DES GERMES ULTIMES
la chute, ou qu'en cette prévision, il eût consenti dans sa pensée à l'anéantissement éventuel de son œuvre, au lieu d'ouvrir une voie de retour à ses créatures. Dans cette voie, qui est celle de la nature présente, et qui crée un système d'épreuves pour les êtres renaissants, on peut admettre que, pour une partie d'entre eux, l'anéantissement soit la fin de Tépreuve, ainsi que l'entendent les théologiens partisans de l'immortalité conditionnelle; mais il n'a pas dû l'être pour tous après la chute, puisque, encore une fois Je plan de la création ne devait pas renfermer la possibilité de la destruction des êtres dans le cas où, par l'exercice de leur liberté, ils arriveraient à ruiner l'organisme commun et leurs organes propres dans cet organisme. C'est donc une suite de notre hypothèse, que des germes de ces individus, en tant ({ue susceptibles de réorganisation sous certaines conditions, aient existé en eux et se soient conservés après la chute, à travers tous les phénomènes de la décomposition de l'univers, pour se développer dans des milieux plus favorables.
La notion de germe réclame ici une explication. Nous ne devons pas la considérer à un point de vue exclusivement physique. Toutefois, même à ce point de vue, il ne nous serait pas interdit d'admettre la possibilité de la conservation d'un
germe matériel, c'est-à-dire d'un corps organisé