‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 100 sur 199 · LA LOI DES CRÉATIONS SU(JCESSIVES · texte numérisé non relu

LA LOI DES CRÉATIONS SU(JCESSIVES

LA LOI d'uXIIÉ dans LES TYPES.

premières. On est libre, en effet, d'en appeler à cette force à chaque moment du renouvellement de la vie, ou de renvoyer à une seule origine la production et la disposition des puissances naturelles, ainsi que des temps et moyens de leur développement. Mais le premier parti est peu scientifique ; le second ramène, si ce n'est rigoureusement, au moins par une certaine harmonie de la spéculation, les idées d'unité et d'enchaînement de tous les modes de la vie. Au reste, l'universalité des cataclysmes et Texistence de scissions, surtout complètes, entre les espèces vivantes d'une époque et les espèces de la suivante, sont des opinions qui ne paraissent pas faciles à défendre. La thèse contraire semblerait plutôt démontrée par des observations déjà nombreuses et de fortes inductions.

La théorie des créations successives n'étant pas acceptable, il ne s'ensuit point que celle de la diversité des types de l'organisation et de leur discontinuité fondamentale doive être en même temps rejetée. Il n'y a pas incompatibilité entre ces deux opinions : V admettre (jue des espèces coexistent ou se sont suivies dans le temps, avec les moindres intervalles possibles entre elles ; même, si Ton veut, que toutes ont certains caractères communs ; que, de l'une à l'autre, quand la distance est grande, on découvrirait toujours, en cherchant bien, quelque espèce intermédiaire ;

30 que cependant il n'y a pas de parenté universelle, mais que la vie à son début comme sous nos yeux s'est produite avec des types multiples. En effet, de la coexistence des degrés on ne saurait logiquement conclure qu'ils se sont tous formés dans le cours du temps avec un point de départ dans l'identité. L'histoire naturelle ne nous révèle rien de positif et de directement saisissable, touchant la donnée primitive des existences spécifiques et les limites extrêmes de leurs variations. On s'adresse alors à l'induction; mais rinexpérience de la critique amène les généralisations sans limites, et le fil de l'analogie, suivi de fait en fait, fait oublier la logique qui met seule en évidence l'accumulation des incertitudes dans les points de rapprochement. C'est le défiut de la théorie de Geoffroy Saint-Hilaire, remarquable d'ailleurs par l'élévation de la pensée, et dont je ne voudrais pas parler légèrement.

C'est une belle loi que celle de Yiinité de type des êtres organisés, alors môme qu'il y a obstacle à son entière généralisation. Ce sont de beaux travaux que ceux qui ont dévoilé des analogies réelles, là où on n'avait su voir que diversirés et incohérences. Mais l'application du nouveau principe n'a pas eu et ne pouvait pas avoir toute la portée que l'inventeur en espérait. L'intérêt en est grand dans la science particulière, ce qui est bien quelque chose, mais s'efface en

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LA LOI DUXriE DANS LES TYPES.

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