‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 117 sur 199 · RKDUTT A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION · texte numérisé non relu

RKDUTT A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION

irréductibles, ou qu'on ne ramène à d'autres, par des degrés prétendus, qu'à l'aide d'assimilations vagues et de comparaisons imparfaites, et non pas même sans hypothèses arbitraires, — de tels caractères se nomment à bon droit spécifiques, — il est conforme à la raison, dans la supposition où l'espèce qui les porte proviendrait génétiquement d'une autre dans laquelle ils n'apparaissaient pas, de penser que la transition de celle-ci à celle-là s'est opérée par une révolution physiologique dont nous ignorons la nature et la cause, au lieu de croire qu'elle a suivi la marche d'une évolution continue dont nous ne pouvons sans sophisme joindre l'un à l'autre le point initial et le point final (1). L'opinion de la continuité est donc, ainsi que celle de l'unité, de source philosophique et non scientifique ; toutes deux ont contre elles l'expérience. L'argument, qu'on ne se lasse pas de répéter, qui consiste à alléguer tant et tant de phénomènes d'évolution dont le développement vital d'un germe est le principal, n'a aucune valeur, puisque la question est précisément de savoir si la formation des espèces est, comme celle des individus d'une espèce donnée, de l'ordre évolutif. Quant à la thèse philosophique du continu, grâce à laquelle on se flatte d'expliquer l'être par le devenir, elle repose

(1) C'est une partie singulièrement faible de l'œuvre de Darwin que celle où il s'est occupé de lier par voie de continuité les caractères spécifiques de l'ordre mental des animaux et de l'homme. L'insuffisance philosophique du naturaliste se continue aujourd'hui dans son école.

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sur une illusion dont la science expérimentale devrait au moin^ se défendre, car la science doit partir de données fermes. De même que la doctrine de l'unité primitive est impuissante à rendre compte de la i)luralité qui a suivi, de même la doctrine de la continuité n'explique le changement qu'en apparence. En eiïet, grandes ou petites qu'elles soient, les diflerences subsistent et réclament une explication qu'oti ne peut donner. Si elles s'évanouissent entièrement, il cesse d'y avoir changement.

Enfin, une troisième hypothèse dont la source n'est ni dans la science, ni dans l'idée propre de Darwin en histoire naturelle, est, on l'a vu ci-dessus, Tliypothèse du progrès, laquelle ne se rattachait par aucun lien nécessaire à la théorie de la survivance des plus aptes. Elle a été suggérée au savant i)ar l'esprit de son temps, qui était la croyance à la nécessité du progrès en toutes choses, de même que l'esprit du siècle prochain sera peut-être la croyance à la réalité

de la décadence.

Ramenons à présent à sa plus simple expression, sinon ce qu'on a toujours le droit d'appeler le darwinisme, nom d'une école avouée par Darwin, dans laquelle les idées courantes de la philosophie du siècle ont pénétré de tous C(Més, au moins la vue originale de ce penseur naturaliste sur la nature, en la dépouillant de ce qu'il y entre d'extra-scientihque. Les hypothèses de l'unité d'origine, de la continuité du développement, et du progrès de l'organisation

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