LA DEFINITION DE L ESPECE
rieure à celle des rapports moraux. La plus simple application de la méthode criticiste demande que des idées corrélatives, telles que celles de l'individu et de l'espèce, ne soient point séparées dans nos spéculations sur les origines, et cela soit qu'il s'agisse de l'esiièce comme lien })hysiologique , ou de l'espèce comme assemblage d'êtres porteurs de qualités semblables 11 n'y a pas plus de raison pour s'eti tenir à un couple originaire unique, dans le premier cas, (ju'il n'y en aurait pour n'admettre que deux individus, dans le second, comme sièges de caractères pareils et aptes aux mêmes relations; tandis que l'idée générale de société^ qui est celle du but de la création, comporte évidemment une pluralité étendue au delà de la dualité. Il est facile de voir comment les partisans du couple primitif unique ont été entraînés à cette opinion, en ce qui concerne l'origine de l'humanité. Leur mobile principal était le désir de fonder l'unité et la solidarité absolue de res})èce hunmine dans ce couple où ils renfermaient, moralement ainsi que physiquement, la suite entière des individus (qu'ils en faisaient descendre. L'ancienne interprétation dogmatique du péché originel s'ajustait à ce point de vue de la création et de l'histoire naturelle. Aussi les adversaires du dogme théologi([ue et de l'autorité cléricale ont-ils longtemps combattu riiy[)othèse de l'unité originaire, et les hommes de religion se crovaient tenus de la défendre. Agassiz se plaignait encore (jue ces derniers