L ATOME
<iy\-xv.. — t.'kthe l'iiYSiorE. l'atomisme.
Nous pourrions descendre de notre conception de l'essence commune ou générale des êtres, pour suivre leurs séries olVertes à l'observation et essayer de définir leurs principaux rapports. Mais il convient de séparer, parmi ces derniers, ceux qui les déterminent sous des lois de quantité et de position. En elïet, les propriétés numériques et oéométriques des êtres sont en partie du domaine des principes, et il nous sera permis de les fixer indépendamment de l'expérience, et toutefois sans rien donner à la conjecture. Je n'entends pas revenir sur des questions déjà longuement traitées, comme celle de la coutinuité en général. Mais l'ancien problème philosopliique du vide et des atomes, se présente ici d'une ma-
nière plus particulière et sous le point de vue propre de la physique. Il doit être résolu et il peut l'être, et rigoureusement, pourvu que les termes en soient nettement définis.
Si nous entendions par le mot alome une espèce d'étendue concrétée, dénuée nominalement d'éléments distincts, et propre à servir de substrat aux diverses propriétés mécaniques et physiques, nous devrions nier les atomes. En effet, l'étendue n'est pas une chose en soi, puisque si elle était une chose en soi, on pourrait, à la vérité, lui prêter des parties indivises, mais non point indivisibles, ce qui serait contre sa nature d'étendue. Ses parties intrinsèquement réelles seraient donc multipliées et distinctes sans fin, et on tomberait ainsi, qu'on le voulût ou non, dans la contradiction attachée à la coexistence d'une multitude infinie actuelle d'éléments (1). De même nous repousserions le vide, s'il fallait le regarder comme un être d'étendue pure, existant indépendamment de toute représentation. Le plein des atomes et le vide de leurs intervalles sont confondus dans une seule et même impossibilité, celle de l'infini en acte, dont il faut les remplir. Lorsque Aristote opposa aux arguments de Zenon dÉlée la dis-
(1) On verra plus loin coinment les pliysiciens modernes les plus ëniinents ont su, tout en spéculant sur l'atome, éviter cette erreur qui entache lancienne physique corpusculaire, et dont Newton lui-même ne fut pas exempt.