LE SU13STANT1AL1SME KANTIEX
dïine autre part, l'abandon malheureux de tout l'ac- (juis de l'école psychologi(|ue anglaise dans la critique de la notion de substance. Kant s'est souvent montré pur métaphysicien et réaliste achevé. Le « noumène » et la « solution générale des antinomies de la raison pure » marquent le retour aux idées les plus transcendantes et les moins conciliables avec les premiers principes de la critique de la raison, touchant la substance aux attributs infinis, ou plus qu'infinis, et l'être en dehors du temps et de Tespace. Et de là procèdent les rêveries sur l'identité de l'être et du non-être, sur le devenir éternel de l'Idée, sur le moi noumène, qui s'oppose un non-moi pour engendrer les phénomènes, sur la liberté dans le noumène, conciliée avec l'absolu déterminisme phénoménal, sur la volonté cause aveugle de l'intellect, etc. 11 est permis de douter que, sans les déviations de l'esprit criticiste chez son inventeur, et sans les nouvelles formes données à de vieilles chimères, tant de crédit eut été accordé, au commencement de ce siècle, à des doctrines qui ne valent pas celles du moyen âge, et (jui renferment de semblables contradictions, pour lesquelles elles n'ont pas l'excuse de la foi. Mais le criticisme avant conservé un asile pour la spéculation substantialiste, ses efforts contre le réalisme métaphysique sont restés inefficaces. Le privilège que l'on se conservait, dans le camp philosophique des idéalistes, pour définir le noumène, il n'y avait nulle raison [)0ur qu'on y renonçât dans le camp des maté-