‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 26 sur 199 · HARM(X\1E DES MONADES · texte numérisé non relu

HARM(X\1E DES MONADES

force, on se rende compte de la loi générale en verlu de laquelle certains phénomènes donnés dans un ùtre impli(iuent dans un autre être d'autres phénomènes. On dirait, à entendre certains professeurs de philosophie, que le système de l'harmonie des monades fut un produit bizarre de l'esprit de Leibniz. Mais ce qui est absurde, c'est d'imaginer qu'il soit possible d'expli(|uer comment une chose est la cause d'une autre chose. Le seul défaut de la doctrine de Leibniz, défaut qui n'existe ([ne si on la prend pour i.ne explication delà causalité, consiste dans l'hjqiothèse du vréclablisscmcnt de l'harmonie, d'où résulte une solution apparente du problème qu'on ne fait pourtant que reculer. En effet, la causalité se retrouve dans les rapports extérieurs que se crée l'être chargé de préétablir l'harmonie.

Si cet être est supposé unique, en sorte que toutes choses lui demeurent immanentes, elle se retrouve encore dans sa nature, dans le développement de ses actes Internes : l'harmonie à laquelle cette causalité doit à son tour se réduire, à qui la rapporter? Délivrons-nous donc de l'hypothèse, et posons l'harmonie comme un fait universel irréductible. Nous nous verrons ainsi portés bien au delà du leibnizianisme en ignorance avouée, en savoir réeJ. Nous dirons" Le fait universel de la communication causale des cires est identique à l'/iarmonie des phénomènes

dans le temps ; cette harmonie se produit en tant que les représentations déterminent leurs rapports sous l'espèce de la force; elle est l'un des aspects et Cun des noms de tordre du monde, inséparable du monde,

El si nous ne considérons pas, ainsi que Leibniz, au fond, le faisait, un être uniiiue Immanent au tout du monde, mais un réel créateur, l'établissement de l'harmonie nous apparaîtra comme la création môme, ou causation première, sur le double théâtre de la Causa sut et de la Causa miindi, toutes deux d'une essence impénétrable.

Celui qui aura regardé en face le problème de la cause, si l'on persiste à l'appeler problème, qui dès lors en aura compris l'insolubilité, — et il suffit pour cela qu'il envisage', d'un coté, la force dans sa propre conscience où il en possède le type unique pour lui, et d'un autre côté un effet de cette force posé extérieurement, c'est-à-dire une force donnée extérieurement, et entre deux le vide complet de la connaissance,— celui-là se fera de l'ordre du monde une idée véritable, une idée, la plus haute et la plus irréductible de toutes, après celle de la donnée première ou actuelle des phénomènes quelconques. Que maintenant il étende aux autres formes essentielles de la Relation cet aveu qui vaut science; que de plus il reconnaisse le fait de la liberté dans la conscience humaine, après s^ôtre rendu compte

l'a.tomk.

de ce que ce fait entraîne sur la question de la généi-atiou des pliénouiènes, et après avoir lu, compris et rejeté ce que les philosophes ont écrit en faveur de Taljsolu. de l'inlini. de la substance et de la préexistence éternelle des choses : la carrière interminable de l'analyse et des théories secondaires s'ouvre devant lui, mais il lui reste peu à approfondir en philosophie.

Page 1