‹ Les principes de 89 et la doctrine catholiqueChapitre 14 sur 22 · H4 LES PRINCIPES DE · texte numérisé non relu

H4 LES PRINCIPES DE

supposer en Dieu une contradiction, puisqu'il vou —

drait la fin sans vouloir les moyens.

Ce n'est pas à dire que la puissance civile ait le= devoir ou le droit de porter des jugements dogma — tiques, c est-à-dire de rendre, sur la vérité intrin^— sèque des dogmes, des décisions qui obligent les^ sujets en conscience : le pape et les évêques seuls ont reçu de Dieu le droit de porter ces jugements. Mais ce qui appartient au prince, c'est l"" d'examiner, pour former sa conviction personnelle, les titres de créance, les motifs de crédibilité de la religion catholique ; 2"" de la juger, pour son gouvernement, au point de vue du bien social, ou dans ses rapports avec la fin propre de la société civile. Et alors il ne découvrira jamais aucunjuste motif de persécuter l'Église.

Sans doute l'histoire nous montre des princes qui la persécutent sans la connaître, sans l'avoir examinée, ou sans avoir fait cet examen dans les conditions nécessaires, et qui la persécutent avec une sorte de bonne foi : mais cette bonne foi pe les excuse pas, puisqu'elle n'est pas moralement invincible, et à plus forte raison elle ne leur doime aucun droit contre le droit de l'Église.

Nous allons plus loin, et nous disons qu'en supposant, ce qui ne peut être, que la bonne foi des persécuteurs soit invincible, elle ne leur conférerait pas pour cela le moindre droit contre le catliolicisme. La bonne foi, en effet, n'empêche pas qu'ils

ne se trompent réellement. Elle les excuse devant Dieu, si on la suppose invincible, ce dont Dieu sera juge ; mais la vérité n'en subsiste pas moins avec tous ses droits. La persécution cesserait d'être un crime : elle resterait une erreur, un malheur, une preuve de rinfîrmilé humaine.

Ëclaircissons notre pensée par un exemple.

Je suppose que je vous dois cent francs, mais je suis persuadé que je ne vous les dois pas. Vous assurez que je vous les dois, et moi j'affirme le contraire. Chaque jour, de pareils exemples se présentent devant les tribunaux où deux plaideurs qui paraissent au juge également convaincus, également de bonne foi, se contredisent sur le même point. Eh bien, si je suis le plus fort et que j'abuse de ma force pour ne pas vous donner les cent francs que vous me réclamez, ou si le juge que nous invoquons se trompe et prononce en ma faveur, est-ce que la bonne foi du juge et la mienne feront que je ne doive pas les cent francs î Est-ce que, malgré tout, votre droit à celte somme ne subsiste pas dans sa plénitude ? Or le rôle que j'aurais joué ici et le rôle du juge sont précisément celui du pouvoir civil qui refuserait la liberté à l'Église, même après un examen qu'il croirait suffisant.

Il est temps de clore ce chapitre : nous avons démontré et au delà que la doctrine catholique ne condamne pas la liberté des opinions religieuseSi

si

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entendue selon Farticle 10 de la Déclaration. Ce que nous avons dit doit suffire aux hommes sérieux et de bonne foi ; pour les autres, nous n'en dirions jamais assez.

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