‹ Les principes de 1789 et la science socialeChapitre 2 sur 36 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

une œuvre de réaction politique et sociale. Nous ne sommes pas de ceux qui prétendent fonder l'avenir sur les ruines du passé, et qui placent l'avènement de la véritable démocratie dans un retour aux formes rigides, étroites et fermées des sociétés d'autrefois. Critiquer les principes de 1789 au profit d'une réhabilitation des doctrines de l'ancien régime serait, à nos yeux, une tentative illusoire et mort-née. Dans notre pensée, la démocratie future ne s'établira que sur une base d'organisation beaucoup plus large, plus élastique, plus ouverte, où les parties de l'ensemble, étroitement reliées les unes aux autres, formeront un tout solidaire : telle est la conviction que nous espérons faire passer dans l'esprit du lecteur.

Les premiers chapitres de cette étude mettront en lumière le rôle historique des principes de 1789, leur raison d'être et leur utilité provisoire. Mais, après les excès de l'absolutisme monarchique, après l'oppression séculaire que la conscience collective, représentée par la monarchie, avait fait peser sur la conscience individuelle, la loi d'action et de réaction devait naturellement produire les abus de l'individualisme. C'est là le mal dont souffre aujourd'hui la société française. Par une fâcheuse anomalie, elle se rattache à une tradition politique précisément inventée pour exalter l'individu, quand les circonstances présentes exigeraient la subordination des individus aux groupes sociaux, le resserrement de l'unité et de la solidarité nationales.

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