‹ Les principes de L'Enseignement libéral dans leur application à la question de l'Enseignement secondaireChapitre 37 sur 73 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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matières dont Cournot accepte la suppression (le grec, la composition latine, les vers latins) et de ceux qu'it croit devoir laisser pénétrer dans le vieil Enseignement classique (langue allemande, histoire, sciences physiques et naturelles, philosophie, etc.). On se prend enfin à douter que la tactique que Cournot a cru devoir employer pour défendre la pédagogie libérale soit, comme il le pense, la meilleure. C'est une tactique de découragé, d'homme qui ne croit pas au succès. Tout imprégné de cette philosophie positiviste, qui saturait alors l'air ambiant, Cournot pense que l’évolution des sociétés se poursuit fatalement, « qu'il n’est donné à personne de pétrir ou de repétrir la société, pas plus en dictant des règlements d'éducation publique qu’en promulguant des constitutions politiques ! » et « que les institutions d'éducation publique sont principalement déterminées par l'état de l'opinion et des mœurs, non l'état de l'opinion et des mœurs par la lente action des institutions d'éducation publique ? ». S'il était naturel que Cournot mît peu d'acharnement à défendre un système qu'il croyait condamné et se contentât d'opposer une résistance résignée et passive à l’envahissement de l'utilitarisme, il est certain aussi que ce visible découragement d’un libéral qui s'avoue vaincu n'a pas dû médiocrement encourager la pédagogie utilitaire. Les représentants de cette dernière doctrine, en voyant leurs adversaires mollir, consentir des concessions inespérées, mettre, pour ainsi dire, leur drapeau en berne et abandonner leurs principes, devaient naturellement accroître

1. Cournot, Des Institutions d'instruction publique en France, 1864,

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leurs exigences et pousser plus vivement l'attaque. C'est à quoi ils n'ont pas manqué.

Quelques années plus tard, de Laprade, alarmé des progrès de la doctrine utilitaire, entreprenait de restaurer l'éducation libérale. Dans un livre qui fit grand bruit en son temps !, mais où les tirades poétiques et les pathétiques exhortations tiennent malheureusement plus de place que le raisonnement, il essaya de rompre avec la tactique peureuse que pratiquaient la plupart des pédagogues libéraux et de prendre vigoureusement l'offensive. Il faut lui rendre cette justice qu'il a, tout au moins, clairement aperçu le principe de la doctrine libérale. Le but de l'éducation, dit-il, n’est pas « d'instruire le médecin, l'avocat, le commerçant, l'ingénieur, l'agriculteur », mais « d'instituer l’homme ? ». Ce n'est encore que la formule courante de toute pédagogie libérale; mais de Laprade ajoute — et c'est là qu'il touche vraiment au vif de la question — « instituer l'homme, c'est-à-dire former une personnalité en vue d'ellemême », ou encore « former des intelligences vraiment libres et maîtresses d'elle-mêmes ». Si de Laprade s'était tenu fermement à cette formule, s'il en avait précisé le sens et la portée, son système se présenterait avec une forte unité intérieure et ne soulèverait d'objections que celles dont est passible l'hypothèse métaphysique qu'il postule, l'hypothèse de la liberté. Malheureusement, à peine a-t-il énoncé cette formule qu'aussitôt 1l la surcharge d'idées étrangères qui l’offusquent, la défigurent, et finalement la métamorphosent,.

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