LA OT'KSTIOX DE LA CERTITUDE
Le contraire de la certiliule est rinccrtilude. L'Iiomme iiK oi'Iain est celui qui, en présence d'une ie})rrsenlation sensible ou intellectuelle, doute de la rectitude de ses propres fonctions et des rapports quVdles posent, ou de la réalité (11111 objet qu'ils sembleni impliquer ;
Ou celui que rindillérence vis-à-vis des fins d'un juaenienl laisse neutre, en suspens, alors qu'il [pourrait examiner et se prononcer;
Kl (Micore celui qui clans la lutte des motifs et l'irrésolu t ion d'une délibération prolongée ne trouve j)as la volont(' de se déclarer.
Si l'incertitude et le doute admettent ces trois éb'ments tirés des grandes fonctions, Intclli^imcr. Pas^iiuf, Voliuifc, et s'il est facile de les vérilicr empiri(juement, alors la certitude doit être cet étal de conscience doù ils sont tous les dois exclus : c(4 étal, cet acte qui se forme diiin. iv|)résentation de rapports comme vrais (ui (robjels comme réels, et d^in attrait, d'une c(^mplaisance à poser, à maintenir cette vérité, cette réalité, et d'une ferme volition de
LA QUKSTIOX DL LA CKUTrrUDE.
mettre arrêt à tout examen contradictoire et de
fixer le jugement.
Il doit en être ainsi, parce que Terreur et la
vérité du jugement proviennent Tune comme
l'autre des trois sources que nul ne conteste
dans la pratique :
De rintelligence : et en elVel la mémoire, rimagination, la raison sont des éléments de la certitude, et trompent quelquefois ; et la sensation même trompe, non pas comme telle, mais parce qu'on a à se prononcer sur la réalité externe d'un objet de l'expérience.
De la passion : il faut comprendre sous ce titre, indépendamment des alTections personnelles et vulgaires qui sont loin d'être tout ici, la prévention, Tbabitude, l'autorité, mais avant tout Y instinct même ou impulsion spontanée vers certains jugements, ou encore la nécessité morale diiffirmer des principes qui, malgré le nom (Vécidents qu'on leur donne, ont plutôt pour caractère le pencbanl que nous avons universellement à les poser. Ce sont là des éléments de la certitude de fait, et pourtant il n\ni est pas un dont Tadmission ou l'apparence ne puisse induire à erreur, puisqu'on a
disputé sur tous.
De la volonté : les systèmes, par le fait seul
INriloDClilOX.
de leur exlension sans bornes, de leurs variations, de leurs retours et de leurs luttes interminables, prouvent pratiquement qu'il n^existe pour la certitude ni ujie fonction intellectuelle, évidente à la manière d'un pur pbénomcne, innial)lr comme une sensation actuelle, ni une alîection nécessaire et universelle, une passion commune irrésistible. Il y a donc lieu pour le vrai comme pour le faux à cette détermination personnelle qu'on nomme volonté.
De denx choses Tune : ou la volonté n'est j)as libre; dans ce cas, la nécessité se cbarge de nous a[qirendre par expérience que sa loi distribue entre nous le vrai et le faux, et nous oblige également et respectivement à nos aflirmalions, de sorte que la certitude n'existe point ou se contredit, ce (|ui est tout un. Ou la voloiil(' 0^1 lihr(/ : alors c'est elle qui décide du vrai et du faux . combinée avec nos autres fonctions, l^a conscience reconnaît universellement la |)ossil)ilité de Terreur : si elle ne se délenuiiu* en ri(m, elle se suicide; si elle se dét(U'mine, elle peut se tromper en tout.
Dont-, en dehors du phénonu^'ne mental comme 1(^1, (|ue mil nii nié ni pu nier sans rafliimer au même moment, la certitude est relative à la conscience qui la pose. La cerli-