‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 146 sur 199 · L ETAT INITIAL · texte numérisé non relu

L ETAT INITIAL

dans l'ordre de la nature ; et à qui le rapporter maintenant? Des signes ne sauraient exister par eux-mômes, et ceux-là ne proviennent certainement pas des actes ou des pensées des hommes. A qui attribuer la communicatmi douloureuse qui nous en est faite, sans que leur auteur soit posé du môme coup comme l'auteur du mal, l'auteur direct? Berkeley n'a peut-être pas assez réfléchi à cette conséquence de sa doctrine : les volcans et les tremblements de terre, les déluges, et tant d'accidents malheureux et de catastrophes où l'homme n'est pour rien, tout cela réduit, pour son existence intrinsèque, à des idées dont nous sommes affectés par l'action de Dieu! On aurait beau nous faire observer que cette nature, postérieure à la chute, se justifie comme punition divine, il répugne à une pensée noble de faire de Dieu le bourreau de ses créatures et le destructeur de son propre monde. Il convient, au contraire, à l'idée d'un ordre de liberté de regarder les créatures elles-mêmes comme les agents de la subversion de ce monde; et il ne faut pas recourir à d'autres moyens que l'usage pervers qu'elles auraient fait de la puissance à elles confiée sur le milieu et les éléments normaux de leur vie, et que l'application régulière des lois fixes et universelles de la création à la production naturelle des conséquences de leurs actes.

Il faut donc, pour continuer dans la suite

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