‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 177 sur 199 · SENS DE LA MÉTHODE PHÉNOMÉNISTE · texte numérisé non relu

SENS DE LA MÉTHODE PHÉNOMÉNISTE

du Connaissable, jouissait du rang et des prérogatives qu'il réserve à l'Inconnaissable, et qui, suivant un autre style, appartiennent à l'Absolu ou à Dieu.

La logique du substantialisme, vu dans son histoire, semble donc bien être le déterminisme et le panthéisme; on dii'ait le nihilisme, si l'on entendait par ce mot, — acception qui n'est pas usuelle, mais qui se défendrait facilement, — la négation du particulier et de l'individuel en tant que compatibles avec la permanence. Voilà où nous conduit l'étude des applications métaphysiques d'une notion qui nous était présentée, au début de ce travail, comme éminemment propre à servir le sentiment de la stabilité et la confiance dans l'avenir ; en sorte que, si nous acceptions pour un moment l'emploi que les substantialistes font du terme de 2^hénoménisme pour désigner le système qui réduit le monde réel à une suite de phénomènes instables et transitoires, nous pourrions énoncer ce paradoxe : Le suhstantialisme, c'est le phénoménisrae.

Qu'entendre alors nous-mêmes par un phénoménisme qui n'aura point les conséquences que les métaphysiciens ont tirées de la considération de la Substance, et qui verra dans le monde réel toute autre chose qu'une suite de phénomènes instables et transitoires ?

Considérons d'abord le phénoménisme comme une

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méthode, et prenons exemple de la conduite que les phy&iciens ont adoptée, dans leurs investigations sur la nature de la matière, à dater de Tépoque où la physique, plus tard la chimie, sont devenues des sciences positives. Longtemi)S on avait cru que la connaissance de la matière était un point de départ ; on a reconnu qu'elle était b Lut. C'était d'abord le suhstantialisme, une i<lée générale donnée d'un substrat de quelques qualités essentielles, dont il était question de déduire toute la série des propriétés accessoires. Quand l'expérience eut été substituée, comme moyen d'exploration, à des déductions qu'elle venait presque toujours démentir en ruinant la partie hypothétique des prémisses, on s'aperçut que Ton n'arrivait ainsi à rien découvrir, par voie d'induction, qu'on put nommer qualité d'une substance en telle sorte que celle-ci fût déterminée, comme l'on dit, par son attribut, mais seulement des propriétés plus ou moins générales des corps placés dans de certaines relations ; et ces corps eux-mêmes, quand on eut appris à les poursuivre jusque dans leurs parties élémentaires, on vit (pie leurs éléments étaient spécifiques, mais ne pouvaient ni dans leurs genres, ni dans leurs espèces, être déllnis comme des clioses suhstanlieUes présentant certaines qualités absolues. Au lieu de cela, ce furent des propriétés relatives à leurs associations et à leurs réactions mutuelles. En essayant, comme on le fait, de mettre ces propriétés en correspondance avec des lois

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