SIXIÈME ESPÈCE DE MOTS, LA PRÉPOSITION
Jif avant un infin. se tourne souvent par si ou par afin que^ selon le sens, Ex. A vous croire, il est honnête homme ; si te credam, vir probus est. A dire vrai, la chose se passa ainsi ; ut verè dicam, sic se res habuit. Je n'ai rien à vous dire ; nihil mihi est qiiod tibi dicam {quod est mis pour vt illud.
Après. Après suivi du passé de l'inf. se tourne par après que et se rend par postqiiàm, Ex. Après avoir été interrogé, il répondit ; postquàm interrogatus fuisset, respondit. Après avoir écrit, je lirai ; postquàm scripsero, legam.
Jlu lieu de ou que.
I. Au lieu de se tourne par et ne pas, s'il est précédé d'un impératif. Ex. Etudiez au lien de badiner; stude, non autem nugare (c. à. d. étudiez et ne badinez pas.)
II. Au lieu de suivi d'un verbe et non précédé d'un impératif, se tourne par lorsque je devrais, tu devrais. Sic. ou par lorsque je pourrais, &c.- selon le sens. Ex. Au lieu cVétudier vous badinez ; nugaris ciuimi studere deberes. Au lieu de badiner il étudié ; studet quùm nugari posset.
III. Au lieu que se tourne par au contraire. Ex. Il étudie au lieu que vous badinez ; studet ille, tu auteni . nagaris.
Avant.
Avant suivi d'un infinitf se tourne par avant que, Ex. J'écrirai avant de lire ; antequdm legam, scribam.
De.
De avant un inf. peut se tourner comme dans les ex. suivons. Ex. Je suis bien aise de Vavoir vu; sanè gaudeo ^ôd illum viderim. Vous me ferez plaisir de me le fair&
savoir ; pergratum mihi feceris, si me de his rébus certiorem feceris. Il a tort de le traiter en ennemi ; inique facit qui cum illo inimicè agat.
Maloré.
J\îalgré suivi d'un nom de personne se rend par invitu^, o, um que l'on fait accorder avec le nom, et, s'il est suivi d'un nom de choses ou d'un verbe, par quamvis et un verbe. Il l'a fait malgré son frère ; id. invito fratre fecit. Je l'ai fait malgré moi ; id. invitus feci {ego est ici sous-entendu.} J^Ialgré ses j^ressantes sollicitations auprès de lui {ou malgré qu'il le sollicitât beaucoup,) il ne put rien obtenir ; quamvis eum multiam sollicitaret^ nihil consequi potuit.
Pour.
I. Si pour peut se tourner par de, on met le nom suivant au gén. Ex. L'amour poto* la liberté est naturel à l'homme ; homini innatus est amor libertatis.
II. Si pour signifie à cause de, au lieu de, envers, eu égard o, &c. il se rend comme ces prépositions. Ex. Il souffrit le châtiment pour son compagnon ; pro socio pœnas subiit. Faites cela p)Our moi (ou pour l'amour de moi ;) hoc ago propter me.
III. Dans ces expressions ponr moi, pour lui, &c. si pour signifie mais ou quant à, il se rend par verâ, Kx. Pour cela, je le crois ; hoc verô credo. Pour votre frère, je le connais ; fratrem verô tuum novi.
IV. Pour ce qui est de se rend par quod attinel. Ex. Pour ce qui est de la science, quod attinet ad scientiam.
V. Pour signifiant afin que et suivi d'un comparatif se rend par quô. Ex. Reposez-vous pour mieux travailler ; otiare quô meliùs labores.
Sans.
Sans suivi d'un verbe se rend en latin de différentes manières, lo. Par un adj. ou par un participe. Ex. Il vint tans différer ; venit impiger. Je l'ai fait sans y penser ; id incogitans feci. Vous comprendrez cela sans que je vous le dii9 ; id, mt etiàm tacente, intelliges. 2o. Par une conjoncT
tioii et un verbe, selon le sen-i de Ja phrase. Ex. Je n« mourrai pas sans Vavoi?- vu (c. n. d. avant que je neVaie vti;) ttonpriiis moriar quàni illum viderim. Je ne puis voir san^ frémir les monstres qui ont ainsi trempé leurs mains dans le sang des citoyens ; videre non possum quin horrescam monstra qui saniïuiiie civium ità se cruentàrunt. 3o. Par mi adv. Ex. Sans digérer, ilîicô ; sans y penser, incogitan-^ ter. 4o. Par une préposition et un nom. Ex. sans rire ; extra jocwn, sans différer, sine moru.
Rem. Sans suivi d'un infinitif et signifiant et ne se rend par iiec. Ex. Il ine quitta sans nie parler ; me reliquit nec allocutus est.