‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 119 sur 199 · DOCTRINES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

DOCTRINES RELIGIEUSES

dans la quiétude du principe éternel, dans Cette unité encore indivise au sein de laquelle se produit la descente des êtres, le rêve de la vie. Existence est donc déchéance. Alors, et pour donner quelque consistance aux êtres sans trop les distinguer, mais au contraire, en les liant par une loi puissante qui abat cruellement l'orgueil de ceux d'entre eux qui s'attribueraient toute la dignité d'une personne, on les imagine propres à revêtir de vie en vie les formes les plus variées, avec identité d'essence et absence de mémoire. C'est la transmigration. Ainsi la nature vivante est une dans sa diversité, et les êlres sont tous le jouet de transformations sans nombre, traversant des états sans lin d'énergie ou d'inertie, d'élévation ou de bassesse, voués aux tourments changeants mais infaillibles de toutes ces conditions, et victimes, en l'état d'hommes, de Fillusion renaissante qui les leurre d'être quelque chose de stable en eux-mêmes.

Cette croyance , la plus tenace et la moins contestée dans son milieu (]ui ait pesé sur une grande partie de l'espèce humaine, s'implanta, sauf additions ou amendements exigés par la mythologie, dans les religions de l'Inde et de l'Egypte, et manqua s'introduire en Europe par le platonisme, le néoplatonisme et les dillerentes sectes orientalisantes des siècles voisins du commencement de notre ère. Avant cette époque.

SUR LE :\rAL PHYSIQUE.

elle avait atteint sa plus extrême rigueur logique, en même temps que sa suprême conclusion morale, et jeté les âmes désolées dans une religion nouvelle. En effet de profonds pliilosophes, sous l'empire du concept qu'on se formait universellement du sort des âmes, en étaient venus â demander à l'effort mental de l'homme un moj^en pour lui de fuir cette loi de la vie qui est le mal ; et la conviction d'avoir trouvé le moyen d'échapper pour toujours â l'existence consciente, l'espérance ardente de communiquer ce moyen à une foule de misérables, furent, comme on sait, les mobiles de la révélation de Sakia le Bouddha, dans l'Inde , vers le sixième siècle avant l'ère présente.

La pensée cosmogonique la plus profonde du bouddhisme reparait de nos jours en Allemagne, et n'est pas d'ailleurs aussi étrangère à nombre d'esprits qu'on pourrait le penser. Seule la doctrine des transmigrations y est atténuée. Selon la vieille théorie bouddhique, l'origine profonde des choses périssables est Y Illusion qui fait croire à la réalité, ou encore Y Ignorance, mère des connaissances apparentes. La cause prochaine de chaque existence individuelle est Y Attachement ., qui lui-même a sa racine dans le Désir, En d'autres termes, la vie, source des misères et de la mort, descend des passions qu'elle manifeste. aux(|uelles elle donne corps ; et nous cesserions

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