LE SEXS CORRECT DU MOT SUBSTANCE
seule scientiQque, l'imagination ne laisse pas de conserver son emploi légitime pour nous aider à raisonner et à parler. Dans la philosophie, comme dans la grammaire, c'est une forme de l'esprit de poser des sujets et des attributs. C'en est bien une de personnaliser les sujets impersonnels et insensibles pour exprimer certains de leurs rapports, comme s'ils avaient des intentions et des volontés, que nous savons leur être étrangères ! Mais l'idée de substance est d'un emploi indispensable, et c'est ce qui fait qu'on s'y trompe , et qu'on Térige en entité , qu'on la réalise. La substance, en une acception cette fois logique, nécessaire et irréprochable du mot, est une catégorie, un concept universel abstrait, dont l'usage est forcé pour la représentation des phénomènes qui s'agrègent et se désagrègent en tant de manières diverses, qui s'offrent à l'expérience en des composés dont les éléments différent tellement les uns des autres, quand nous considérons la nécessité ou la stabibilité de leur présence pour constituer des groupes d'une même dénomination. De là l'imagination du sujet en soi, sujet absolu, comme d'un porteur de tous attributs, modes ou accidents, au lieu de l'idée rationnelle de la relation entre un ensemble coordonné de ces qualités et Tune de celles qui [)araissent caractéristiques du groupe. Nous pouvons juger cette dernière qualité inséparable et ffxe, ou, au contraire, plus ou moins variable et séparable, sans que, pour la distinguer, nous ayons à sortir de la
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APPENDICE. — A
conception principale que nous avons et gardons du tout. Mais, et c'est ce qui nous reste à bien comprendre, le rôle de l'imagination devient légitime, si, renonçant à poser des sujets absolus, nous usons de la liberté d'en définir de relatifs, qui nous servent à réunir un petit nombre de qualités essentielles et caractéristiques, propres à fixer nos idées sur les êtres, tout en ne changeant rien à la notion correcte que nous en avons établie. Tel est le sens que prennent les monades et les atonies, dont la méthode phénoméniste n'exclut pas l'idée.
On sait combien la notion de l'atome a pris de formes dilférentes ; mais, depuis les corpuscules solides, invariables, des anciens atomistes, jusqu'aux parties indéfiniment divisibles d'étendue pure de Descartes, — qui, pour cette raison, n'usait pas de ce nom d'atome, — et aux particules attractives ou répulsives des newtoniens, et aux éléments spécifiques de la chimie moderne, dont la théorie mécanique tend à réduire les propriétés fondamentales à la figure et au mouvement, — réduisant même au besoin la ligure de Tatome à un point — l'atome a toujours été le point de vue sous lequel on tachait de se représenter l'être sans y employer d'autres qualités que celles qui se rapportent au lieu , à l'occupation et aux cliangements du lieu, et aux conditions du mouvement communiqué, résumées sous le nom de force. Cette sorte de construction de l'idée de l'élément matériel, incomplète comme elle est, et malgré l'in-