‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 187 sur 199 · LA LOI DE L INDIYIDUATIOX · texte numérisé non relu

LA LOI DE L INDIYIDUATIOX

tre Mémoire, ^i ce n'est pourtant en guise d'attente et de préparation, si nous avons la foi ; mais, quoique riiypothèse porte, dans ce dernier cas, sur quelque chose qui ne dépend pas de nous, il ne laisse pas d'y avoir, dans le premier, un pas du même genre à faire pour la croyance à l'identité; c'est une loi à affirmer, et rien de plus, l'esprit ne pouvant aller plus loin , ni percevoir ni comprendre telle chose qu'un lien substantiel. O»', cette loi, l'expérience nous en montre un produit dans 7ios phénomènes actuellement assemblés ; la raison morale nous en fait prévoir un semblable, relié à celui-ci, pour un état futur. Les motifs de croire sont d'ailleurs les mêmes que pour le postulat kantien de Y o immortalité » ; mais la substitution du phénoménisme et de la théorie des lois à la doctrine du nouméne donne à la qaestion, réduite à des termes positifs, un caractère tout particulier.

Le problème de l'individuation, insoluble pour le substantialisme, ou, pour mieux dire, supprimé par la logi(iue de la métaphysique réaliste, apparaît avec une clarté singulière dans la théorie des lois. Que nous montre, en eiïet, la nature vivante, à la lumière de cette théorie ? A quoi voyons-nous les lois employées essentiellement dans l'univers? A nous rel)résenter les propriétés générales des corps ? Mais ces propriétés n'existent qu'autant qu'elles sont représentées, et la re})résentalion impli({ue des sensations ou impressions, qui elles-mêmes impliquent

des consciences. Il n'y a de rapports, il n'y a de lois que pour les consciences, puisque c'est là seulement que des relations peuvent être connues et définies. L'opération la plus profonde et la plus nécessaire, au sein de la production totale des choses, est donc celle qui fait être des consciences, c'est-à-dire qui fait être des rapports de sujet à objet, c'est-à-dire qui donne naissance à des individus conscients.

La loi de l'identité personnelle, en son application à l'individu capable de conscience réfléchie . dépend d'une volonté et d'une croyance qui opèrent sur l'expérience de phénomènes successifs, afïectés d'un commun rapport de moi à non-moi. C'est ce rapport que la croyance réduit à l'unité. La même loi, prolongée dans une vie future, est une induction de la même croyance , une généralisation de la même identité, une alïirmation, la seule complète, de la parfaite individuation, qui suppose la permanence.

C'est assez l'habitude des philosophes qui combattent le phénoménisme, et se rendent bien compte du lien de cette méthode avec 1' « idéalisme », d'appli- (juer ce dernier mot tout court à la désignation de la doctrine qu'on a cherché à définir plus précisément par les termes d' « idéalisme subjectif absolu » , ou « égoïsme métaphysique » ou « sémétipsisme ». T. a réduction des êtres, ainsi que de la connaissance des êtres, à des représentations et aux lois de la représentation serait, à ce compte, la négation de toute conscience au monde , hormis celle du moi particu-

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APPENDICE. — A

lier à qui l'on prête une opinion pareille. Pourtant le sémétipsime n'a pas droit au titre de doctrine réelle : ou il n'est que le moment du passage du doute cartésien méthodique (ou du phénoménisme pyrrhonien) ti l'atrirniation de la réalité externe : ou il est la position instable du penseur prêt à se rendre au monisme dogmatique par Fidentification du moi individuel au moi universel (comme dans l'idéalisme de Fichte ou dans celui de Schopenliauer). Il faut avouer que le langage ordinaire de Kant a favorisé Terreur d'une signiiication égoïste du princier criticiste de la connaissance. D'une telle interprétation, la doctrine de la substance a dû naturellement ensuite faire sortir le monisme, ^lais le sens de l'idéalisme pliénoméniste uni à la théorie des lois et aux croyances objectives et morales est tout l'opposé de la métaphysique égoïste ou moniste; car, en envisageant la conscience à tous ses degrés, dans le monde entier, on satisfait à la fois au sentiment de la réalité et de l'individuation, et à celui de Tordre universel, sans s'écarter, pour le fond, de la notion de l'être, àw pr'wiwin et unicicm noscihile^ la représentation, le phénomène.

Ajoutons enfin, pour achever d'éclaircir la notion pliénoméniste de l'être, que si la définition de l'être individuel par la fonction et })ar la loi, dans le sens expliqué ci-dessus, comprend bien tout ce qui est pour nous Tobjet d'une connaissance réelle, si elle est exigée par une méthode que nous devons dire la

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