‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 131 sur 199 · L ÉYOLUTIOXISME SOI-DISANT CHRETIEN · texte numérisé non relu

L ÉYOLUTIOXISME SOI-DISANT CHRETIEN

acte libre lui-môme, et non point le résultat d'une évolution générale des êtres non libres. Mais les évolutionistes théistes prétendent faire sortir de révolution le libre arbitre, dont les autres évolutionistes, pins logiques, rejettent la notion comme illusoire; car ce ne serait plus un fait d'6^t^oZ^(//o>i, que l'apparition de cet être libre, dans un monde toujours et partout déterminé, mais bien de révolution, un événement discontinu incompréliensible, en contradiction avec

le système.

Il y n, pour l'évolntionisme chrétien, quelque chose de plus fâcheux encore que l'impossibilité de réserver dans l'évolution une place pour l'origine et la raison d être de la liberté humaine ; c'est que, même en supposant cette liberté introduite, \q péché originel eiYorigine du péché sont impossibles, et c'est Dieu qui demeure responsable du mal, puisque les êtres qui le commettent en ont perpétré l'acte matériel naturellement , en conformité de la nature qu'ils tiennent de leur création même et du cours de l'évolution (pie Dieu a voulue ; et (pie le mal ne leur a été révélé comme tel que postérieurement à l'acte, on ne sait comment. Nous avons de M. Secrétan lui-même l'aveu de ce vice irrémissible pour une théorie qui voudrait être chrétienne : « Le mal est ourdi dans la chaîne et dans la trame du monde actuel, et ce monde nous parait être Tévolut ion d'une puissance qui se réalise. Pour éloigner de Dieu la causalité du mal, c'est-à-dire pour conserver l'idée de Dieu, nous en at-

LOiUGIXE DE L HOMME.

tribuons Torigine au libre arbitre de la créature. Mais comment concevoir le libre arbitre, comment asseoir la responsabilité, sans attribuer au sujet rintelligence des alternatives qui se posent devant lui, la connaissance, ou tout au moins le pressentiment du devoir, une conscience distincte, qui ne saurait se concevoir avant l'action ? t M. Secrétan ne se charge pas de résoudre la difficulté qu'il formule ainsi (1).

Il est de toute évidence que l'esprit des textes bibliques est celui d'une doctrine de création de l'homme dans une condition de bien-être, au sein d'une nature inolTensive, heureuse; que le péché est, selon cet esprit, commis sciemment par l'homme en violation d'un commandement du Créateur, et que la source du mal physique est là, savoir, rattachée à celle du mal moral. Ces trois conditions sont également violées par l'évolutionisme créationiste qui prend pour l'œuvre de Dieu le monde mauvais, objet des justes malédictions des pessimistes.

LOHIGINK DE L HOMME.

L'origine de Thomme dans le monde actuel n'est pas, comme celle de la nature, un problème insondable pour les sciences naturelles. Sans

(1) Ch. Socrclan, La civilisatio)) et la crot/afice, p. o29-

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