‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 109 sur 199 · DANS LES PHÉNOMÈNES EMBRYOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

DANS LES PHÉNOMÈNES EMBRYOGÉNIQUES

succession de tous les organismes que dans le perfectionnement particulier de chaque partie de leur corps. Ce progrès, bien et dûment constaté par Agassiz, est l'effet nécessaire de la loi de sélection naturelle formulée par Darwin, qui en démontre les causes efficaces. Si cette loi est fondée, il faut de toute nécessité que le perfectionnement et la multiplicité des espèces aient grandi par degrés dans le cours de l'histoire organique terrestre, et c'est seulement aux épo- (|ues les plus récentes qu'elles ont pu arriver à une grande perfection (1). »

L'auteur de ces formules, qui auraient pu être un peu plus nettes, même ou surtout dans leur brièveté, poursuit en reprochant à Agassiz un désaccord entre sa théorie du progrès des êtres et sa doctrine des créations successives. Je n'y vois pourtant aucune incompatibilité. La nécessité de ce progrès, que Hîe.c kel réclamait comme une conséquence formelle de la loi des sélections, Darwin lui-même, on l'a vu, ne l'admettait nullement en vertu de ses principes, et sentait même fort bien qu'elle s'éloignait de la logique de son système; tout ce qu^il demandait, c'est que son système pût bien expliquer le fait, en le supposant acquis à la paléontologie : or une explication diffère logiquement d'une nécessité de conséquence) Darwin savait cela. Il le montrait, en trahissant son embarras, là même où il avait le tort de parler de ré-

(1) Ha^ckel, Histoire de la création des êtres organises, p. r)l (le la traduction fran<:îiiso.

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siiltat presque nécessaire. Il prenait une attitude assez affirmative dans la question des ressemblances embryogéniques. « Les animaux anciens et éteints ressemblent Ji«6'g2^Yi U7î certain point.^ disait-il, aux embryons des animaux vivants appartenant aux mêmes classes; fait veynarquahle qui s'explique tout simplement dans notre théorie (1). » C'est l'hérédité qui donnait à Darwin l'explication fournie à Agassiz par l'hypothèse d'une retouche du Créateur dans les types conservés d'époque en époque.

Les déclarations d'Agassiz lui-même, au sujet de cette loi, sont loin d'être dogmati(|ues « Plusieurs auteurs, dit-il. ont déjà signalé la ressemblance qui existe entre les jeunes de certains animaux actuels et les représentants fossiles des mêmes familles. Mais jusqu'ici ces comparaisons n'ont porté que sur des cas isolés. On n'est pas encore complètement sûr (jue le caractère de la succession des êtres organisés dans les âges passés soit de nature à offrir, en général, une conformité remarquable avec le développement embryonnaire des animaux. C'est là cependant une conclusion justiliée par l'état actuel de nos connaissances en embryologie et en paléontologie... On peut regarder comme un fait général de nature à être établi de })lus en plus solidement à mesure que les recherches embrasseront un [)lus vaste teri'aln, que les phases du développement embryogéniiiue correspondent, chez tous les animaux vivants, à l'ordre de

(1) Darwin, YOrigine des espèces, f). oz-J, Irad. ]Moiiliiiié.

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