CHAPITRE ÏV
CRITIQUE DE LA DÉCLARATIOiN DES DROITS DE l'homme et du CITOYEN
Rien ne prouve mieux l'influence des principes métaphysiques sur la révolution de 1789 que l'idée de mettre une déclaration des droits au frontispice de la Constitution. Une déclaration de ce genre semble, en effet, avoir sa place dans un traité de morale ou de philosophie politique; mais à quoi Lon énoncer des généralités abstraites dans un document qui vise surtout à déterminer des points fixes et précis, à délimiter les frontières des pouvoirs de l'État, à régler les fonctions et les attributions respectives des divers organes de la société?
Un fervent apologiste de la Déclaration des droits, M. E. Accolas, se charge de nous en révéler le secret dans son commentaire de la Constitution de 1793 : « Pourquoi une pareille affirmation se retrouve-t-elle en tête de toutes les constitutions que la Révolution a élaborées? Parce qu'une grande idée venait de naître, l'idée du droit de l'homme en tant qu'homme, du droit de l'homme sur lui-môme. Cette idée est inhérente à la nature de l'homme et forme le principe et le substratum de tous les progrès de la race humaine. » Aussi