‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 144 sur 199 · LEI'AT INITIAL · texte numérisé non relu

LEI'AT INITIAL

QUANT A LA ^lATlERE.

concevons et le monde moral, antérieurement au péché, et le type de l'humanité, dans les premières créatures morales, sous une forme franche et naturelle, accessible aux notions présentes de notre conscience, éloignée de tout panthéisme, enfin compatible avec nos idées de l'expérience possible.

Essayons d'aborder avec quehjue chose de plus que des idées toutes vagues ce plau d'une création à l'état pur et bon, d'une origine absolue, antérieure aux origines astronomiques, d'un monde initial entièrement harmonique, non pas immatériel, ce qui n'a guère de sens, mais fait d'une matière à propriétés modifiées, et dont notre monde matériel serait la subversion et la perversion. Demandons-nous d'abord pour cela quelles sont les conditions d'existence et de production de ce dernier, dans l'origine nébulaire qu'on lui attribue. La réponse est facile. Il faut nommer la pesanteur et la chaleur : la pesanteur cause de la concentration des masses, et des mouvements par lesquels elles se précipitent les unes sur les autres quand certains équilibres sont rompus ; la chaleur et ses effets de désagrégation provenant du passage des mouvements de transport des masses, qui se choquent et s'arrêtent, à des mouvements moléculaires internes dont la somme correspond sans altération à la môme quantité conservée du produit défini en mécani-

que sous le nom de forces vives. Quelle que puisse être la suite des états par lesquels passe un monde formé de cette manière, à partir du moment de l'incandescence et la nébulosité, ses habitants sont soumis, quand il devient habitable, à deux grandes causes de maux physiques inévitables. La gravitation des corps placés à sa surface, par rapport à sa masse disproportionnée, est à la fois une chaîne pour les mouvements de ceux d'entre eux qui sont mus par le désir et la volonté concurremment avec les lois physiques, et une cause d'accidents et de catastrophes qui, du petit au grand, expose conslamment la vie à être écrasée par le poids ou le choc delà matière morte. Les variations de la chaleur tant interne qu'externe, et celles d'une force moins bien connue, qui est l'électricité, produisent les phénomènes de changements d'état physique des corps, et cenx de la composition et de la décomposition chimiques, dans la dépendance desquels sont la vie et la mort des individus et des espèces, selon l'intensité et le caractère de régularité ou de révolution des changements qui s'elfectuent ou qui peuvent survenir.

Enfin ces deux grandes conditions, la pesanteur et la chaleur, supposent elles-mêmes une condition supérieure, à savoir l'existence de cette matière brute, oujnorte, (jui est essentiellement celle qui exerce et subit, sous l'empire des lois

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