‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 166 sur 199 · THÉORIE DES GERMES · texte numérisé non relu

THÉORIE DES GERMES

nous permet de mesurer l'immense déperdition des germes, dont il a été question plus haut. Mais ce mot déperdition n'a qu'un sens relatif à la composition de la famille humaine terrestre, puisque les germes sont, par hypothèse, impérissables.

C'est donc sur la femme, essentiellement, que reposent la conservation et le développement de la famille. Si ce n'était pas trop diminuer la part du père dans la génération, on pourrait dire avec un ingénieux penseur, notre contemporain, que « la raison de son existence est dans un œuf, auquel il est relié par un fil invisible, et qu'il a reçu mission de faire évoluer vers la vie... C'est que la femme est la source intarissable de la vie. Eve n'est pas sortie de la cote d'Adam ; le premier homme est le fils de la première femme. En elle il a vécu d'abord; c'est pour elle et pour les promesses que son sein recelait qu'il a vécu ensuite. Nous sommes non les fils d'Adam, mais les fils d'Eve. Elle est la mère de tous les hommes; c'est en elle qu'était la vie même de Thumanité » (1).

trement, correspond toute la partie .sul)séquente de la série qui dépend de ce groupe et ne se dév<'loppe point. T^a formule serait analogue en faisant remonter les germes à une fîuiiille antérieure à la famille humaine, sauf que les virtualités d('r^ a\, ".'1, a\\ , etc., devraient, en ce cas, être considérées comme discontinues à un certain mdroit du développement.

(1) .J. Delbœuf, Pourquoi monrons-novs ? (Revue plulosopJdqiie, avril 1891, p. 4*-27).

JNl)ESTRU(rrnîLES.

Mais nous sommes les fils d'Adam aussi, puisque nous ignorons la raison et l'origine de la division des sexes, et que le nom d'Adam figure, par rapport à chacun de nous, la totalité des individus du sexe masculin dont l'opération a été reciuise pour notre existence actuelle. Tout germe impérissable dont les conditions de développement se trouvent réunies doit subir dans la carrière d'organisation, de vie intégrale et de désorganisation qui va de la conception à la naissance, à Y alimentation physique et morale, et à hi mort d'un individu, trois séries d'actions ou infiuences : lo celles qui lui sont transmises à la terminaison, en ce ({ui le touche, de la ligne maternelle, et dont l'existence est témoignée par des ressemblances, par des caractères hérités de cette ligne ; )V celles qui lui sont apportées par le père, dans l'intervention mystérieuse qu'on peut prescjue appeler la première et la plus importante des aventures modificatrices venues du dehors à l'enfant qui va être; 3« celles que cet enfant devenant homme exerce sur lui-même, et qui retentissent profondément et marquent sur ce (lui doit rester de lui pour une autre vie, après la mort, des traces inelVaçables.

Les deux premiers genres d'actions, exercées ou transmises par les procréateurs immédiats, sont des contributions à la constitution physiologique et psychique de l'individu, et représen-

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tent la solidarité humaine modifiée diversement selon les familles. Le troisième genre est l'œuvre de la liberté opérant sur des données fatales, et constamment actionnée elle-même par les lois de la vie et les rapports sociaux.

Si c'est trop demander à l'imaginalion que de nous représenter une accumulation d'états physiques latents, inaccessibles, impliqués les uns dans les autres, et cependant susceptibles de modifications multipliées et complexes, pour accompagner le germe indestructible, du jour de la dissolution du monde primitif au jour qui sera pour l'individu celui de la résurrection et de la vie, ou de la mort réelle et définitive, il faut nous dire que les grandeurs sont des relations ; il faut concevoir que l'idée de Tenveloppement du monde présent dans Tenceinte d'un millimètre cube, par exemple, ne serait que l'idée vide d'un changement d'échelle, qui d'ailleurs ne change rien, laissant toutes choses semblables, et nos perceptions identiques; et il faut enhn comprendre que la nature physique des êtres consiste en de simples points de vue pour la représentation qu'ils ont les uns des autres, moyennant les phénomènes de l'ordre sensible, et sous les lois du temps et de l'espace qui régissent ces phénomènes.

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