‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 128 sur 199 · L EVOLUTIOXISME DE HE(4EL · texte numérisé non relu

L EVOLUTIOXISME DE HE(4EL

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nature est de se produire extérieurement. En elle, les existences se différencient, tombent l'une hors de l'autre, et npparaissent comme n'ayant aucun lien ni aucun rapport entre elles... Il faut que la [)ensée spéculative rejette ces prétendues transformations de la nature, suivant lesquelles les plantes et les animaux seraient sortis de Trau, les animaux qui ont une organisation plus parfaite proviendraient dhme classe inférieure, etc. Ces explications vagues et obscures n'ont d'autre fondement que l'expérience sensible (1). »

Hegel exprime son parfait mépris pour la méthode empirique, pour le has entendem^nit, incapable de suivre le vol de la Raison dans l'identité des contraires, enfin pour cette inconsistante nature pleine d'irrégularités et d'accidents, domaine indisciplinable de rindividuel. dans laquelle les dillerences et les changements se refusent à passer par la lilière logique de l'ariirmation, de la négation et de la négation de la négation. Il nie les transformations de la vie et le progrés de l'organisation. Et cependant II. h^pencer, qui embrasse tout ce que Hegel a repoussé, qui cherche les lois réollos et la véritable évolution dans la nature et no)i dans la logifpie, laissant l'Idée, si quelque chose de ce nom existe, immobile sur le trône vide de l'Inconnaissable, H. Spencer sacrifie, dans le fond, \\ h\ même idole mél;q)hysi([ue (pie son

(1) Ih'^el, PltHosopliic de la )iaturi\ Iraihnle \)\\v A. Yeia, L 1, 1». LS1I-1ÎJ7.

ET LEVOLUTIONISME DE H. 8l'ENCEll. KW

devancier, et conduit ses adhérents à une vue de Tunivers toute pareille en ce qui concerne la raison pratique et les croyances morales, et môme, qui le croirait ? le pur intellectif.

Les points de départ sont infiniment plus semblables qu'on ne le supposerait possible pour deux systèmes qui ont l'air d'être suspendus, ici, <à ce que les noms dont se servent leurs auteurs nous font croire appartenir au genre de l'Esprit, et, là, au genre de la Matière. En elfet, d'une part, l'Idée, qui est, au début, un néant de détermination, est grosse de tout ce qui se détermine au cours de son développement, y compris ce (qu'elle produit en s' extériorisant et s'aUénant^ et (jui ne laisse pas de n'être encore qu'elle-même en cciie chute misérable (1). De l'autre part, l'origine, en apparence mécanique, de l'univers est dans la Matière au dernier degré d'évaporation et d'exténuation, homogène et, par conséquent, indéterminée et sans forme, prête à recevoir toutes les formes, et inséparable de la Force qui, aussi bien qu'elle, est exempte de déterminations, —puisqu'elle

(1) (( L'idée se produit dans la nature sous la forme d'une existence étrangère à elle-même. Comme c'est l'idée qui pose pal' là la négation d'elle-même, et qu'elle devient extérieure îi elle-même, la nature ne doit pas être considérée connne une existence extérieure relativement à l'idée, ni même relativement à son existence subjective, c'est-à-dire à l'esprit, mais on doit considérer cette manière d'être extérieure connne une déterminrUion oà elle existe en tant que )iatirre. » (Hegel, loc. cit.).

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