‹ LES PRINCIPES DE 1789 EN AMERIQUEChapitre 3 sur 40 · XXVIII · texte numérisé non relu

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bertédansTancien monde, et la souille sur le nouveau continent. Partisan décidé de la liberté, sous toutes ses fQrmes, il combat à outrance les excès de la démagogie, dans l'intérêt même de la liberté. Ses articles ne sont pas seulement des dissertations intéressantes sur les problèmes à Tordre du jour ; ils sont une révélation de l'état social de celle Amérique du Sud, où sous la forme républicaine se dissimule trop souvent le plus inintelligent despotisme. M. Torrès-Caïcedo a consacré sa carrière de publi ciste et d'homme d'État à démasquer les menées absolutistes des démagogues de son pays, et quand on pense qu'il l'a fait au péril de sa vie et de sa fortune, on ne peut refuser sa sympathie à tant de courage et d'abnégation.

Dirai-je que Tauteur de ce volume est partisan de la séparation de l'Église et de l'État? Qu'il soutient la thèse de la décentralisation administrative, et qu'il demande même le régime municipal le plus étendu ; mais qu'il n'a jamais cessé de combattre le système fédératif à la manière hispano-américaine ? Le suivrai-je de préférence sur le terrain de ses théories économiques en matière d'impôts et de propriété ? Un

avant-propos n'est-pas une analyse ^ c'est un frontis pice, et je dois me borner à n'indiquer que quelquesunes des têtes de chapitres de cet intéressant re< cueil.

Voilà l'œuvre. Voici maintenant Fauteur.

M. Torrès-Caïcedo est né à Bogota, en 1830. Il est devenu orphelin de bonne heure. Il était pauvre. Il a travaillé le dur labeur des honmies d'intelligenco qui croient à l'avenir. L'avenir lui a souri. Ceux (i*entre ses familiers qui ont suivi les étapes de sa vic^ l'ont vu successivement conquérir le diplôme de docteur en droit civil, celui de docteur en droit canon, et devenir avocat. A cette époque de sa carrière, le jeune docteur de Bogota n'était pas seulement un jurisconsulte qui donnait des espérances : il était encore un poëte plein de séduction. La jeunesse des hommes d'élite débute toujours par la poésie, cette délicatesse du cœur.

Puis, un jour, la scène a changé. L'avocat est devenu homme public. Il a été député suppléant au congrès grenadin , secrétaire de légation à Paris et à Londres, intendant des finances des Etats de Bolivar et de Magdalena, secrétaire d'une mission ex-

traordinaire à Washington , consul , agent confidentiel , et enfin chargé d'affaires de la rôpubliiiue de Venezuela près lés gouvernements de France et des Pays-Bas. ,

Homme de lettres, on a de lui un voluihe de poésies intitulé : Religîoriy PaH*ie^ Àmoury et des Essais de biographie et de critique littéraire ; publiciste, il a jeté de ndinbreux articles dans les principaux journaux AeÈ deuxmondes, et il rédige à lui seul, depuis longtemps, El Correà dé Ultramar^ le plus important organe de publicité de l'Amérique du Sud. Diplomate , il a reçu des gouvernements auprès desquels il a été accrédité, des marques Irrécusables d'une considération qui l'honore , et qui le soutiendra dans sa carrière politique. En 1861, les membres du corps diplomatique de rAmériquè latine résidant à Paris, lui adressèrent dans une lettre qu'il conserve à bon droit comme un titre d'honneur, des remerciements unanimes pour l'élévation, la justice et Timpartialité, avec lesquelles il a toujours soutenu les intérêts et les droits des républiques du Nouveau-Monde. . .

Maintenant vous me demanderez, peut-être, s'il

possède dans la vie privée les qualités bienveillantes de rame :

Je vous répondrai que je suis heureux d*étre son

ami.

P. PRADIER.FODÉRÉ.

Paris, cd 13 septembre 1864.

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