L'ADVERBE
Des Adverbes interrogatifs et de la manière d'inten'oger.
I. L'adv. qui sert a interroger, se iret au comm. de la ph. Il en est de même des pr. qui marquent l'interrogation. Ex. A quoi bon ces pleurs 1 quorsiun spectant fletus illij que voulez vous î quid vis ? Qui demandez vous ? queninam petis hominem 1
II. Quand on interroge et que la ph. ne commence pas par un adv. ou par un pr. interrogaiif, on met au commencement. 1 ® Si elle est affirm. an, anne, mmi ou niimquid, ou bien ne après le 1er mot. Ex. Avez- vous vu le Roi ? An^ anne, num ou mimquid, vidisd Regem î ou vidisti-?ie Regem ] 2 "^ Si la ph. est négative, aanon, nonne ou numqiiid non. Ex. N'avez-vous pas vu le Pioi ? annon, nonne ou numquid non vidisti Regem ?
III. Si deux noms suivent nier, idra, idrum, ils se mettent au même cas que lui et l'on met ne après le 1er et an avant le 2d. Ex. Quel est le plus vieux d'elle ou de vous ? uter natu major est tune an illa ?
IV. Pour répondre à l'interr. il faut s'exprimer comme si l'on répétait le verbe de la demande. Ex. Quelle si grande raison avez-vous eue de visiter Rome ? Rép. la liberté. Et quœ tanta fuit Romam tibi causa videndi ? Kép. Libertas{ c. à. d. Libertas mihi causa Juit videndi Roman.) A qui appartient ce livre ? à Philippe ; cujus est liber iste ? Philippi ( c. à. d. liber est Philippi.) A qui appartient ce tvre ? â moi : cujus est liber iste ? meus,
Qiie,„ne après mitre on mitr entent.
Que. .ne après autre ou autremdni s'exprim-^ par qudm^ ac ou atque. Ex. Tout le monde méprise ceu y qui parlent Gf.trement quHls ne pensent ; despiciunt omno^ eos qui aliter ce
sentiunt, loquuntur. Il pense autrement qu'il ne parle : sêeus sentit atque loquitur. Il est tout autre (ou tout différent) ç«'il 7i'était autrefois ; longé alius est quàm olim erat.
Ne. .que.
S'il peut se tourner par seuhment, se rend en latin comm« cet adv. Ex. Je w'ai dit que trois mots ; tria iantîim verba dlxi.
Rem. Quand ne. ...que est suivi d'un verbe, o" met ce verbe au subj. avec ut. Ex. Je ne vous dem«'ide que attire, attentif; id tantùm à te peto ut sis atten^'Js.
Ce n'est pas que. aw^^ c'est que.
Ce 11' est ims que.... mais c''est r^^^ se rendent, par non quôd ....sedquod. Ex. Ce n'est. -t^^ que ^e l'aime, mais c'est qux je le crains ; non quod ill-'» amern, sed quôd timeo.
^iiVerbes de quantité.
Les adv. de ^t^antitê s'expriment de diff. manières, suivant le mol .-^q"^^ o" ^^s joint.
Avâp'"^^ nom de choses qui ne se comptent pas, on rend . J^ggez.^ar satis. Le moins ; minimum, due, combien ; quantum,
Vui-nt, tant ; tantîm. Peu ; parîm. Trop ; nimis mtdti, œ, «.
liaucoup, bien;) pj^ ^^^
multum. ) j
Moins ; minù.'i. Le plus ; plurimùvu
Avant un nom de choses qui se comptent, on rend :
Assez par satis multi, \ Le moins ipaucissimi, ) ^ , .
■ œ,a \ œ,a. J ^"^^ ^«^i^bien ; quel.
Autant, tant ; tôt. Feu; pauci, œ, a. Trop; nimismuiti, «, a
Beaucoup,bien;7nu/fi)pi^ ,
Moins ; pandores, a. Le plus ; plurimi, œ, a.
Avant un nom de choses qui peut se dire grande, on rend : Assez par satis mag- ) Beaucoup, bien ; mag- ) Le moins ; 7ninimw, >
nus, a, um. ) nus, a, um. ^ a, um. \
Autant, tant; tantus, ^ h,t • • -r»
jjj ' ' } Moms ; mtnor, us. Peu ; panais, a, «m.
Plus; major, îw. Trop; mmftw, o, um.
Le plus ; maximus, a, ) due, combien ; quati- > vm. 5 '^> 0) ^^- >
Avant un adj. ou un adv. on rend :
Assez par 5afw. Moins; 7ninùs. Clue, combien ; quànu
Le moins; irwiimc. \ '^"^P ^ ^^^" «^ Pa^ ' ( un comparatif.
Aussi, si ; tàm. Peu ; parîim.
Aviwit un verbe ordinaire, on'rend :
Assez par s^is. Le moins ; viinimt. i ^"f ' combien ; quan-
^ ' ( tiim.
Autant, tant, si, ^us- ) t^
si ; tantùm; J ^^u ; panim. Trop ; nimis.
Beaucoup,bien; multiin^vius ; ma<ns:
Moins; 7;iinùs. Lt.T,lus ; maxime.
Avant un verbe de prix o. d'estime, on rend : Assez par satismagni Le moins ; i.Snimi. Que, combien : qu&nti. Autant, tant, SI, aus- ) p . . .. , .
si; tanti. ^ ireu , paru. 1. wp ; 7nnno pluns.
Beaucoup, bien; magni. Plus; pïuris.
Moins ; minoris. Le plus ; phirimi.
