‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 102 sur 199 · LE PIIIXCIPE DE SPÉCIFICITÉ · texte numérisé non relu

LE PIIIXCIPE DE SPÉCIFICITÉ

DANS LES ÊTRES OUCiANlSES.

la grande querelle des nominalistes et des réalistes. Cuvier surtout ne prenait du nominalisme que le principe définitivement passé dans les sciences modernes, et ne contestait pas un fondement de réalité aux caractères génériques. Mais il pensait avec grande raison que les existences proprement dites sont particulières et constituées en espèces.

Aujourd'hui les naturalistes sages, ceux même qui s'attachent au développement de la pensée de Geolïroy, se renferment dans la science et s'abstiennent sagement de la généralisation outrée. Ils reçoivent les espèces comme des faits, que véritablement elles sont ; ils n'admettent leur variabilité que dans les limites où l'expérience la renferme. Or, ces limites sont resserrées. Ni l'observation actuelle ni les explorations géologiques ne permettent de les étendre beaucoup. La prétendue continuité progressive ne ressort pas plus positivement de l'étude des terrains anciens que du spectacle des habitants actuels delà terre. Le principe de spécificité prévaut toujours, en dehors de la nouvelle école évolutioniste, à laquelle j'arriverai tout à l'heure; et le principe de l'unité, dont Lamarck reste le représentant le plus complet, appartient à l'histoire des systèmes, hormis en quelques traits généraux que lui emprunte cette école.

Un autre point sur le(|uel Geoifroy fut, ce me

semble, mal inspiré contre Cuvier, c'est la négation du principe d'harmonie, qu'il entachait d'usage physique des causes finales. Cette harmonie existe et elle est bien nommée. N'est-ce pas une réalité sensible que l'adaptation des conditions extérieures aux propriétés internes des êtres et à leurs fonctions, ou celle des organes entre eux pour le but dernier de la vie? Il y a sans doute un antagonisme aussi; mais ce sont là deux faces des mômes rapports, et sans la concordance générale de tout développement interne avec les lois des phénomènes ambiants, sans une limite aussi de la part de ces derniers, on ne pourrait pas concevoir la production des êtres particuliers. Affirmer l'harmonie ce n'est pas faire servir les causes finales à une explication physique spéciale; c'est énoncer une crrande loi de la nature. La nier c'est se condamner au contraire à rendre un compte exclusivement physique des phénomènes moraux et à ramener des lois à de certaines autres qui, par leur définition même, y sont étrangères.

En résumé, le rapport des espèces avec les conditions sous lesquelles elles doivent se déve^ lopper, est une loi primitive dont le comment se dévoilera graduellement par les efforts de la science, mais dont l'origine et le iiourquoi sont nécessairement inabordables pour elle. Ce rapport (lue tout suppose ne peut être expliqué par

LE l'KIXClPE DE SPECIFICITE.

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