J. ATOME POUR SOI
doués de tout ce qu il est possible d'enfermer d'intellioible dans l'idée de corps, en dehors de nos sensations. Ce qui les constitue, c'est de se former, par leur répulsion à l'égard des autres, une atmosphère d'étendue propre, c'est d'agir au delà de cette sphère inviolée en exerçant des attractions dans une étendue plus grande; c'est, enfin, de se composer entre eux dans diverses positions d'équilibre. Les molécules ainsi formées sont le théâtre de phénomènes nouveaux. ' Des corps à propriétés spécifiques y apparaissent avec les premières forces dont nous connaissons directement la nature.
En ce sens, nous tiendrons pour rationnelle et claire la thèse de l'atome étendu et corporel. L'insécabilité de l'atome est le fait de son unité comme être et comme force indivise, envisagée à la limite du point d'application. L'étendue de son corps, ou sphère d'action, n'a de divisibilité que potentielle et seulement en raison des relations qui s'établissent, les parties abstraites qu'on y peut accumuler à volonté, sans les all'ecter à la localisation de phénomènes effectifs, ne constituant point un nombre infini, une division infinie réelle. Son impénétrabilité résulte de la répulsion rapidement croissante, lorsque décroît sa distance à quehiue autre atome. Enfin, sa nature ne se déiinit que par des fonctions de position et de force qui le lient avec ses semblables. On ne
forge pas ainsi des substances et des êtres en soi ; c'est par des phénomènes et des lois que l'ôtre se trouve constitué, et le plus élémentaire est supl)Osé réduit aux plus élémentaires des relations qu'il nous est donné de concevoir.
Ce que l'atome est pour lui-même, comment le saurions nous ? Cependant des attractions et des répulsions nous sont intelligibles de deux manières : ou par leurs effets dans l'étendue, lesquels i:e concernent alors que la représentation objective en nous de certains mouvements, ou par leur propre nature représentative qui est du genre des appétitions et des causes Anales. Ainsi l'être élémentiiire serait une représentation pour soi, au moindre degré ima^^inable. Ajoutons que la loi des répulsions, pour les moindres distances, et des attractions puissantes, dans une sphère déterminée de voisinage, nous offre visiblement, jusque dans ce i)luis bas domaine des phénomènes, l'image de la double fonction, individualisante et associante, que l'observation retrouve à tous les degrés et dans tous les modes de l'existence. Il y a donc là une précieuse analogie entre la vie inférieure et la vie supérieure, une application heureuse, et qui n'était point cherchée, des notions les plus générales que nous ayons sur ce (jui constitue Impropre et le commun des êtres quelconques. Donnés à la fois pour soi et pour autrui, dans l'étendue comme dans la vie morale.