Avant un verbe d'excellence, un compaut^ et les adv, antèi pôstj on rend :
Autant, tant, si, aus- } p ^^. ç^ ^^j
si par tanto. ) ' l?"^'''''-
Beaucoup, bien : m«.'/(5. Trop ; iwniô.
Remarques. .
I. Avec Jugere et odisse, Tadverbe 2:>/îW s'exprime j)ar pejùs.
IL »SÏ p:rand et ai/ssi grand si rendent par iantus et </2<c grand, combien grand par quantus. Ex. Son courage n'est pas aî^s6fî grand que [grand) je le pensais ; non ifa?i/a est ejus virtus quantam putabam.
Comparaisons de supériorité et d'infériorité.
Dans les comp. de super, et d'infér. plus et moins s'expriment suivant les mots avant lesquels ils se trouvent et le que de la compar. par quùm. Ex. Nous trouvons en lui plus de vices que de vertus. Il y a ^)/«5 de fous que de sages ; plures sunt stidti quàm sapientes. Ce jardin paraît avoir plus de largeur, mais moins de longueur que le nôtre ; hortus iile plus latitudinis, sed minus longiiudinis quàm nos-
ter habere videtur. Rien n'est ptus honteux que de mentir ; nihil est turpius quàm mentiri. Je l'estime moins que je ne le crains ; illum minoris facio qumn timeo.
Rem. Après qudm on n'exprime pas le ne qui précède le verbe fr. Ex. Il est plus savant que vous we pensez ; doctior est qudm putas.
Comparaison d'égalité.
Dans la comp. d'égalité, les adv. de quantité soit dans le 1er, soit dans le 2d membre s'expriment suivuntle mot avant lequel ils se trouvent. Ex. La vertu'n'est pas si recherchée que l'argent ; non tauinm appetitur virtus quantum pecunia {appetitur sous entendu.) La vertu n'est pas si estimée que les honneurs sont recherchés ; non tanti virtus œsiimaiur quantum honores appetuntur. Il a autant de vices que de vertus ; tôt habet vitia quot virtutes.
Rem. lo. Autant répété marque aussi une comp. d'égalité. On met alors le mot qui exprime le que le 1er et l'autre le 2d. Ex. Autant de têtes, autant de sentimens ; quoi capita, tôt sensus. Autant la civilité plaît, autant la gros siéreté déplaît; qnantùni delectat urbanitas, tantàm offendit rusticitas.
2o. Tant, autant, à la fin d'une phrase, marquent de même une compar. d'égaUté. Tant, autant joints à un adj. se rendent alors par item et selon la nature des autres mots par tantîimdem, totidem, tantidem. Ex. J'ai beaucoup do livres, vous n'en avez pas tant ; sunt mihi libri benè multi, non sunt tibi totidem.
Si, tant.
Si, tant, s'ils ne peuvent se tourner par aussi, autant, se rendent en latin suivant le mot avant lequel ils se trouvent et le que qui les suit se rend par ut. Assez.,.. pout et aisez ■peu pour se rendent de la même manière. Ex. Il a tant reçu de plaies qn''\\ en est mort (ou il a reçu a^sez de plaies pour en mourir;) tôt accepit]?/«o-a5 ut mortuus sit.
Rem. lo. Si fcfîî/ marque la conclusion, il se rend par adeô ou tanliim ou par tantus avec un nom. Ex. Tant il est important de s'accoutumer au bien dans la jeunesse ; adeà
in teneris consuescere multum est. Tant on a d'amour pour les louanges (ou tant est grand l'amour des louanges ;) tanins amor laudum.
2o. Si /a72/....qMe peut se tourner par soit répété, on le rend par citm, tkm ou bien par tùm répété. Ex. Il parle tant angl. que français ; cùm anglicè tùm gallicè loquitur, ou tùm anglicè tiim gallicè loquitur.
Ta?it que ou aiita?it que.
Tant que ou autant que, au commencement d'une phrase et suivi d'un verbe, se rend par quantum ou par pro avec un nom, et, s'il marque la durée du temps, par quandiv. Ex. Autant que je pourrai, }& vous aiderai, quantiim potero (ou pro meâ facultate) tibi adero. Tant que je vivrai, je vous aiderai ; quandiii vivam, tibi adero.
D^ autant, à proportion que, &c. plus ou mobis répétés-
T. D\iutant avant plus, moins se rend par eô ou tanto et le que suivant par quâ ou quanta, s'il est suivi d'un comparatif, et, s'il n'en est pas suivi, par quod. Ex. Il est d^autant moins estimé qu^'û est plus orgueilleux; eo ininoris iit quô superbior est. Il est d^autant plus estimé qtC'û est modeste ; eô plnris fit quôd modestus est.
ïî. A proportion que et par cela même que s'expriment de même. Ex. Il est plus aimé par cela même qii^'û est plus vertueux ; eô magis amatur quô majori est virtute praeditus.
llem. L'adverbe de quantité doit toujours tomber de préférence sur le nom, quand il y en a un en latin. Ainsi dans l'exemple ci-dessus ce serait une faute de dire, quô magis est virtute prccditus.
III. Plus, moins et plutôt répétés se rendent encore de la même manière, mais on met quô le premier et eô le second Et. Plus on est vicieux, plus on est malheureux ; quô quia ritiosior est eô miserior. Moins on est virtueux, moins on est heureux ; quô minori aliquis est virtute prœditus, eô minus est felix. Plutôt vous partirez, plutôt vous arriverez à Québec ; quô citiùs proficisceris, eô citiùs Kebeccum ad ventes.
JDÈ LA (ÏRAMMAÏRE LATINE. 65