I.E VIDE
r.K VIDE.
linction de l'acte et de la puissance, une de^ idées mûres de sa philosophie, il aurait été contraint d'avouer, si ses contemporains avaient eu l'usage de nos formules modernes, que la réalité de l'espace n'était rien de plus à ses yeux que la réalité de la représentation de l'espace. En ell'et, l'étendue dite objective n'est pas satisfaite par une simple divisibilité, ou puissance de division ; quiconque la pose, pose les parties actuelles et en nombre infini de cette division possible, et une telle absurdité révoltait, à bon droit, le grand rationaliste.
Mais la question positive de l'atomisme est bien dillerente. L'observation et les théories nous conduisent-elles à nous représenter les existences (juelconques sous des conditions locales telles viu'il y ait toujours de certaines circonscriptions où des êtres agissent, et de certains intervalles où nul être n'agit de même ? Devons-nous supposer des étendues déterminées, pour servir à la délimitation individuelle des phénomènes, et d'autres étendues où ces mêmes phénomènes, ceux-là du moins, n'apparaissent pas? La physi- (jue et la chimie répondent aflîrmalivement, car ces sciences deviendraient impossibles dans l'hypothèse contraire. Par exemple, l'élasticité ne l)eut avoir son jeu qu'entre des particules séparées par des intervalles non résistants, sans quoi l'explication se touverait indéilniment reculée
jus(iu'à ce que l'on arrivât à un milieu libre pour les déplacements corpusculaires. Et, en général, toute théorie apte h rendre compte d'un genre d'actions et de mouvements suppose des lieux où nulle action semblable n'est exercée ni subie. On est ainsi amené à considérer des vides relatifs et des pleins relatifs, ces vides pouvant d'ailleurs être supposés des pleins par rapport à toute autre catégorie de phénomènes connus ou inconnus, et, réciproquement, ces pleins de véritables vides à l'égard de forces qui n'y trouveraient aucune occasion de modilications pour elles-mêmes. Le plein d'éther, si l'élher est plus qu'une hypothèse, serait un vide relatif sensible pour les mouvements astronomiques, pour les molécules d'air exécutant des vibrations sonores, etc., et le vide qu'on est obligé de supposer entre les molécules d'éther, afin de le concevoir en sa qualité de fluide élastique, pourrait de nouveau se trouver un plein, par rapport à je ne sais quels phénomènes sensiblement indifférents à tous les autres. Mais où cela s'arrêterait-il?
La question qui a tant occupé les philosophes subsiste toujours, et je la poserai en ces termes: un lieu mathématique, arhilrairement désigné, se trouvera-t-il toujours en fait être un siège de force, une place atTectée à des phénomènes réels, perçus ou non? Si on entendait le lieu dans la rigueur abstraite des géomètres (point, ligne ou