‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 17 sur 199 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

INTRODUCTION

sonne entraîne la réalite de la loi morale dans Tunivers. Celle-ci ne peut être satisfaite que par l'accord du bien moral , que Tagent libre accomplit, et de cet autre bien, le bonheur, qui vient du deliors. Cet accord n'est pas actuellement donné. Il faut donc en poser Texistence en disposant du temps, et par conséquent poser la personne immortelle.

Le mal comme le bien est l'œuvre de la liberté. Le mal que la liberté a fait, c'est à la liberté de le corriger. Uétat de la personne n'étant pas la perfection, et cela, en vertu de la liberté même, sa fin morale ne peut être atteinte que par le prof/rès libre. Mais la vie actuelle n'est pas un théâtre suffisant pour le développement des actes et de leurs conséquences. La vie future est donc la condition et le postulat de la personne prise dans toute son extension.

Le mal physique lui-même, c'est-à-dire le mal dont la liberté ne rend pas compte, à notre connaissance, et qui a pour formes la douleur et la mort, trouve dans l'hypothèse de l'immortalité, étendue aux plus humbles consciences, une explication, non pas à proprement parler, mais enlin la seule possible. Si la nature ne donne la vie aux individus que pour les sacri-

LES PROBABILITES MORALES.

lier sans retour après les avoir produits, le mal n'a ni raison, ni remède, ni terme en ce qui les touche. Mais si une loi de palingénésie pourvoit au développement des fonctions individuelles et en assure ou en permet du moins la conservation et le progrès, alors le mal, insondable condition de la vie que nous connaissons, nen est pas au fond et en même temps la négation ; on peut le regarder comme un moyen, quoique mystérieux, à Tégard des fins ultérieures des êtres, et le croire, en conséquence, destiné à s'alTaiblir dans la mesure où ces fins seront successivement atteintes.

La croyance et la probabilité de la perpétuité des êtres se rattachent à la croyance et à la probabilité de la liberté et de la loi morale en tant que réelles. Une dernière thèse, celle de la divinité, a le même fondement et s'ensuit de la même méthode ; car elle résulte de cette même généralisation de la notion des fins qui est réclamée pour la satisfaction de la conscience.

Puisque la loi morale est réelle dans le monde, et non pas seulement posée au regard du sens intime, et puisque l'ordre moral des fins existe ainsi indépendamment des con-

INTKOJ^rC'lloX.

sciences qu'il enveloppe, et au-dessus de tous les autres genres de fonctions, (jui dès lors lui servent de moyens, on peut dire que le lîien en général a une existence cosmique et souveraine, et renferme la garantie et la sanction externes des lois de la personne. Or, aflirmer le lîien en ce sens, c'est affirmer VEristmce df^ fhpu, et c^est la définir sous l'espèce la plus claire, la plus i)ratique, la moins abstraite, à la bien prendre, et cependant la plus universelle dont Tentendement soit capable.

Dans la doctrine des écoles ([ui voudraient déterminer la notion de divinité i)ar l'usage pur de concepts abstraits, absolus, et par conséquent négatifs quand ils sont ainsi séparés de leurs corrélatifs iVUn, le Simple, Yln/uii, Xlnwniable), ïessnfcr intelligible de Dieu et son rê(/ne s'évanouissent, \ajjerso/fHfflite, et même enfin hi rie et la pensée (jui ne sauraient exister (jue par des pbénomènes sont anéantis. INlais ici c'est du propre fonds de la conscience, et c'est de Tordre du monde, en ses cbangements conformes à la loi de conscience, que se tire la thèse divine.

('ette thèse demeure ind('finie d'un coté : Dieu en ce qu'il est pour liii-mènte et reiati-

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