DES ESPECES SUPERIEURES
C'est là qu'est aux yeux de tout philosophe décidé à exclure de l'histoire naturelle et de l'histoire de l'homme les explications par le miracle (ou action directe de Dieu pour la production d'événements particuliers), c'est là qu'est la force de rhypothese de la conception du premier ou des premiers hommes dans des matrices animales. On arrive aujourd'hui à se familiariser peu à peu avec une manière de voir, à ce sujet, qui a longtemps paru révoltante, et (jui est pourtant bien la plus vraisemblable de toutes. Je n'ai pour ma part aucune répugnance à l'admettre, parce que je la sépare de la doctrine de révolution universelle et continue. L'hypothèse, qu'il est difficile de préciser, mais qui est bien intelligible en sa pleine généralité, suivant laqiielle des moyens de reviviscence des êtres primitifs désorganisés par les conséquences de la chute, auraient été prédisposés pour de futures générations, cette hypothèse est satisfaite par une loi reliant les uns aux autres les germes de diflérentes espèces, préordonnant en certains cas la production successive de ces dernières, et établissant pour cela des variations à survenir, à des moments fixés, dans les puissances de développement des germes transmis d'individu à individu pendant des périodes plus ou moins longues. De même que nous voyons l'homme organique individuel passer après sa naissance par des phases