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QUANT A LA MATIÈRE

de Yinertie et de Végalitê de faction et de la réaction, ces actions absolues et fatales dans lesquelles il n'entre à aucun degré ni choix, ni arbitre, ni force, au sens intellectif et affectif de ce dernier mot, et dont le calcul enfin est rigoureusement mathématique. Qu'est-ce que cette matière? Quelle est sa fonction utile, à coté de ses développements oppressifs et de ses dangers, dans un monde considéré au point de vue des vivants et des intelligents auxquels elle fournit des organes? En quoi consiste sa nécessité? Que peut-on imaginer qui ait rempli son rôle sans entraîner les maux dont elle est la source ?

On doit distinguer profondément deux modes de la définir : le mode de son existence propre, c'està-dire des êtres qui composent cette matière et de leur existence pour soi, et celui de sa fonction instrumentale pour toutes les impressions et idées que les consciences reçoivent par voie de communication externe. Si Ton pouvait éviter le premier point de vue, arguant de ce que la réalité qu'on y envisage est chose de pure apparence et de croyance qui ne s'impose point, le second s'offrirait pour servir exclusivement à la définition de la vie et des relations des consciences dans l'état normal, ou avant la chute, de môme qu'il a suffi au grand immatérialiste Berkeley, pour

expliquer les sensations des Esprits, nos propi'es sensations, telles qu'elles sont dans le monde pré-

sent. On se représenterait les corps, en cet état normal, comme de simples systèmes de signes, soit qu'on imaginât, avec Berkeley, l'Esprit suprême comme l'auteur et communicateur à nos consciences des idées sensibles qui constituent ces signes, soit qu'on admit, avec Leibniz, que ces représentations se développent spontanément en chaque conscience ou monade, et se correspondent, en forme de causes et effets, par une loi préétablie de la création. Mais Leibniz reconnaissait la donnée des consciences de tous les degrés, l'existence des monades d'ordre inférieur, et, par conséquent, une réelle matière; au lieu qu'il faudrait se borner jyci à l'harmonie préétablie des déterminations des consciences, toutes de forme humaine, — les seules dont le péché et la chute soient intelligibles, — et que, de plus, il importerait de leur reconnaître un libre arbitre réel, au lieu du déterminisme absolu et de la nécessité morale de la doctrine leibnitienne.

Mais cette hypothèse de spiritualité pure ne satisfait pas aux exigences de la théodicée. En effet, ce système de signes, qui, avant la chute, devrait n'avoir consisté jamais qu'en des représentations sans douleur, occasionnées en chaque conscience (pour ce que celle-ci éprouvait de passif) par les représentations des consciences ses semblables, ce système s'est étendu, depuis la chute, à tous les phénomènes de la subversion

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