‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 34 sur 199 · L ATOME POUR SOI · texte numérisé non relu

L ATOME POUR SOI

signifie qu'une matière, dont les éléments exercent des attractions ou répulsions mutuelles, si elle formait une niasse conti tite, serait à l'état de lluide parfait. Cette conclusion est incompatible avec les faits, justjue dans les lluides tels (jue les montre l'expérience; il faut donc que les corps soient formés d'éléments disjoints. On doit croire naturellement que les mêmes raisons s'opposent à ce que les éléments des molécules elles-mêmes soient, à leur tour, des pleins de matière et de force, quoique le géomètre ici ne s'explique point, ou même se serve d'un langage contraire et peu philosophique.

On comprend que le calcul intégral n'est pas pour cela généralement inapplicable à la recherche des résultantes des forces naturelles accumulées. Au contraire, la discontinuité physique d'éléments, en nombre très grand, se plie ordinairement au concept mathémati(|ue d'une continuité idéale. Toutes les fois ({u'on peut représenter une force comme composée de forces toutes semblables et assez multipliées pour que chacune soit tenue pour individuellement nulle sensiblement, le calcul de l'indéfini s'appliquera, aussi bien qu'il s'applique en géométrie et en mécanique pures, à ces fonctions abstraites, que

Xtassim, et Journal de V École yolyteclûàque, ^O'^ cahier. Cf. le travail précité do Saint-Venant.

l'on considère comme formées d'un nombre indéterminé d'éléments d'étendue, de figure et de durée, dont les derniers sont définis moindres que tout assignable, et conséquemment réputés séparément nuls. Dans ce dernier cas, la continuité est tout idéale, et pourtant n'est exacte en résultat que si on l'interprète dans le sens de l'approximation indéfinie et de Terreur moindre que toute assignée. Dans le premier, la continuité est fictive; elle est donc fausse, puisque c'est de la réalité qu'il s'agit. Mais on pourra compter sur le succès de la méthode des intégrations dans tout problème dont les données essentielles ne seront point altérées par la multiplication supposée indéfinie des éléments. On voit que l'harmonie ne manque pas au fond entre le point de vue physique et le point de vue mathématique.

Je viens de montrer la physique mathématique (malheureusement trop peu avancée encore), arrivant à définir la matière par la force, et à loci;liser la force dans le point, ainsi que l'entendait Boscovich. Mais je maintiens que si nous savons nous dépouiller en esprit, aussi bien que nous nous écartons hypothétiquement, du préjugé tenace de la continuité^ les prétendus points, loin de se réduire à néant par cette manière de voir, nous offj'iront de véritables corps élémentaires,

l'atome pour sot.

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