous porter; vous, vous serez mon guide: Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. >

Mais qu'est-ce qui doit régler les conditions de l'échange ? Est-ce la loi ou les particuliers? Puisque personne (à moins d'employer la spoliation) ne peut retirer de la société aucun service qu'au moyen d'un autre service équivalent, il est clair que ceux qui donnent et ceux qui reçoivent sont les juges légitimes de la mesure de l'intensité de leurs efforts, et, par conséquent, c'est à eux qu'il appartient de' décider si ce qu'ils reçoivent vaut ce qu'ils donnent ou en est Tequivalenty et vice versa. Cela parait être une incontestable vérité, et cependant les nations qui maintiennent le régime prohibitif ne font que la fouler aux pieds. Nous verrons plus bas que cette vérité, triviale en apparence, est la base de la liberté de l'intérêt de l'argent, et qu'elle est méconnue par ceux qui vcu-

mi que la loi fixe le taux de cet inlérêt. Le seul cas ans lequel la loi puisse intervenir pour cela est celi d'un jugement pour dettes, lorsqu'aucun intérêt .'a été fixé par les parties.

L'exactitude, la vérité de l'équivalence de deux sériées est donc dans le débat librement engagé pour 'établir entre les contractants. — C'est là un fait de oute évidence ; mais peut-il s'appliquer à la moniale ? La monnaie est-elle une marchandise ?

Pour se convaincre que la monnaie est un produit, me marchandise, un résultat du travail, il suffit do rechercher comment tout individu peut obtenir cette narchandise, ce produit. L'oxygène et l'azote qui composent Tair atmosphérique nous environnent de toutes parts ; aucun effort n'est nécessaire de la part de personne pour que nous le respirions *; la brise Dous caresse dans les champs, dans les vallées, sur les collines, etc. ; — de cela, comme de toutes les forces de la nature, nous avons la jouissance gratis , parce que leur production ne coûte aucun travail ; mais comment la monnaie vient-elle entre nos mains? Pour l'acquérir justement, il faut que nous donnions 3n échange un produit, que nous rendions un serrice, un écu de plus dans une main suppose un écu le moins dans une autre ; par conséquent, celui qui

I, A moins que nous n'ayons besoin que Ton nous introduise des quantités d'air, comme dans la cloche à plongeur; et alors ce n'est pas l'air introduit, mais l'action de l'introduire, le service, qui constitue la valeur,

a cet écu de moins doit, en vertu de la mutualité des Services^ avoir reçu tin équivalent*.

Bastiat, dans sa brochure iiitituléé Maudit argent (que nous voudrions voir répandue en Atnêrîqiîe âtilantquelesseizeautresbrochiireëduîhéineauteur,âutàtit qtte ses Harmonies èconorntques)^ s'exprime ainsi :

• Lé moment est venu d'ahâlySér la vérî table for- « matiôn de la monnaie, abstraction faite des mines « et de l'importât ion.

« Vous avez un écu î qtie gîgnîfle-t-il dans vos « mains? G*est comme le témoignage, comme la « preuve que vous àv^z exécuté, â une époque quely conque, un travail dont tous n'avez pas joui, mais « doîît vous avex fait jouii* la société dans la per-

• sonne de votre cliéUt ; cet écu atteste que vous « avez rendu Un êervicé à la société, et en outre il « coUstate sa valeur. Il atteste aussi que vous n'avez

• pas encore retiré de la société un service Mèl équi- « valent, comme c'était votre drojt. Pour vous meUre

• en état d*exercer ce droit quand et comme vous « voudrez, la société, par les mains de votre client, « vous a donné utie reconnaissance, un titre ^ Un bon

• de la République^ un écu enûn, qui ùe dififere des

• titres judiciaires qu'en ce qu*ll porte en lul-méine n sa valeur, et si vous pouvez lire avec les yeux de « l'esprit les inscriptions qu'il porte, vous y décliif- « frerez distinctement ces mots : Contre le présent^ « rendez au porteur un service équivalent à celui ^u'il

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