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LES CRITIQUES DE LA SUBSTANCE

n'importe quels attributs. Mais il oubliait que cette Matière, dont il y a des amas à proi)riétés diverses, et cette autre chose qu'il appelle immatérielle no sont, elles aussi, que des abstractions réalisées, seulement avec un degré d'universalisation moindre, portant sur deux ordres de phénomènes qu'on oppose l'un à l'autre.

Berkeley, qui non seulement poursuivit avec rigueur la guerre aux abstractions réalisées, mais qui la poussa jusqu'à V immaiêrialisme, n'entreprit pas la critique des entités spirituelles {splrits). Tout bien examiné, il ne serait peut-être pas exact d'assimiler les êtres <|ue ce philosophe ap})elle des esprits à des sujets abstraits d'inhérence pour les fonctions de conscience. Mais il est plus difficile de justifier l'auteur des dialogues d'Hjdas et de Philonoiïs de la liction où il s'est complu, dans sa Sirls, d'une àme matérielle du monde, Feu ou Ether, formant la chîiine ])hysique de toutes les modillcations sensible-*. Cette imagination du genre du matérialisme stoïcien a beau n'être i)Our l'auteur qu'un point de vue, une sorte de systématisation des signes que le Créateur a, suivant lui, institués pour l'usage de ses créatures, elle ne reste pas moiiis un exemple des constructions liabituelles du substantialisme, une des hypothèses dont on se sert en philosophie pour bannir et pour rem[)lacer les croyances les plus chères à Berkeley, c'est-à-dire la création elle-même et la personnalité divine.

APPENDICE. — A

Enfin, David Hume, l'adversaire on peut dire définitif des substances, mais qui eut le tort si grave d'envelopper les notions générales de Tentendement et les lois a priori des phénomènes dans la même « condamnation sceptique » que le réalisme métaphysique, emplova souvent les mêmes procédés de critique que tels de ses contemporains enfermés dans un matérialisme vulgaire. Lui, qui ne reconnaissait de phénomènes que les phénomènes de l'esprit, il paraissait n'admettre rien qui vînt de l'esprit, dans l'essence et la marche du monde ; et après avoir soutenu et démontré que l'idée de cause n'était pas contenue logiquement dans l'idée de commencement, il soutenait la doctrine de la nécessité universelle, ou déterminisme absolu, qui im[dique que rien ne se })eut jiroduire autrement qu'en un parfait et rigoureux enchaînement de cause à effet. Cette dernière loi prétendue, remarquons-le à ce propos, suppose que nul phénomène n'est ou n'a pu être sans antécédents, par conséquent suppose le procès à l'infini des phénomènes passés, et par conséquent l'éternité du monde : tl)èse à la fois contradictoire en soi, à raison de Timpossibilité logique du nombre infini actuellement réalisé dans le temps, et thèse en dehors de toute expérience possible ou imaginable. La belle proposition i)0ur un }diilosophe qui fait profession de sce])ticisme et d'empirisme î

Le criticisme Kantien, redressement de l'erreur capitale de Hume sur la métliode et les idées, a été.

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