‹ Les principes de L'Enseignement libéral dans leur application à la question de l'Enseignement secondaireChapitre 41 sur 73 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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reconnait l'argument des utilitaires. Enfin, comme l'introduction de toute matière nouvelle dans des programmes déjà remplis doit se payer au prix de suppressions correspondantes, il faut sacrifier les vers latins, diminuer le nombre des thèmes et des devoirs écrits. La seule raison, d’ailleurs, de ces suppressions, c'est que, « si on ne les accepte pas, il faudra renoncer aux langues vivantes et à la géographie! ».

On pourrait multiplier les exemples. Ceux-ci suffisent pour mettre en lumière le caractère tout empirique des réformes proposées par le pédagogue, et, malheureusement, réalisées par le ministre de l'Instruction publique. Elles ne sont pas, ces réformes, les applications logiques d’un principe nettement choisi et fermement maintenu, mais les expédients ou, si le mot paraît trop fort, les habiletés d’un libéral aux abois, délogé de ses positions el réduit, pour se défendre, à prendre des armes de toutes mains. Avec J. Simon, la pédagogie libérale se détache de ses principes; et l’on ne voit pas ce qu'elle y a gagné, mais on voit bien ce qu'elle y a perdu, c'est-à-dire la solidité avec la cohésion.

Nous aimerions à nous arrêter quelque temps sur des livres de valeur, tels que ceux de MM. Bréal?, A. Dupuy”, Maneuvrier ‘, etc., et à y puiser les excellents conseils qu'ils renferment en abondance. Mais ce que nous cherchons en ce moment, ce ne sont pas des conseils d'ordre

pratique, si excellents soient-ils, c'est une théorie géné-

1. J. Simon, La Réforme de l'Enseignement secondaire, 187%, p. 315.

2, Quelques mots sur l’Instruclion publique en France.

3. L'État et l'Universilé, ou la vraie réforme de l'Enseignement secondaire.

4. L'Éducation de la bourgeoisie sous la troisième République.

rale d'éducation, c’est la moelle, pour ainsi dire, de la pédagogie libérale. Et les considérations théoriques, dans les ouvrages que nous venons de citer, sont ou absentes ou jetées en passant.

Nous aurions plus à prendre dans les écrits de Marion. Nul n'a mieux compris ce qu'est le libéralisme pédagogique, nul ne l’a fait mieux comprendre ou plutôt mieux sentir. Nul enfin n’a mieux parlé que l'auteur de l'Éducation dans l’Universilé de cet esprit Libéral « qui, dans l'éducation, consiste à prendre pour fin et pour moyen, au lieu du mécanisme, qui fait des automates, la liberté, qui fait les hommes! ». Mais Marion, moraliste plus encore que professeur, était attiré par les problèmes d'éducation proprement dite plus que par ceux de l’enseignement ?. Et, d'autre part, s'il est vrai que son livre est inspiré par la plus pure doctrine libérale, il ne contient point cependant d'exposé de cette doctrine. L'esprit libéral y circule, à la façon d'un souffle qui fait bruire et frémir toutes les feuilles, sans qu'on puisse nulle part le voir ni le saisir.

L'éducation libérale a trouvé en M. Fouillée® le plus ardent en même temps que le plus subtil de ses défenseurs. M. Fouillée l’a bien vu : ce qui fait la faiblesse de la doctrine libérale, c'est qu'il lui manque un fondement philosophique, et il a tenté de le lui donner. Tous les malentendus, toutes les controverses soulevés autour des questions d'enseignement proviennent, dit-il, « de

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